Monday, 21 January 2013

La culture au pluriel - Michel de Certeau

La culture au pluriel - Michel de Certeau

Bon ça date un peu du siècle dernier, enfin de 1974...

Au détour d'une promenade dans l'entrelignes, j'y ai jeté un rapide coup d'oeil pour voir pourquoi pas.

Et donc un ouvrage que je trouve intéressant pour qui tente de construire une pseudo ouverture d'esprit culturelle.

Sur la forme, je trouve forcément un peu que ce n'est pas très digestif, mais on peut le prendre comme un compendium de billets de diverses perspectives et zapper d'un sujet à l'autre en avançant de trois pages et en reculant de quatre pour repartir de plus belle dans le jeu de l'oie moderne.

Les écrits vont des perspectives singulières de chacun sur le droit à l'erreur, les élites et les masses, la politique et les cultures, les régionalismes et leurs actions dans un socle commun, les modes de propagation des cultures locales et globales, la violence, les géométries variables du savoir (faire et être).

Au pluriel, don'

Citations éditions POINT:

Page 18 dans Contre l'inconscience
Entre deux formes d'inconscience, celle qui refuse de voir les dégats et celle qui se dispense de reconstruire, celle qui nie le problème et celle qui renonce à chercher une solution, il nous faut scruter les voies de la lucidité et de l'action.

Page 34 dans La fiction donnée à l'oeil
Ce qui est donné à l'oeil est enlevé à la main.

Page 73 dans Le langage de la violence
Le fait qui s'impose avant tout examen des faits, c'est que la violence est marquée au fer rouge sur ce "langage malade" (Austin).

Page 108 dans la culture à l'école
Lors de ma première expérience d'enseignement aux Etats-Unis, j'ai été d'abord surpris par le nombre de fautes d'orthographe que commettaient des étudiants très avancés. J'ai été habité par l'horreur , apprise dès l'école primaire, pour la faute d'orthographe. En fait, ces Américains m'ont libéré en me réapprenant ma propre histoire: pour les écrivains des XVIème et XVIIème siècle l'oral était la référence première, et l'écrit sa trace sur le papier.

Page 188 dans Politique et Culture
Le rapport aux pouvoirs change donc. Ils se servent de la culture, sans la compromettre. Ils sont ailleurs. Ils ne sont plus engagés par les discours qu'ils fabriquent.

Page 222 Dans la conclusion, ce petit truc qui m'a fait tiquer l'oeil:
La culture est seulement analogue à la sagesse, (...) comme l'art de contrôler sa folie.
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Thursday, 17 January 2013

The Black Swan - Nassim Nicholas Taleb

The Black Swan - Nassim Nicholas Taleb

What is a black swan? Something that has not been expected, well at least observed yet. The book explains it straight: before going to Australia, we only reckoned swans were white ‘cause we haven’t seen other coloured ones (haven’t checked up that fact though), hence not looking further and believing all of them were white. Then, a trip to australia, and the discovery of a black swan. One that didn't entered our observation to generalization before.

I have read it in English, because, simply because feeling better this way. Like explained in the book, don't know why I used a because... naturally... searching a rationale, a because with the cause, how obscure it can be. The whole a posteriorism defining the reflexion around.

We, royal we, can explain what happened retrospectively, many thing – wars, crisis, success, failures. Why did these events happen so? The whole set of interactions taken into account is just too limited, not taking the alignment of reactions from one agent to the others that can create the whole cultural boiling to explode.

We, royal we again, tend  to love narratives in everyday life, even if it reduces the whole global frame to a simple story from assumptions taken from granted while, I agree, with the power of a story, it is easier to sell stuff around and convince people.

I recalled a lesson from a course in marketing: "Don't assume. It makes an ass of you, of me." Learn to learn, learn from mistakes, the hidden forest behind any success story.

Yes, this book is for me kind of a fantastic read. Living in the fantastic full of WTF world: the world of mediocristan and the one of extremistan. 

