Wednesday, 4 March 2026

Un Homme Pressé – Extrait 33

Un Homme Pressé – Extrait 33

loin, toi dis moi... B- Déjà, moi, et puis bah oui au supermarché. Il a quoi de super? B- Il roule pas au normal. Et sinon? B- Et si oui, tas la reponse à ta question? Quelle question? B- Tu joues au con. Oui, toujours, jen suis le roi. B- Ah, ça, tous les jours. Le téléphone sonne. B- La sonnerie est bonne. Tu vas pas decrocher? B- Non je suis un addict de cette musique. ca sonne, je ris. Tout change, B- Rien ne reste pareil. Dis-moi on va du pareil au même B- Oui, ça mène nulle part. Par quel biais? B- Le téléphone continue de sonner Je continue de vibrer B- Tu ne réponds pas? Je peux pas, je parle avec toi... B- Ca te protège de quoi? De la pluie, des incidents... B- Tas une dent contre qui? Je suis contre toi. B- Oui bah, écarte toi! La vie est belle. B- Une belle banalité. Toujours. B- Jamais, sans mais. Tu te mets à parler allemand comme ça? B- Tu deviens compliqué à ce point la, je ne te suis plus. Je ne suis plus toi. B- Las-tu été? Non, même pas en hiver. une façon de parler quoi. B- Bah, Napprends pas le verlan. L'envers du decor remet lendroit à léquilibre. B- Et ça libère. Back to the past B- Tu fais une suite? Je connais déjà les mains des joueurs, c'est du passé. B- T'es sûr de gagner! De finir gaga, oui, tu sais ce que jai en main. B- Je sais deja pas ce qui m'attend demain. Les demains sont lents. B- Tu joues à quoi? A faire peter les plombs dans les étaux de la raison. B- Pas de signes parlés, juste de lécrit. Des petits cris qui peuvent se comprendre B- A nous prendre pour des cons Cest ton jugement. B- Ah bon un juge qui ment? Sérieux? B- Qui ça, André? j entends pas sa musique Non, ce site la tuer? B- Mets le R sur raisonnable, cest du virtuel. Ca fait plus de syllabe et ça n a que peu de vertu. B- Et encore un si... Je ne trouve plus le là... B- Pourquoi tu rigoles? Pourquoi je pleurerais? B- Parce que tu es triste. Ce nest pas une raison. B- Ok, bon encore un mauvais son de corde. Une corde qui va tout faire sauter B- Bêtises et autres sottises en sauts de puces Remarques B- Prêt, partez T'es con B- Oui, tu me las deja dit. Et tu réagis pas. B- Je ne panique pas. Tu pars et t'es pas payé? B- Il manquerait plus que ça. Je tai dit j ai perdu le la! B- Cela désacorde le tout. Quest qui définit le tout? B- ce qui ne compose même pas le rien. La negation peut tout definir alors B- L'or n a que la valeur qu'on lui donne. le oui definit quoi alors? B- que des choses partielles et segmentées, c est beaucoup moins vrais un oui. Ah bah ouais Pas tout. Les fleurs de lâme éclosent en cette fin de journée. Elles sont disposées à recevoir la rosée salvatrice, glissant avec douceur et légèreté le long de ce lys. Des idées sont confinées au passé, la douceur de la monarchie séchappe de notre vision pour simplanter au sein de nos propres idées. Le cerveau formaté à recevoir des infos classées. Il ne peut légiférer, et subit cette contamination. Au loin, des êtres craints créent un avenir incertain. Comment suivre ce chemin et sans doute aucun? Vaquer sur ces routes éclairées par leurs idées partagées. Dans nos contrées et au delà de notre pays, à létranger. Si javais su que ma première destination était la dernière. La vie continue, les lieux communs mengloutissent sous les flux et reflux du commun des mortels. Je me suis donc retrouvé à courir après ce temps futur, sur des temps passés que je me suis volé. Mes premiers délires post adolescents sallient alors avec mes désirs du présent. Ce que je ne pouvais faire il y a quinze ans, un jeune vieillard allait les actualiser, les mettre à son ordre du jour. La vie sécoule tranquillement. Je prends le temps. Les journées passent, et dans leurs lectures, je me noie. La froideur des murs,


