Vladimir Nabokov - Lolita
mon humble point de vue:
Un roman immoral mais majestueux par toutes les différentes lectures que l’on peut en tirer. J'ai fait abstraction de l'age de la protagoniste rapidement au fil des pages pour voir la torpeur dans laquelle le témoin raconte ses pensées et pour apaiser les possibles jugements subjectifs de ma conscience. 500 pages qui coulent et pas mal de perspectives intéressantes. Merci aux mots de l’auteur en fin de lecture. Je me suis glissé sous la couverture de ce livre avec l’esprit rempli de tout ce qui s’est dit, se dit sur ce livre. Il fallait que je le lise pour me faire mon propre avis et ne pas rester dans des résumés concupiscents à souhaits.
Une écriture qui me rappelle d’autres styles, tel celui de Gabriel Garcia Marquez. Oui je sais, je fais tourner le temps dans l’autre sens.
Donc des grandes lignes maintes fois entendues qui cachent d’autres mouvements en arrière-plan. A la fin, je ne sais sur quel pied danser, devant tant de surprises, jusqu’à la fin, pas de pieds, donc je suis entré dans la danse. Même sous l’immoralité non cachée de ce livre, j’ai oublié l’âge de la nymphette à quelques reprises pour voir d’autres lignes, surtout sur la jalousie, dévorante, et la vie des autres qui suit son cours en jouant avec le paraître et l’être. Des focales différentes à tout bout de champ.
Et je me pose une question au dessus de toutes les autres. Dans quel état doit se trouver un écrivain pour écrire un roman de cet acabit.
Une écriture qui me rappelle d’autres styles, tel celui de Gabriel Garcia Marquez. Oui je sais, je fais tourner le temps dans l’autre sens.
Donc des grandes lignes maintes fois entendues qui cachent d’autres mouvements en arrière-plan. A la fin, je ne sais sur quel pied danser, devant tant de surprises, jusqu’à la fin, pas de pieds, donc je suis entré dans la danse. Même sous l’immoralité non cachée de ce livre, j’ai oublié l’âge de la nymphette à quelques reprises pour voir d’autres lignes, surtout sur la jalousie, dévorante, et la vie des autres qui suit son cours en jouant avec le paraître et l’être. Des focales différentes à tout bout de champ.
Et je me pose une question au dessus de toutes les autres. Dans quel état doit se trouver un écrivain pour écrire un roman de cet acabit.
Et quelques feuilles écornées entre autres:
Page 87
Lundi. Delectatio morosa. Mes dolentes journées ne sont que spleen et douleurs.
Page171
J’adore mystifier les médecins, et, bien qu’exultant intérieurement, je glissai les pilules dans ma poche en haussant les épaules d’un air sceptique.
Tout paraissait curieusement si juste ce jour là. Si bleu et si vert.
Page 291 – sur les films policiers
Le monde du crime était un monde à part : là , des journalistes héroïques étaient torturés, les factures de téléphone se chiffraient en milliard, et des flics pathologiquement intrépides (…) mais d’une remarquable incompétence en tant que tireurs, pourchassaient la pègre à travers égouts et entrepôts.
Page 376 Devant le trombinoscope des individus recherchés
Si vous voulez faire un film à partir de mon livre, faites en sorte que l’un de ce visages vienne se fondre doucement avec le mien pendant que je regarde.
Page 399
« Lo ! Lola ! Lolita ! » Je m’entends encore crier son nom depuis une porte ouverte face au soleil, tandis que l’acoustique du temps, la coupole du temps, lestait mon cri rauque et révélateur d’un tel luxe d’angoisse(…)
Page 433
J’avais besoin de compagnie et d’attention. Mon cœur était un organe hystérique peu fiable.
Page 501
C’était une empoignade silencieuse, paisible, entre deux hommes de lettres, dont l’un était totalement désorganisé par une drogue tandis que l’autre était handicapé par un problème cardiaque et un excès de gin.
L’expression « justice poétique » est de celles que l’on peut utiliser avec le plus de bonheur en la circonstance.
Page 516
Ainsi donc, aucun de nous deux n’est en vie au moment où le lecteur ouvre ce livre. Mais tant que le sang continue de battre dans cette main qui tient la plume, tu appartiens autant que moi à la bienheureuse matière.
Et la suite trop longue à retranscrire ici :
A propos d’un livre intitulé Lolita – Article écrit en 1958 pour the anchor review avant la parution de l’édition américaine
Le début donc :
Après avoir usurpé l’identité du suave John Ray, le personnage, qui, dans Lolita, rédige l’avant-propos, tout commentaire venant directement de moi risque de paraître aux yeux du lecteur – à mes propres yeux en fait – comme un pastiche de Vladimir Nabokov parlant de son propre livre.
…
Lundi. Delectatio morosa. Mes dolentes journées ne sont que spleen et douleurs.
Page171
J’adore mystifier les médecins, et, bien qu’exultant intérieurement, je glissai les pilules dans ma poche en haussant les épaules d’un air sceptique.
Tout paraissait curieusement si juste ce jour là. Si bleu et si vert.
Page 291 – sur les films policiers
Le monde du crime était un monde à part : là , des journalistes héroïques étaient torturés, les factures de téléphone se chiffraient en milliard, et des flics pathologiquement intrépides (…) mais d’une remarquable incompétence en tant que tireurs, pourchassaient la pègre à travers égouts et entrepôts.
Page 376 Devant le trombinoscope des individus recherchés
Si vous voulez faire un film à partir de mon livre, faites en sorte que l’un de ce visages vienne se fondre doucement avec le mien pendant que je regarde.
Page 399
« Lo ! Lola ! Lolita ! » Je m’entends encore crier son nom depuis une porte ouverte face au soleil, tandis que l’acoustique du temps, la coupole du temps, lestait mon cri rauque et révélateur d’un tel luxe d’angoisse(…)
Page 433
J’avais besoin de compagnie et d’attention. Mon cœur était un organe hystérique peu fiable.
Page 501
C’était une empoignade silencieuse, paisible, entre deux hommes de lettres, dont l’un était totalement désorganisé par une drogue tandis que l’autre était handicapé par un problème cardiaque et un excès de gin.
L’expression « justice poétique » est de celles que l’on peut utiliser avec le plus de bonheur en la circonstance.
Page 516
Ainsi donc, aucun de nous deux n’est en vie au moment où le lecteur ouvre ce livre. Mais tant que le sang continue de battre dans cette main qui tient la plume, tu appartiens autant que moi à la bienheureuse matière.
Et la suite trop longue à retranscrire ici :
A propos d’un livre intitulé Lolita – Article écrit en 1958 pour the anchor review avant la parution de l’édition américaine
Le début donc :
Après avoir usurpé l’identité du suave John Ray, le personnage, qui, dans Lolita, rédige l’avant-propos, tout commentaire venant directement de moi risque de paraître aux yeux du lecteur – à mes propres yeux en fait – comme un pastiche de Vladimir Nabokov parlant de son propre livre.
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