Léna – Virginie Deloffre – Albin Michel
Au détour d’un salon littéraire en septembre, je me suis
fait, il apparait, un cadeau de noël en avance. Sous des perspectives sympas de
l’homme occidentale (mes yeux pour le coup), cela parle de la Russie, mon
idylle, et s’intitule du prénom de ma première petite amie.
Bref, un roman bien dosé, dosage exquisite, entre le réel qui accroche léna, un pays qui change vers
on ne sait où, une vision romanesque de son Histoire sur les demi-siècles
passées, et tant de promesses d’un meilleur, et en trame, la conquête spatiale
qui battait la mesure de mes études.
Sous d’autres lumières, un roman réaliste, autant que peut l’être
un roman, positif, et ça j’ai grandement, grandement apprécié.
Citations - Léna – Virginie Deloffre – Albin Michel
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La guerre, les enfants à élever, les plans quinquennaux à
boucler en quatre ans selon l’arithmétique personnelle du Petit Père.
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D’un côté, dans une ville de province de la Russie centrale,
il y a une fenêtre et un arbre sous la fenêtre. De l’autre, dans le nord de la
Sibérie, se dresse une maison en rondins de bois, rudimentaire et solide, une de ces maisons capables de
résister à bien des intempéries.
Page 46
Maintenant, comment les ôter sans crainte, me dénuder de ma
carapace, mon armure d’absence ?
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C’est la fameuse Laideur Soviétique, inimitable, minutieusement
programmé par le plan, torchonnée cahin-caha dans l’ivrognerie générale, d’une
tristesse inusable.
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C’est une maladie qu’ils ont à l’Ouest ça la solitude,
paraît que ça s’est propagé chez eux comme une véritable infection, mais chez
nous c’est une rareté.
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C’était une histoire commune que la sienne, même à cette
époque où la dissidence était à peine naissante. Celle d’intellectuels, mais
aussi de gens de toutes sortes, qui n’arrivaient pas au minimum d’hypocrisie ou
d’indifférence requis pour survivre.
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, tu ne dis rien. Mais c’est un silence plus dur, plus
pesant que la moindre plainte !
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Il n’y a que toi qui me suffis. Un mystère pour la durée d’une
vie. De quoi chercher sans se lasser avec la certitude de ne jamais saisir tout
à fait.
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C’est le parti qui a choisi. Oui c’est ça, le plus crétin de
tous…
(…)
Parce qu’à l’Ouest pour choisir le plus crétin de tous, ils se donnent du mal, un vrai
casse-tête ! C’est tellement serré qu’au bout du compte ça fait des
chipotis de chiffres, des 50,6%, des 49,é% c’est ridicule honnêtement.
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J’ai compris que le fruit qu’avaient mangé Adam et Eve
venait de l’Arbre de la Connaissance. Oh j’ai bien retenu. Alors j’ai choisi l’ignorance
et je pensais que moi, protégée par elle, je pourrais rester toujours dans le
jardin d’Eden.
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Mais quitter la terre ! Le plus extraordinaire n’est
pas qu’un projet aussi fou ait pu naître dans la tête des humains, c’est qu’ils
l’aient réalisé.
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Pour Tsiolkovski, ce qui est à la base de toute innovation
scientifique, c’est la féerie.
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On avait dit d’accord, on est tous frères, alors maintenant
on va mettre ça en pratique. De force. Parce que pour contraindre les hommes à
partager, il faut leur mettre un revolver sur la tempe.
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Ca sortait des gens, c’est tout. Ils parlaient sans arrêts,
sans aucun souci de vérité. Puisqu’ils avaient enfin le droit à la parole, ils
se jetaient dessus. De la même façon que sur les gazettes, qu’ils s’arrachaient
dès leur sortie comme des affamés.
Page 240
J’ai lu quelque chose là-dessus dans un des livres de
Dimitri. Le problème en Russie, qu’y avait écrit, c’est que 5000 kilomètres
séparent une idée de la suivante.
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Et puis après. Quand ils existeront, ils vont aller où avec
leur existence sous le bras ? Il y a une petite chose qu’ils ont oubliée :
les hommes, ça marche sur deux pattes, mais ça ne tient pas debout tout seul.
Il faut mettre une armature à l’intérieur. (…) Parce que sinon ça vaut rien du
tout, c’est tout mou et ça s’effondre. (…) les bipèdes, c’est pareil : il
faut que ça croie à quelque chose.

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