Sunday, 30 December 2012

La fin des temps - Haruki Murakami


Waouh, les deux tiers du livre m’ont mis à sniffer des lignes très pures pour le cerveau. Un livre écrit en 1992, qui avait déjà en lui les prémisses de The Matrix ou d’Inception. Dans mon esprit, dans la lignée de la quintessence d'un livre de P.K. Dick à son Ubik.

Pourquoi le deux tiers ? Pour moi, jusqu’aux pages 400-450, on se met au courant du contexte, délicatement mis en place, et puis vient l’heure du choix. Et donc, même si les surprises continuent, je me suis senti moins embarqué par les lignes. Enfin moins, bonnard à foison jusqu’à la dernière page quand même. Surprenant.

Après 1Q84 Livre 1, je m’attendais à un long récit prenant et je n’ai pas été déçu.
La fin des temps Haruki Murakami – Editions Point


Page 24
Le printemps passa. L’été finit, la lumière commença à se charger d’une délicate transparence.

Page 62
-          Je ne me plains pas de travailler. C’est plus facile si on a de quoi s’occuper que si on ne fait rien.

Page 84
-          Tout le monde est peut-être ordinaire, mais normal, non.

Page 94
-          Il ne faut pas garder la fatigue dans ton cœur, hein, dit-elle. Ma mère me le disait toujours. Il se peut que la fatigue domine le corps, mais le cœur doit continuer à t’appartenir.

Page 208
Une fois l’automne disparu, le ciel s’installa dans un vide transitoire.

Page 224
Franchement , c’est comme si tu étais debout sur un pied sur le parapet d’un pont. Vu ? Alors il vaut mieux que tu réfléchisses bien de quel côté tu vas tomber. Ce n’est pas les regrets qui arrangeront les choses une fois que tu te seras fait mal.

Page 277
-          Plus on vieillit, et plus le nombre d’actes irréparables que l’on commet augmente, dis-je

Page 392
Ce n’est pas  que la douleur elle-même ait diminué, mais, l’alcool anesthésiait mes nerfs, la douleur paraissait prendre  une sorte d’existence indépendante sans rapport direct avec moi.

Page 533
Je n’en savais rien. C’était peut-être du désespoir. Tourgueniev aurait peut-être appelé ça la désillusion, Dostoïevski l’aurait appelé enfer, Et Sommerset Maugham la réalité. Mais quel que soit le nom qu’on lui donne, c’était « moi-même ».

Page 549
Quand on a perdu une chose une fois, même si elle disparait entièrement, on continue éternellement à la perdre.

Page 606
Ici, c’est l’univers du possible. Il y a tout et rien en même temps.

Page 616
C’est sûr qu’à un certain moment de ma vie et ma façon de la vivre avaient été un peu tordues, mais j’avais de bonnes raisons pour ça. Même si personne d’autre que moi ne pouvait le comprendre, moi je savais que je n’avais pas pu faire autrement.


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Wednesday, 26 December 2012

Léna – Virginie Deloffre – Albin Michel


Léna – Virginie Deloffre – Albin Michel

Au détour d’un salon littéraire en septembre, je me suis fait, il apparait, un cadeau de noël en avance. Sous des perspectives sympas de l’homme occidentale (mes yeux pour le coup), cela parle de la Russie, mon idylle, et s’intitule du prénom de ma première petite amie.

Bref, un roman bien dosé, dosage exquisite, entre le réel qui accroche léna, un pays qui change vers on ne sait où, une vision romanesque de son Histoire sur les demi-siècles passées, et tant de promesses d’un meilleur, et en trame, la conquête spatiale qui battait la mesure de mes études.

Sous d’autres lumières, un roman réaliste, autant que peut l’être un roman, positif, et ça j’ai grandement, grandement apprécié.


Citations - Léna – Virginie Deloffre – Albin Michel

Page 24
La guerre, les enfants à élever, les plans quinquennaux à boucler en quatre ans selon l’arithmétique personnelle du Petit Père.

Page 36
D’un côté, dans une ville de province de la Russie centrale, il y a une fenêtre et un arbre sous la fenêtre. De l’autre, dans le nord de la Sibérie, se dresse une maison en rondins de bois, rudimentaire et  solide, une de ces maisons capables de résister à bien des intempéries.

Page 46
Maintenant, comment les ôter sans crainte, me dénuder de ma carapace, mon armure d’absence ?

