Sunday, 6 October 2013

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Petit détour sous un abribus

Quelques personnes se retrouvent dans un abribus, situé au milieu de la scène, des bruits de pas, des discussions de foule remplissent la scène. Neuf personnes de tout âge se retrouvent. Une voix off retentit.

Voix off – Vous êtes sur le toit du monde, que voyez-vous?

Francine, surprise – Mais qui nous parle ?
Voix off, innocente – C’est moi, la voix off, donc que voyez-vous ?
Francine – Ok, je vois mes pieds et un nuage de pollution.
Gérard – De la neige.
Francine – Je vois la personne qui est à côté de moi et je joue avec elle à regarder en bas ce que chacun devine, tiens un hamster.
Gaétane – Je sentirais le soleil de plus près
Voix off – Au fait, il fait nuit et vous êtes tout/toutes seuls/seules.
Gérard – Tiens, il fait de l’écho maintenant. Franchement, comme voix off, nous aurions pu avoir mieux. Mais comment en sommes-nous là ? Enfin là-haut je veux dire, c’est encore très égocentrique comme truc.
Voix off – Et pourquoi pas ?
Gérard – Et nous n’avons rien à becqueter ? Rien à boire ? Comment en est-on arrivé là ?
Voix off, énervée – Rien et silence, c’est moi qui pose les questions sinon je vous fais redescendre en bas.
Gaétane – Ok moi, je regarderais la lune, les étoiles et j’écouterais le silence environnant.

Assis à côté de Gaétane, Gustav en smoking bleu vert éteint sa cigarette et prend part à la discussion.

Gustav – Et si j’étais un zèbre, je me peindrais des lignes horizontales, ça vous permettra de jouer aux dames.
Lili – Vous n’êtes vraiment pas sérieux, cette voix ne vous demande pas de rajouter un si, elle nous demande de vous accorder au la et de vous laisser transporter.
Gustav – Ah oui, une fois. Et si je sortais avec Ariane, m’emmènerait-elle toujours avec son fil ? Et vous, qu’est ce que vous y voyez là-haut?
Lili – Moi je me verrais, moi en bas, toute petite au milieu de tous pleins de canards. Et puis, je tenterais de communiquer avec des signaux lumineux avec la personne sur la montagne d’en face.
Gustav – Des canards, pourquoi des canards ?
Lili – Un zèbre, pourquoi un zèbre ?

Monique a les yeux fixés vers le ciel. Elle est dubitative.

Monique – Je verrais l’escalator qui mène au paradis.
Gérard – Et pourquoi l’escalator monterait, peut-être qu’il nous ramènerait en bas…
Monique – Pas con, mais je n’ai pas dit dans quel sens il allait. C’est vrai que c est un peu trop sérieux. Personne ne se pose la question de savoir comment nous allions respirer tout là-haut…
Francine coupant court à la discussion – Moi, je verrais le monde en orange.
Gérard -  en orange pourquoi en orange ?
Francine – Avec mes sur-lunettes de ski, pourquoi je serais sur le toit du monde autrement, et l’orange c’est chaleureux et rend tout plus beau.
Lili – Tu dis ça parce que tu es bronzé et tu reviens de vacances !
Francine -  Oui et comme ça, je pourrais voir où sera ma prochaine destination…

Monique sort de sa rêverie.

Monique – Ok, pas un escalier, mais je verrais un avion dans le ciel, un gars qui en saute et vient se poser à côté de moi pour se taper la discute. Je m’ennuierais toute seule non mais.
Gustav – Oui, moi je verrais le monde en grand, une sensation de liberté et j arrêterai mon regard sur chacun des petits points que je verrais en bas et me poserais la question de savoir qui pense à moi en train de glander sur le toit du monde tout seul.
Monique – Bref, ça ne change pas, même sur le toit du monde, personne ne m’écoutera ! Moi là-haut, j’en profiterai pour prendre mon pinceau et décorer les environs. Comme ça, à grands coups de chiffons.

Le téléphone de Gaétane se met à sonner,  «  If everybody looked the same » retentit, elle s’en aperçoit au bout de deux minutes alors que tout le monde la regarde. Elle coupe l’appel.

Lili – T’as raison Gaétane, chut, profitons du silence. Je crois que je profiterais du toit du monde, pour m’emmitonner dans mon sac de couchage et passer une bonne nuit.

Une piétonne s’arrête à l’arrêt de bus et prend part à la conversation.

Marion – Excusez-moi de vous déranger, mais pourquoi vous regardez tous le ciel ???

L’inscription illumine le toit de la pièce, Marion regarde et reprend.

Marion – Moi sur le toit du monde, j’aurais le vertige et une peur bleue, je n’en profiterais même pas.
Gérard – Dites donc, le toit du monde commence à être embouteillé !!! 1 deux 3 quatre 5 six 7 huit 9. C’est devenu une destination club med !!!
Marion – Ah je vous dérange, ça fait plaisir.
Gérard – Mais non, plus on est de fous, plus on rit. Et puis, je vais m’ennuyer avec mon zèbre croisé.
Marion – Un zèbre croisé, dites-moi madame, reniflant Gérard, il ne sent pas l’alcool, il a fumé quoi le monsieur ?
Lili – Oh, lui rien il est comme ça, enfin depuis le début de cette conversation. Un grand lunatique réaliste.
Gérard – Lunatique réaliste, manquait plus que ça. Bon tiens, c’est mon bus qui arrive. Merci beaucoup et à demain.
Tous – Au revoir.
Gérard prend sa sacoche et s’échappe de la scène par la porte au fond.





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