I will finish on the lesson I get from it, if I ever had to be convinced again: Live the yes and move with the world, the future is broader than anyone can think. Be open-minded.
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Saturday, 5 January 2013

30 ans au son du violon

Je suis tombé sur cela au détour, et franchement frais. 30 bonnes années en didascalies musicales. Et puis en plus un violon, alors là suis tombé sur le cul, enfin. Tomber sur autre chose, ça m´arrive pas tous les quatre matins.

Bref - Montreux Kyan Navo et le petit dernier

Ça et Murakami, mon Pomme d'Apo pense s’emmieller au delà du raisonnable, au delà de la scène finale un peu tortueuse.
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Wednesday, 2 January 2013

"Duck" - Samuel Cornruff

"Duck" - Samuel Cornruff - Lulu editions


laid my eyes on this novel from a very good friend of mine sometimes ago. taking place in one of the english towns I had the luck to enjoy the guts in and out.

Well, cannot characterize the whole context, firstly because it s not my goal when writing a review. Personnal thing, I don't like comments summing things up, I'd rather have an appetizer and share feelings from reading.

The picture in front attracted me eyes pretty quickly. Colours and a fourth of cover on the main page, a whole idea in painting.

Just a look to that cover, and I remember that trip through the pages, I do feel the main vibes & lines, i sniff, and enjoy wandering through, a strong cultural background, an imagination, some lively surroundings and various people discovering the plot as it is extended in front of their past and present lives.


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Sunday, 30 December 2012

La fin des temps - Haruki Murakami


Waouh, les deux tiers du livre m’ont mis à sniffer des lignes très pures pour le cerveau. Un livre écrit en 1992, qui avait déjà en lui les prémisses de The Matrix ou d’Inception. Dans mon esprit, dans la lignée de la quintessence d'un livre de P.K. Dick à son Ubik.

Pourquoi le deux tiers ? Pour moi, jusqu’aux pages 400-450, on se met au courant du contexte, délicatement mis en place, et puis vient l’heure du choix. Et donc, même si les surprises continuent, je me suis senti moins embarqué par les lignes. Enfin moins, bonnard à foison jusqu’à la dernière page quand même. Surprenant.

Après 1Q84 Livre 1, je m’attendais à un long récit prenant et je n’ai pas été déçu.
La fin des temps Haruki Murakami – Editions Point


Page 24
Le printemps passa. L’été finit, la lumière commença à se charger d’une délicate transparence.

Page 62
-          Je ne me plains pas de travailler. C’est plus facile si on a de quoi s’occuper que si on ne fait rien.

Page 84
-          Tout le monde est peut-être ordinaire, mais normal, non.

Page 94
-          Il ne faut pas garder la fatigue dans ton cœur, hein, dit-elle. Ma mère me le disait toujours. Il se peut que la fatigue domine le corps, mais le cœur doit continuer à t’appartenir.

Page 208
Une fois l’automne disparu, le ciel s’installa dans un vide transitoire.

Page 224
Franchement , c’est comme si tu étais debout sur un pied sur le parapet d’un pont. Vu ? Alors il vaut mieux que tu réfléchisses bien de quel côté tu vas tomber. Ce n’est pas les regrets qui arrangeront les choses une fois que tu te seras fait mal.

Page 277
-          Plus on vieillit, et plus le nombre d’actes irréparables que l’on commet augmente, dis-je

Page 392
Ce n’est pas  que la douleur elle-même ait diminué, mais, l’alcool anesthésiait mes nerfs, la douleur paraissait prendre  une sorte d’existence indépendante sans rapport direct avec moi.

Page 533
Je n’en savais rien. C’était peut-être du désespoir. Tourgueniev aurait peut-être appelé ça la désillusion, Dostoïevski l’aurait appelé enfer, Et Sommerset Maugham la réalité. Mais quel que soit le nom qu’on lui donne, c’était « moi-même ».

Page 549
Quand on a perdu une chose une fois, même si elle disparait entièrement, on continue éternellement à la perdre.

Page 606
Ici, c’est l’univers du possible. Il y a tout et rien en même temps.

Page 616
C’est sûr qu’à un certain moment de ma vie et ma façon de la vivre avaient été un peu tordues, mais j’avais de bonnes raisons pour ça. Même si personne d’autre que moi ne pouvait le comprendre, moi je savais que je n’avais pas pu faire autrement.