Page 49
C’est la fameuse Laideur Soviétique, inimitable, minutieusement programmé par le plan, torchonnée cahin-caha dans l’ivrognerie générale, d’une tristesse inusable.

Page 56
C’est une maladie qu’ils ont à l’Ouest ça la solitude, paraît que ça s’est propagé chez eux comme une véritable infection, mais chez nous c’est une rareté.

Page 58
C’était une histoire commune que la sienne, même à cette époque où la dissidence était à peine naissante. Celle d’intellectuels, mais aussi de gens de toutes sortes, qui n’arrivaient pas au minimum d’hypocrisie ou d’indifférence requis pour survivre.

Page 66
, tu ne dis rien. Mais c’est un silence plus dur, plus pesant que la moindre plainte !

Page 68
Il n’y a que toi qui me suffis. Un mystère pour la durée d’une vie. De quoi chercher sans se lasser avec la certitude de ne jamais saisir tout à fait.

Page 98
C’est le parti qui a choisi. Oui c’est ça, le plus crétin de tous…
(…)
Parce qu’à l’Ouest pour choisir le plus crétin  de tous, ils se donnent du mal, un vrai casse-tête ! C’est tellement serré qu’au bout du compte ça fait des chipotis de chiffres, des 50,6%, des 49,é% c’est ridicule honnêtement.

Page 140
J’ai compris que le fruit qu’avaient mangé Adam et Eve venait de l’Arbre de la Connaissance. Oh j’ai bien retenu. Alors j’ai choisi l’ignorance et je pensais que moi, protégée par elle, je pourrais rester toujours dans le jardin d’Eden.

Page 152
Mais quitter la terre ! Le plus extraordinaire n’est pas qu’un projet aussi fou ait pu naître dans la tête des humains, c’est qu’ils l’aient réalisé.

Page 179
Pour Tsiolkovski, ce qui est à la base de toute innovation scientifique, c’est la féerie.

Page 212
On avait dit d’accord, on est tous frères, alors maintenant on va mettre ça en pratique. De force. Parce que pour contraindre les hommes à partager, il faut leur mettre un revolver sur la tempe.

Page 230
Ca sortait des gens, c’est tout. Ils parlaient sans arrêts, sans aucun souci de vérité. Puisqu’ils avaient enfin le droit à la parole, ils se jetaient dessus. De la même façon que sur les gazettes, qu’ils s’arrachaient dès leur sortie comme des affamés.

Page 240
J’ai lu quelque chose là-dessus dans un des livres de Dimitri. Le problème en Russie, qu’y avait écrit, c’est que 5000 kilomètres séparent une idée de la suivante.

Page 245
Et puis après. Quand ils existeront, ils vont aller où avec leur existence sous le bras ? Il y a une petite chose qu’ils ont oubliée : les hommes, ça marche sur deux pattes, mais ça ne tient pas debout tout seul. Il faut mettre une armature à l’intérieur. (…) Parce que sinon ça vaut rien du tout, c’est tout mou et ça s’effondre. (…) les bipèdes, c’est pareil : il faut que ça croie à quelque chose.
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Sunday, 23 December 2012

Haruki Murakami – 1Q84 - Livre 1


1Q84 – Livre 1 – Collection 10/18 – Haruki Murakami

Page 50
-          Bien entendu. Il te faudra reprendre et changer le texte de A à Z. Tu devras utiliser le noyau de l’histoire comme un squelette. Garder autant que possible l’atmosphère générale. Mais le style, il faut le modifier en profondeur. Autrement dit, procéder à une vraie adaptation. C’est toi, Tengo, qui seras chargé de ce travail.

Page 91
«  Voilà, a vie réelle et les mathématiques, ce n’est pas pareil. Dans la vie, les choses ne se limitent pas à couler suivant le chemin le plus court. »

Page 138
«  Finalement, repris sa petite amie, on est tranquille quand on appartient à la majorité, à ceux qui excluent les autres »

Page 175
Si la vie d’un homme se mesure à la variété des épisodes qui la composent, la sienne comptait probablement parmi les plus riches.

Page 225
Mais comme vous le savez sans doute, sur terre, il existe pas mal d’individus qui cherchent volontairement à vivre dans cet état de mort cérébrale.

Page 231
Avec un système bien aéré et naturel on obtenait des rendements au travail bien meilleurs.

