Sunday, 30 June 2013

Des Perspectives: La France par un chemin de Suisse.

Tiens, je tombe sur un mail (Merci à la petite souris) et donc cette photo d'article ci-dessous. C'est assez magnifique de diagnostiquer de si belle manière ce qui fait que je me désintéresse de plus en plus de ce vieux pays qui vit dans un autre monde qu'est la France.


J'aime particulèrement la fin de l'article et cette référence à une chanson qui me trottait en tête à sa lecture.

Bah oui, moi je reviens juste sur ce tipping point qui m'a vu me radicaliser. Durant les élections présidentielles l'an dernier, on pouvait compter sur les doigts de la main les occasions que les candidats (de tous les partis) prenaient pour parler de la place de la France dans le monde. Oui, la géopolitique a changé. La France est depuis longtemps loin d'être un fer de lance, et on peut sans problème ignorer son avis. La France n'a plus sa place dans le monde, du moins celle qu'elle avait il y a 40 ans et que l'on garde dans les esprits, et pire, la France doit apprendre à défendre sa place dans l'Europe.  C'est bien beau de se cacher derrière les projets réussis de la CECA, des débuts de l'UE, mais c'est il y a 50 ans, le monde évolue, elle, révolue. Faire la fine bouche est bien français, les moyens ne sont plus là pour avoir ce privilège. Bouh.

D'ailleurs cet article m'a tellement fait kiffé que je me suis permis de le retaper tout de go. Le journalisme français a aussi beaucoup à apprendre, comme tout le reste. :)

"Nos amis français sont venus Lundi à Berne. Une délégation du sénat en visite. On s'attendait à du lourd: on a été servis. La totale. Ce ton, ce style inimitable: ne jamais parler, toujours expliquer.

Au repas déjà, chez l'ambassadeur, une sénatrice "explique" que la France est un pays ultralibérale. Oui, Madame. Elle nous raconte les us et coutumes des habitants de cette terre lointaine. Inconnue. Je lui fais remarquer que si la France est un pays ultralibérale, la Suisse est un club échangiste. Sous ecsta.

Quelques minutes plus tard, en séance, un sénateur nous "explique" que nous ne comprenons pas la France. Et sa fiscalité. Il faut savoir que, pour un élu français en tournée en province, si on n'est pas d'accord, c'est qu'on ne l'a pas compris. Alors il réexplique, plus lentement. Il articule. C'est inintéressant, mais joli à entendre.

Puis, devant notre lenteur - tout helvétique -, une sénatrice admet alors que, dans le fond, nous "ne pouvons pas" comprendre la question fiscale française. Car la Suisse est, je cite, "en retard en matière de dépenses publiques". La preuve: les crèches. Je n'invente rien.

Désarmante France. Quarante ans de déficit, une dette abyssale, mais elle fait la leçon. Elle donne un cours de gestion de faillite au pays le plus riche du monde. Le cancre fait la nique au premier de la classe: le panache laisse coi. Admirable. Encore!

Moralité: la crise française est plus grave que prévu. On se trompe, notamment sur sa cause. La France ne souffre ni de son chômage ni de sa dette: elle est malade de son aveuglement. Incapable de se remettre en question. Le fameux "déni": l'Allemagne a tort, la Suisse a tort, tout le monde a tort.

Et la France? Elle a raison. D'accord? D'accord. Et pendant ce temps, elle coule. Encore et encore. C'est que le début. D'accord, d'accord..."

Fathi Derder - Conseiller national (PLR/VD)
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