Un Homme Pressé – Extrait 18
chez Tamina. Trois semaines, et ils sétaient rapprochés et vivaient un amour dété, tout simple, avec les fioritures du carpe diem bienheureux. Ils sentendaient à merveille, quand ils se comprenaient complétement, i.e. tout le temps. Lamour à tout moment de la journée, quand Tamina ne travaille pas, quand lui ny pense pas. Il aimait bien cette routine. Allongé, cette belle femme sur lui. Dominé, un peu, surtout par le manque dévènements. Les deux travaillaient ainsi à lacte. Lui, un peu plus inactif. Pas pour lui déplaire. Dautres livres pleins de shémas peuplaient leurs imaginations, leurs mouvements, mais cétait allongé quil se sentait le mieux. Et puis, elle retournait à son travail, il recentrait alors ses yeux sur lordinateur. Sa quête semble maintenant se dérouler dans un cadre diffus, aux tournures de linfini, multiplié par laléatoire. Les icônes sont peut-être une fausse piste. Il se lance dans une autre. Il cherche un livre, dautres feuilles. Et un livre a une couverture. Il décide de se mettre à la recherche de cette couverture. *** De son côté, Sarah avait continué ses recherches. Elle valide les résultats, ignore les hypothèses qui semblaient les moins plausibles, recommence incéssamment le schmilblick en quête de la recette parfaite. Hypothèse la plus plausible, le livre dont le papyrus pouvait parler lui semble venir des environs du premier siècle, avant ou après JC. Elle remet ces résultats dans leurs contextes. Alors, les livres étaient retranscrits par des scribes, tantôt sur des pierres, tantôt sur des surfaces ressemblant à du papier. La Grèce était alors à un stade de développement des plus avancés à travers le monde. Son royaume sétendait loin, très loin. Ce matin, elle est en ligne, lui aussi. Ils séchangent donc leurs dernières impressions. Lui qui cherche maintenant une couverture, elle qui réduit le champ de recherche à plus ou moins deux siècles de lan zéro. Zéro, comme le résultat de leurs recherches. Dans tous ces questionnements sordides, Florent a pourtant la sensation dêtre là où il doit être. La chance devait charger son mulet dune indication. Il se serait presque remis à prier, la première fois depuis la dernière, quand il avait douze ans. Ce livre, sil existe, avait traversé les âges, vingt et un siècles, peut-être vingt deux, plus de deux mille ans de mouvements incessants, des guerres, des feux, des innondations, quen sait-il? Il y pense. Une montagne, une colline prête plus de précautions face au temps. Si comme ils le pensent tous les deux, cette uvre demeurait sous la protection orthodoxe, Budapest présente lesthétisme et lhistoire, pour garder ce trésor en lieu sûr. *** Tamina lembarque loin de ses horizons, et profite de la fin de semaine pour lemmener redécouvrir Buda et sa colline. Là, lors de cette promenade, il rencontre un touriste français, passionné dhistoire. Ce dernier partage avec lui une remarque quil trouve intéressante. - Les écrits traversent les âges, la plus grande richesse dune culture passent par ces lignes transmises. La culture orale se crée dans linstant, dans les légendes, dans les rumeurs faciles à colporter, dans les moments durgence. Les écrits sont plus libres, donc possiblement plus dangereux. On a ainsi trouvé des livres directement intégrés dans larchitecture de monuments connus. Lendroit le plus sûr, car le plus visible. - Oui, la lettre volée dEdgar Allan Poe. - En effet. Pour les livres, les couvertures en cuir se fondent bien mieux dans le bois. Si jétais vous, je rechercherais un endroit sanctifié et reconnu de tous, maintenant et durant les siècles précédents. Au moins les quatre derniers, tellement de choses ont changé. - Oui, tellement de choses ont changé. Cette ville sest métamorphosée. De la cité romaine, aux magyars venus de lOural,
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