Page 237
« En somme, pour le dire à rebours, la fin du monde imminente serait ressentie comme un grand coup de pied dans les testicules, c’est bien ça ? »

Page 342
« Il y a des gens qui retrouvent à dire à n’importe quoi. »

Page 432
Les violences ne prennent pas toujours une forme visible, les plaies ne font pas toujours couler du sang.

Page 522
Une lutte sans fin entre un souvenir et un autre souvenir, qui lui est opposé ?



Haruki Murakami – 1Q84 - Livre 1

Bon, je suis un peu perplexe quand je vois un pavé de plus de 400 pages dans mes mains. Rares sont ceux qui m’ont tenu en haleine tout du long.

Bref, trois jours près l’avoir commencé. Là, j’ai trouvé l’histoire enivrante, avec quelques lourdeurs (Je dis cela car inconsciemment mes yeux se sont mis à lire en diagonale certains longs paragraphes, rares heureusement, mais c’est mon filtre instinctif)

J’ai apprécié dans ce livre ce que j’apprécie dans les livres : Les livres m’apportent ce calme consistant, à l’opposé de notre monde fast-forward tout en démesure. Les livres, leurs lectures propres, cet instant d'éternité dans un monde qui donne l'impression que l'on va mourir demain.

Peut-être mon délire, mais j’y retrouve des grandes lignes inspirant P. K. Dick dans Ubik, et une fiction contemporaine qui est diablement orchestré. Contrairement aux romans occidentaux, je vois dans l’entre-ligne de cette œuvre romanesque un calme, un respect, tisser tranquillement, peut-être trop, le tout dans le tout.

Je ne m’attendais pas à toute cette histoire. Cela se lit bien, je trouve, assez complexe pour soulever l’intérêt, sans être trop complexe pour me perdre. Et les délires d’Hayao Myasaki et autres m’ont aussi aidé à construire une imagination au-delà des frontières des lignes, du moins je l’espère.

J’ai apprécié ces différents points de vues : celui de la littérature et de son microcosme, celui de l’esquisse, pour des raisons personnelles, celui de revenir à peu près il y a trente ans, et donc son parallèle.

Après, j’ai lu avec envie, avec joie, un peu de surprises, ce premier tome, mais pour le livre 2, 3 voire 4, je ne suis pas forcément très décidé.  Il faut dire entre temps, je vais refaire parler René Barjavel en lisant un autre livre de Haruki Murakami « la fin des temps ». A moins que celui de Barjavel ne fût nommé la nuit des temps. Bref.

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Wednesday, 19 December 2012

Edition Folio – Lolita – Vladimir Nabokov


Vladimir Nabokov - Lolita

mon humble point de vue:

Un roman immoral mais majestueux par toutes les différentes lectures que l’on peut en tirer. J'ai fait abstraction de l'age de la protagoniste rapidement au fil des pages pour voir la torpeur dans laquelle le témoin raconte ses pensées et pour apaiser les possibles jugements subjectifs de ma conscience. 500 pages qui coulent et pas mal de perspectives intéressantes. Merci aux mots de l’auteur en fin de lecture. Je me suis glissé sous la couverture de ce livre avec l’esprit rempli de tout ce qui s’est dit, se dit sur ce livre. Il fallait que je le lise pour me faire mon propre avis et ne pas rester dans des résumés concupiscents à souhaits.

Une écriture qui me rappelle d’autres styles, tel celui de Gabriel Garcia Marquez. Oui je sais, je fais tourner le temps dans l’autre sens.

Donc des grandes lignes maintes fois entendues qui cachent d’autres mouvements en arrière-plan. A la fin, je ne sais sur quel pied danser, devant tant de surprises, jusqu’à la fin, pas de pieds, donc je suis entré dans la danse. Même sous l’immoralité non cachée de ce livre, j’ai oublié l’âge de la nymphette à quelques reprises pour voir d’autres lignes, surtout sur la jalousie, dévorante, et la vie des autres qui suit son cours en jouant avec le paraître et l’être. Des focales différentes à tout bout de champ.

Et je me pose une question au dessus de toutes les autres. Dans quel état doit se trouver un écrivain pour écrire un roman de cet acabit.

Et quelques feuilles écornées entre autres:

Page 87
Lundi. Delectatio morosa. Mes dolentes journées ne sont que spleen et douleurs.

Page171
J’adore mystifier les médecins, et, bien qu’exultant intérieurement, je glissai les pilules dans ma poche en haussant les épaules d’un air sceptique.