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Un Homme Pressé – Extrait 32

Un Homme Pressé – Extrait 32

vide, dans tous les sens. Sans contrôle de mon cerveau, je pars dans une spirale qui ne montre pas sa fin. Elle me prend, mattire et maspire hors du calme quétais hier. Je ne peux rien faire, ne maccrocher à rien. Pas de prises, la chute vertigineuse dans un univers des folies les plus sordides. Réfléchir à réfléchier, tout ce qui saffiche devant moi na aucun sens. Je suis pris de vertige, je suis pris de nausée. Je ne peux rien faire dautre que dattendre et despérer. Crise? Ca montre que les gens réfléchissent de plus en plus par eux-même, enfin que léducation arrive à ces fins. Qui se plaignait de la bourse et du capitalisme quand tout allait bien, qui se souciait des armes quand les balles restaient lointaines et invisibles, qui aurait pensé que lon aurait avis sur tout. Donc, je me dis quhier devait être mon paradis, le silence de limbécile qui souhaite le rester et ne le conjure* pas. De la morale de lhumanité, moi je men fous, énormément, ainsi que tout le monde dailleurs. Quy puis-je? Mais il y a toutes les sales histoires, les sales chichis que remue la Justice au moment dun crime rien que pour amuser les contribuables, ces vicieux Voyage au bout de la nuit - Louis-Ferdinand Céline Tout change, rien ne change. Cest luniversalité des papillons qui battent des ailes et on ne sen fout plus. Dommage. Dans cette spirale, jaimerais que lon comprenne que je nen ai rien à foutre de tous ces trucs alentour. Mon cerveau prend peu à peu lascendant. Jai le droit de ne pas avoir davis sur tout. Je men fous cordialement. Faites et alea jacta est. Pas prédicateur pour un sou, cette expérience ne ma pas changé. Je veux, je vis et je veux continuer de vivre de surprises en surprises. Je ne sais pas ce que je deviendrais sans vous. Maintenant, je le sais. Alors, S T O P Débranchez-moi. Cest ma foutu vie. Non, non, plus maintenant, cest mon foutu livre. Mais qui est ce je qui parle en moiavec de si grands décisions sur le cours de mes actions? Il na pas de visage qui apparaît hors du voile qui le recouvre. Un grand inconnu qui court les marais et infecte mon esprit. Communion, mon cul. Allez, toi aussi, tais-toi. Passe-moi la télécommande que jéteigne tout. Tout. TOUT. Quelle est la définition de la folie. Refaire sans arrêts la même chose en espérant que le résultat sera différent. Mais mon cur bat encore et je retourne dans cette folie. La spirale laisse place au décor urbain. La folie me prend à part entière. La vivre sans devenir fou. Sisyphe retrouve une de ses vies en moi. Dur labeur que de faire face à cette épreuve continuellement, jusquà la fin des temps. A remonter la pente de lesprit pertubé de chacun à intervalles variables, sans ne pouvoir faire autre chose. Dis, sysiphe, tu crois que jai la solution pour me sortir de ton labyrinthe? Pour survivre à limmortalité, je trouve une unique solution. Me fixer des objectifs dans le temps. Sinon la raison me déraisonne. Bon dieu, si tu existes, comment jaimerais que tu appeles le père Molotov pour me donner un des cocktails éponymes. Tout foutre en lair, ravager lentièreté de mon cerveau, fragmenter le reste de mes mémoires, détruire le tout de mon éducation. Père Molotov, il ten reste bien de celle que lon ta jeté? Bref, ce roman se finit là. Avec ses ruptures, ses moments, ses mémoires. Derrière moi. Prenez-moi. Si vous voulez faire un film à partir de mon livre, faites en sorte que lun de ce visages vienne se fondre doucement avec le mien pendant que je regarde. Vladimir Nabokov - Lolita Hum, cest quoi ce point bleu. How do you feel? How do you feel? How do you feel? How do you feel? Cest la vie, pas la mort, qui est le plus grand mystère que tu dois affronter. The last testament of the holy bible - James Frey Mot de la fin Pour donner un peu de sens Tu iras


