Alexeï Oline - "La machine de la mémoire"
Feelings à la lecture :
Ce livre était là, entreposé au milieu de centaines d'autres
volumes, et mon regard s'est posé avec insistance sur lui sans que je ne sache
pourquoi. L’heure de la récompense, les minutes qui m’ont fait valsé avec
intérêt dans un autre monde pas si loin.
Une accroche qui m’a fortement arrimée ; cela se passe
dans le Moscou de maintenant, ou presque. Mais bon, au-delà des livres français
comptant pour tien tournant autour de la scène parisienne, éternelle phare
centralisateur de bons nombres d’œuvres. La décentralisation n’est pas encore
de mise. Même mon dernier opus, Pomme d’apopi se raccroche aux branches
parisiennes distantes et éphémères pour rendre réalité aux faits du roman sans tergiverser la géographie plus loin, du moins en France.
Pour revenir au point principal, les scènes s’écrivent et se
vivent à Moscou, une toute autre culture qui m’a fait rencontré des groupes de
rock, des écrivains, des décors russes que j’affectionne particulièrement. Les
notes de la rédaction incluses dans ce livre m’ont donc grandement absorbées.
Et une histoire, un roman, une fable, que dis-je un conte
moderne qui a apaisé mes yeux avides de découvertes un instant.
Citations - Alexeï Oline - "La machine de la
mémoire" - Editions de l’aube
Page 16
« Le sous-marin est une boisson éminemment artistique.
On verse dans une chope un petit verre de vodka, on y ajoute de la bière
blonde, et après avoir pris soin de bien appliquer sa paume sur le récipient,
on agite énergétiquement : ça symbolise sans doute l’un des quatre
éléments de l’univers. On peut consommer. »
Page 28
« Stéréotype évolutif. Toute ma vie n’est faite que de
cela. »
Page 37
« Je ne versai pas de larmes. J’avais près de vingt
ans, j’étais adulte, j’étais un homme que l’expérience de la vie avait assagi
et qui avait perdu l’habitude de pleurer. »
Page 70
« Un homme et une femme se jurent un amour éternel
devant un perroquet de prêtre, tout en se glissant à l’annulaire un anneau
d’or.
Pourquoi juste à l’annulaire ?
A quoi pensent-ils ? »
Page 93
« -Le ciel est le même pour tous.
-Les hommes lèvent rarement la tête. »
Page 123
« Sans défaites, les victoires n’ont aucuns sens. C’est
un fait. Mais un jour, les victoires elles-mêmes cessent de nous faire
plaisir… »
Page 131
« Une idylle est un court-métrage. Sinon, elle sonne
faux. Il est impossible de faire un film d’amour de trois heures : le
metteur en scène, le scénariste, l’acteur … et le spectateur en auraient vite
assez. Ce serait comme si on se nourrissait exclusivement de rahat-loukoum.
Trois fois par jour, sept jours sur septs»
Page 173
« … mais quand l’imagination vient à manquer … Le monde
se présente tel qu’il est en réalité, et il n’a vraiment rien de
réjouissant. »
Page 174
«…
Et savez-vous pourquoi ? Parce que la fin du
monde ne sera provoquée ni par une météorite, ni par une comète, ni par un
abominable virus. La fin du monde est survenue, il y a longtemps, quand nous
avons cessé d’imaginer, d’inventer quelque chose de nouveau. »
Page 185
« Les garde-fous étaient défaillants : la faim, la
peur, l’attirance sexuelle – tous ces instincts primitifs qui nous forcent à
nous accrocher à la vie.
Je devais présenter, de l’extérieur, une tête effrayante.
Pas lavé, pas rasé, ivre. »
Page 192
« Peut-être avais-je, en effet, trop lu de livres
écrits par des gens dérangés du cerveau, éternellement mécontents de
tout. »
Page 195
« -Tu ironises, c’est bien ! Les malades mentaux
ne le font pas, habituellement. »
Page 204
« Mon humeur est comme dans la chanson de Jamiroquai, Starchild. J’accélère le pas. »

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