Tout paraissait curieusement si juste ce jour là. Si bleu et si vert.

Page 291 – sur les films policiers
Le monde du crime était un monde à part : là , des journalistes héroïques étaient torturés, les factures de téléphone se chiffraient en milliard, et des flics pathologiquement intrépides (…) mais d’une remarquable incompétence en tant que tireurs, pourchassaient la pègre à travers égouts et entrepôts.

Page 376 Devant le trombinoscope des individus recherchés
Si vous voulez faire un film à partir de mon livre, faites en sorte que l’un de ce visages vienne se fondre doucement avec le mien pendant que je regarde.

Page 399
« Lo ! Lola ! Lolita ! » Je m’entends encore crier son nom depuis une porte ouverte face au soleil, tandis que l’acoustique du temps, la coupole du temps, lestait mon cri rauque et révélateur d’un tel luxe d’angoisse(…)

Page 433
J’avais besoin de compagnie et d’attention. Mon cœur était un organe hystérique peu fiable.

Page 501
C’était une empoignade silencieuse, paisible, entre deux hommes de lettres, dont l’un était totalement désorganisé par une drogue tandis que l’autre était handicapé par un problème cardiaque et un excès de gin.

L’expression « justice poétique » est de celles que l’on peut utiliser avec le plus de bonheur en la circonstance.

Page 516
Ainsi donc, aucun de nous deux n’est en vie au moment où le lecteur ouvre ce livre. Mais tant que le sang continue de battre dans cette main qui tient la plume, tu appartiens autant que moi à la bienheureuse matière.

Et la suite trop longue à retranscrire ici :
A propos d’un livre intitulé Lolita – Article écrit en 1958 pour the anchor review avant la parution de l’édition américaine
Le début donc :

Après avoir usurpé l’identité du suave John Ray, le personnage, qui, dans Lolita, rédige l’avant-propos, tout commentaire venant directement de moi risque de paraître aux yeux du lecteur – à mes propres yeux en fait – comme un pastiche de Vladimir Nabokov parlant de son propre livre.
… 
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Sunday, 9 December 2012

My song for the 22/12/2012


Collective Soul - The World I Know

If I ever should get worried :) 

Well, went to brush up my knowledge of mayas and incas worlds some years ago, I don't feel that concerned... Still a nice song I do enjoy anyway.
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Moving Theater


Teaching old dogs new tricks. I stand by it. I keep on listening the good old CDs while moving forward  in this brave new happy world, and so the 25 that follow me everywhere, with no interruption, and without any rankings of course, only good times attached somehow.

Collective Soul - 7even year itch
Ghinzu - Blow
Orishas - A lo cubano
Deep Purple - Smoke on the water Best of
Ojos de brujo - Techari
Feist - Let it die
Portishead - Dummy
Asian Dub Foundation - Keep bangin’ on the walls
Soil & “Pimp” sessions - Pimpoint
Soulwax - Nite Versions
Stratovarius - Visions of Europe
Katie Melua - Pictures
Hadag Nahash - Hatav Hashmini
Infected Mushroom - Classical Mushroom - The missed symphony, miam
Georges Brassens - Best Of - Le temps ne fait rien à l’affaire
Eddie Vedder - Into the wild
Birdy Nam Nam
Pixies- Doolittle
Die Toten Hosen- Unplugged in Wiener Burtheater
Radiohead - Ok computer
Jazzlab - Chance Meeting
Patrice - Ancient Spirit
Vitalic - OK Cowboy
Titiyo - Come Along
Grand Corps Malade - Midi 20

Eclectic, a little bit, i believe. A la folie. Sources of any mix for sunny weather, for rainy days, for pause diet and for actions. 

I've got a MP3 Player, the same playing all around, lost the lead to upload new stuff, and enjoying nice back to daft punk, le peuple de l'herbe, Mazzy Star, Nina Pastori, AC DC, Led Zeppelin, 2 many djs/Soulwax, ojos de brujo, coldplay, metallica, la oreja de Van Gogh and ... That keeps putting rythms in the blood of my brain, and always good for an unplanned jogging.

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Friday, 7 December 2012

Everything that flows smoothly

is already a success.

Here, loved the terminal introduction, and well the calmness of the opera transfiguring the sensations of being alone with the air.

Footage done for la Nuit de la Glisse 2012 - Video:
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