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Tuesday, 3 March 2026

Un Homme Pressé – Extrait 31

Un Homme Pressé – Extrait 31

patience Et votre sac là-bas, rien dedans? Mon sac? Vous voyez dautres personnes ici à part vous et moi? Florent se retourne et part récupérer le sac sus-mentionné. Mais cest un parachute Mais cest bien votre sac? Bon moi, mon service est terminé. Désolé, je vais devoir vous enfermer ici ce soir. Sans me laisser le temps de répondre, le gardien se retrouve de lautre côté de la grille et pense pour lui-même, ou à haute voix, il ny avait personne ici. Bon, ça me permettra au moins de faire mon rêve de gamin. Mais pourquoi ny avait-il personne dans ce chef duvre de lexposition universelle? On en parlait partout, on vendait des cartes postales, des portes clés, des jouets pour chien. Mais personne. Jenfile les cuissardes et les bretelles du sac, ferme la lanière de sécurité à travers son torse. Ainsi harnaché, jaccueille le crépuscule avec un sourire aux lèvres. Extatique. Bon, une chance sur deux. Je monte sur la grille Est, faisant ainsi face, profil et dos au tout Paris. Tout Paris qui semblait mignorer. A travers les enchevêtrements de tiges métalliques, je me fraye un passage, sort la tête en dehors de la structure, puis les bras, puis les jambes, biens en appui. Alors que le crépuscule teinte la Seine dorangée, mon regard fixe limmensité du dehors. Je frôle le désastre de la chute à chaque coup de vent. Coup qui me déstabilise avant davoir les couilles de menvoyer en lair. Nimium ne crede sin colori. Couleur du ciel, coloration du temps, détrempage des nerfs, sensations du vent. Tant et tant et tant et fffffffff Tout se passe au ralenti comme je lai souvent rêvé. Stable alors que la vitesse ne me le permet pas, je tire dun coup mon déclencheur. Le zoom avant me tire soudainement en arrière, et je me ballotte au dessus des voitures, au dessus des gens, au dessus des histoires, au dessus de lhistoire. Arrondi. Je prends les commandes et les tire à mes genoux avant dembrayer quelques pas de courses pour laterrissage. Les gens alentour avancent sans me porter attention, des zombies bien éveillés et baignant dans une clarté aveuglante. Un visage se tourne. De suite, je suis à la page. Libéré de mon sac, je la rejoins. Quest-ce que tu fais là? Elle me regarde et me sourit. Son parfum toujours aussi inconnu embrume ses sens dans une ouate délicate et bienvenue. Dans ce silence, elle me prend la main. Ainsi, veni dans la pieuvre parisienne. Silence. Tout nest que silence autour de moi. Le monde ne manque pas à lappel. Appel quil ne fait pas, comme un aveugle qui développe le sens du toucher, je me concentre pour saisir ce qui saffiche sous mes yeux. Tout sourire, tout en larmes, tout en blanc, tout symbolisait le tout. Les visages épars affichent des vérités que je mempresse de déchiffrer. Si je suis dans un roman de Marc Levy, il serait intitulé où es-tu? Si je suis dans un de Carlos Ruiz Zafon, jai enfin la consistance de lair qui décrit la musique sans se laisser attacher. Ah oui, jexiste. Cela ne maide pas à figurer sa position. Toujours est-il, ils cheminent ensemble, en silence, en harmonie semble-til. Arrivé devant Notre Dame, une quidam immortalise ce moment dune photograhie. Cette dernière agrémente leurs boissons chaudes prises dans un café non loin.Puis vient lheure de partir. Lheure, il regarde son poignet, ne voit pas de montre, il regarde autour de lui. Oui, le temps sest éclipsé. Je suis partout. Je suis nulle part. Jexiste. Tout simplement. Il ferme les yeux et sendort pour ce qui lui paraît être une nuit. Ddddddddrrrrrrrrrriiiiiiiiinnnnnnnngggggg Enfer, Agression et tous les écrans allumés. Le réveil résonne dur dans un tintement de cloches qui semble venir de nulle part ailleurs que son oreille interne. Debout. Et déjà, je sens un changement. Mon cerveau. Il narrête pas de mouliner. A