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Wednesday, 26 December 2012

Léna – Virginie Deloffre – Albin Michel


Léna – Virginie Deloffre – Albin Michel

Au détour d’un salon littéraire en septembre, je me suis fait, il apparait, un cadeau de noël en avance. Sous des perspectives sympas de l’homme occidentale (mes yeux pour le coup), cela parle de la Russie, mon idylle, et s’intitule du prénom de ma première petite amie.

Bref, un roman bien dosé, dosage exquisite, entre le réel qui accroche léna, un pays qui change vers on ne sait où, une vision romanesque de son Histoire sur les demi-siècles passées, et tant de promesses d’un meilleur, et en trame, la conquête spatiale qui battait la mesure de mes études.

Sous d’autres lumières, un roman réaliste, autant que peut l’être un roman, positif, et ça j’ai grandement, grandement apprécié.


Citations - Léna – Virginie Deloffre – Albin Michel

Page 24
La guerre, les enfants à élever, les plans quinquennaux à boucler en quatre ans selon l’arithmétique personnelle du Petit Père.

Page 36
D’un côté, dans une ville de province de la Russie centrale, il y a une fenêtre et un arbre sous la fenêtre. De l’autre, dans le nord de la Sibérie, se dresse une maison en rondins de bois, rudimentaire et  solide, une de ces maisons capables de résister à bien des intempéries.

Page 46
Maintenant, comment les ôter sans crainte, me dénuder de ma carapace, mon armure d’absence ?

Page 49
C’est la fameuse Laideur Soviétique, inimitable, minutieusement programmé par le plan, torchonnée cahin-caha dans l’ivrognerie générale, d’une tristesse inusable.

Page 56
C’est une maladie qu’ils ont à l’Ouest ça la solitude, paraît que ça s’est propagé chez eux comme une véritable infection, mais chez nous c’est une rareté.

Page 58
C’était une histoire commune que la sienne, même à cette époque où la dissidence était à peine naissante. Celle d’intellectuels, mais aussi de gens de toutes sortes, qui n’arrivaient pas au minimum d’hypocrisie ou d’indifférence requis pour survivre.

Page 66
, tu ne dis rien. Mais c’est un silence plus dur, plus pesant que la moindre plainte !

Page 68
Il n’y a que toi qui me suffis. Un mystère pour la durée d’une vie. De quoi chercher sans se lasser avec la certitude de ne jamais saisir tout à fait.

Page 98
C’est le parti qui a choisi. Oui c’est ça, le plus crétin de tous…
(…)
Parce qu’à l’Ouest pour choisir le plus crétin  de tous, ils se donnent du mal, un vrai casse-tête ! C’est tellement serré qu’au bout du compte ça fait des chipotis de chiffres, des 50,6%, des 49,é% c’est ridicule honnêtement.

Page 140
J’ai compris que le fruit qu’avaient mangé Adam et Eve venait de l’Arbre de la Connaissance. Oh j’ai bien retenu. Alors j’ai choisi l’ignorance et je pensais que moi, protégée par elle, je pourrais rester toujours dans le jardin d’Eden.

Page 152
Mais quitter la terre ! Le plus extraordinaire n’est pas qu’un projet aussi fou ait pu naître dans la tête des humains, c’est qu’ils l’aient réalisé.

Page 179
Pour Tsiolkovski, ce qui est à la base de toute innovation scientifique, c’est la féerie.

Page 212
On avait dit d’accord, on est tous frères, alors maintenant on va mettre ça en pratique. De force. Parce que pour contraindre les hommes à partager, il faut leur mettre un revolver sur la tempe.

Page 230
Ca sortait des gens, c’est tout. Ils parlaient sans arrêts, sans aucun souci de vérité. Puisqu’ils avaient enfin le droit à la parole, ils se jetaient dessus. De la même façon que sur les gazettes, qu’ils s’arrachaient dès leur sortie comme des affamés.

Page 240
J’ai lu quelque chose là-dessus dans un des livres de Dimitri. Le problème en Russie, qu’y avait écrit, c’est que 5000 kilomètres séparent une idée de la suivante.