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Un Homme Pressé – Extrait 30

Un Homme Pressé – Extrait 30

pas. Adolescent, je me suis retrouvé à la porte dun avion Pilatus, 1200 mètres de hauteur, et ne restait plus quune chose à faire. Sauter, ou rester. Rester en toute sécurité dans cet avion semblait bien moins dangereux, mais bien plus compliqué. Mon regard sest porté sur mes pieds. Pieds qui reposent dans le vide dun air bien plein et qui sen fout. Sauter ou pas. Pas la peine de réfléchir plus longtemps, mon corps est déjà dehors. Une chance sur deux. Pas trois pour cent de risque que mon parachute ne souvre pas, même pas un pourcent. Pour la satiété de lesprit, pour la tranquilité de la décision prise, cinquante pour cent. Et quel pied. Donc la marche de ce récit continue dans un sens qui part à contre. Parce que les sondages ne disent rien de plus que ce que veut dire la question, un livre pas plus que votre inspiration, et puis surtout parce quil y aura toujours des risques pour enfin se sentir vivant. Etre exposé pour avoir le choix au minimum de construire ces défenses immunitaires. Je ne veux pas de ce monde stérile, de ces règles faîtes par dautres pour régir ma vie. Passe ou Casse. Sauter du P au C et revenir au P. Cest facile. Une chance sur deux. Pile, tu es ma face. Face, tu mhorripiles. Peu importe ce que tu as fait, ne renonce pas. Luxe, Calme et Volupté Retour vers le futur du présent consistant Le paysage se dévoile sous lhumidité des yeux qui souvrent. Une tâche blanche, un point de référence, puis un autre, puis une figure, puis deux couleurs, puis trois détails, puis de plus en plus net. I start to fade into a state of white consciousness where I am no longer directly connected to what is being done to me. My arms are no longer my arms, my legs are not my legs, ( ). My body is no longer my body. There is white. Everywhere there is white. There is agony. It is agony that is unfathomable. I try to will myself back to reality and back to the drills and the vacuums and the instruments and the cotton stuffings and the spray and the grit and the Doctors and the Nurses and the rebuilding of my teeth, but I cant come back. James Frey A Million Little Pieces -Ouh là, jai la tête sodomite. Le paysage se dévoile peu à peu à ses yeux. Embrumé, son esprit. Ebloui, sa vue met du temps à rendre net les images qui se forment sur sa rétine et il retrouve son je. - Mince, mes lunettes - Elles sont là, sur ton nez. Ma mémoire me revient peu à peu. Un livre, une sorte de conte de La Fontaine que jai sensiblement vécu, vraiment, ou sans sens dans les songes. Je me lève et je bouscule mon champ de vision. Il va vers cette rembarde qui se présente à moi. Constat: Je suis en haut de la tour Eiffel. Mon regard tombe. Je découvre les hommes en bas, comme des fourmis, occupés à leur charge quotidienne. Et je reprends contrôle de mes sens, de son corps. Un engourdissement qui métonne plus quil ne détonne. Jarrive enfin à mouvoir mon corps par les pieds. Je me dirige vers lascenseur et descends lescalier. Un contrôleur marrête et me demande un billet. Quoi? un billet de banque, un ticket dentrée, un bon de sortie? Je ne sais pas et ne trouve rien. Il reste dubitatif et attend ma réponse. Mais je veux juste descendre! Comment croyez-vous que je suis monté. Le lad lui répond Ce sont les règles. Vous devez avoir votre billet à tout moment sur vous. Et à combien sélève lamende? Il ny a pas damende. Vous devez avoir votre billet sur vous. Et me voilà donc en train de me dévêtir devant le contrôleur. On me dit que je dois avoir un billet, que je nai pas du monter ici telle une araignée. Jen suis maintenant persuadé, je dois avoir ce billet. Le gardien ne me laisse pas dautres alternatives de toute façon pas le choix. En caleçon sur le toit du tout Paris, enfin du deuxième étage de la tour Eiffel, le gardien perd