Page 245
Et puis après. Quand ils existeront, ils vont aller où avec leur existence sous le bras ? Il y a une petite chose qu’ils ont oubliée : les hommes, ça marche sur deux pattes, mais ça ne tient pas debout tout seul. Il faut mettre une armature à l’intérieur. (…) Parce que sinon ça vaut rien du tout, c’est tout mou et ça s’effondre. (…) les bipèdes, c’est pareil : il faut que ça croie à quelque chose.
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Sunday, 23 December 2012

Haruki Murakami – 1Q84 - Livre 1


1Q84 – Livre 1 – Collection 10/18 – Haruki Murakami

Page 50
-          Bien entendu. Il te faudra reprendre et changer le texte de A à Z. Tu devras utiliser le noyau de l’histoire comme un squelette. Garder autant que possible l’atmosphère générale. Mais le style, il faut le modifier en profondeur. Autrement dit, procéder à une vraie adaptation. C’est toi, Tengo, qui seras chargé de ce travail.

Page 91
«  Voilà, a vie réelle et les mathématiques, ce n’est pas pareil. Dans la vie, les choses ne se limitent pas à couler suivant le chemin le plus court. »

Page 138
«  Finalement, repris sa petite amie, on est tranquille quand on appartient à la majorité, à ceux qui excluent les autres »

Page 175
Si la vie d’un homme se mesure à la variété des épisodes qui la composent, la sienne comptait probablement parmi les plus riches.

Page 225
Mais comme vous le savez sans doute, sur terre, il existe pas mal d’individus qui cherchent volontairement à vivre dans cet état de mort cérébrale.

Page 231
Avec un système bien aéré et naturel on obtenait des rendements au travail bien meilleurs.

Page 237
« En somme, pour le dire à rebours, la fin du monde imminente serait ressentie comme un grand coup de pied dans les testicules, c’est bien ça ? »

Page 342
« Il y a des gens qui retrouvent à dire à n’importe quoi. »

Page 432
Les violences ne prennent pas toujours une forme visible, les plaies ne font pas toujours couler du sang.

Page 522
Une lutte sans fin entre un souvenir et un autre souvenir, qui lui est opposé ?



Haruki Murakami – 1Q84 - Livre 1

Bon, je suis un peu perplexe quand je vois un pavé de plus de 400 pages dans mes mains. Rares sont ceux qui m’ont tenu en haleine tout du long.

Bref, trois jours près l’avoir commencé. Là, j’ai trouvé l’histoire enivrante, avec quelques lourdeurs (Je dis cela car inconsciemment mes yeux se sont mis à lire en diagonale certains longs paragraphes, rares heureusement, mais c’est mon filtre instinctif)

J’ai apprécié dans ce livre ce que j’apprécie dans les livres : Les livres m’apportent ce calme consistant, à l’opposé de notre monde fast-forward tout en démesure. Les livres, leurs lectures propres, cet instant d'éternité dans un monde qui donne l'impression que l'on va mourir demain.

Peut-être mon délire, mais j’y retrouve des grandes lignes inspirant P. K. Dick dans Ubik, et une fiction contemporaine qui est diablement orchestré. Contrairement aux romans occidentaux, je vois dans l’entre-ligne de cette œuvre romanesque un calme, un respect, tisser tranquillement, peut-être trop, le tout dans le tout.

Je ne m’attendais pas à toute cette histoire. Cela se lit bien, je trouve, assez complexe pour soulever l’intérêt, sans être trop complexe pour me perdre. Et les délires d’Hayao Myasaki et autres m’ont aussi aidé à construire une imagination au-delà des frontières des lignes, du moins je l’espère.

J’ai apprécié ces différents points de vues : celui de la littérature et de son microcosme, celui de l’esquisse, pour des raisons personnelles, celui de revenir à peu près il y a trente ans, et donc son parallèle.

Après, j’ai lu avec envie, avec joie, un peu de surprises, ce premier tome, mais pour le livre 2, 3 voire 4, je ne suis pas forcément très décidé.  Il faut dire entre temps, je vais refaire parler René Barjavel en lisant un autre livre de Haruki Murakami « la fin des temps ». A moins que celui de Barjavel ne fût nommé la nuit des temps. Bref.

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