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Monday, 2 March 2026

Un Homme Pressé – Extrait 29

Un Homme Pressé – Extrait 29

sétait pas présenté depuis plus de deux semaines. Dailleurs, si elle le voyait, on la chargea de lui dire quil était viré. De retour à son appartement, elle prit un double des clés quil lui avait donné au cas où il perdrait les siennes. Elle descendit ensuite à la station de métro, sortit à sa station. Et elle entra dans son appartement. A lintérieur, les lumières étaient toujours allumées. Elle alla directement dans sa chambre, puis dans la salle de bain pour finalement le trouver inerte à son bureau, une mare de sang coagulée sous lui. Elle sapprocha, son corps était froid, ses yeux encore ouverts. Sous son visage, elle reconnut le livre, fut déstabilisée par cette scène. Aucune larme narrivait à sortir, des hauts le cur, elle tituba. Finalement, dans sa fureur de vivre, dans celle de comprendre livresse qui avait mené ce corps là, ou pour passer le sujet dans dautres mains, elle appela le 17. Le livre, quant à lui, retrouvait sa parure de mystère. Le dosage de pourpre sur les dernières pages accusait un trop plein, et tous les caractères seffaçaient dans des surimpressions confuses dun palimpseste ordinaire. Quant à Florent, elle se fit une raison. Au pire, il voyait la vie comme une introduction, la mort comme un rêve qui se réalise. Cest la vie, dautres portes lui ont fait choisir sa mort. Point final. La bible est un livre. Les livres sont faits pour raconter des histoires. Ils ne sont pas faits pour dénier aux gens le droit de vivre comme ils lentendent. Vis selon ce que tu sens, et ce que tu sens qui est bon, pas selon les histoires que te racontent les livres. The last testament of the holy bible - James Frey THE END STOP ... FACE B Se retenir décrire tout un instant, ne plus écouter, ne plus interpréter, ne plus participer. Ne plus, ne plus, né plus, en code neuneu plus plus. Une bouteille de cola pétillante à foison, une démagogie des bulles qui minquiètent. Ne plus, et puis, arrêter de respirer, de faire la poire, de vivre les sensations, de souligner les émotions, se laisser emporter. Et Oublier, oublier. Surtout oublier. Saloperie de cerveau qui remplit les blancs, ce con. Ceci est juste un brouillon un peu arrangé. Un composé athématique de donnees externes percues par mon corps et traitées en tant que telles. Discuter par un corps comme une vulgaire machine a traitement. Mon propre corps, mon ame propre, un cercueil en velours pour des idees confortables. Je vous souhaite la bienvenue dans ce document Word, merci Microsoft. The Young Man came to the Old Man seeking counsel. I broke something, Old Man. How badly is it broken? Its in a million little pieces. Im afraid I cant help you. Why? Theres nothing you can do. Why? It cant be fixed. Why? Its broken beyond repair. Its in a million little pieces. James Frey A Million Little Pieces Cette jeune personne se rendit vers ce vieux sage pour prendre conseil. Jai cassé quelque chose, mon vieil ami Dans quel état cette chose se trouve? Elle est cassée en millions de petites pièces. Je pense ne pas pouvoir taider. Pourquoi? Il ny a rien que tu puisses faire. Pourquoi? On ne peut pas la réparer. Pourquoi? Cest cassé au-delà de toute réparation possible. Cest un tas dun million de pièces. Une chance sur deux En une ligne. Voir le verre plein, mi-plein, mi-vide, boire le verre vide. Ca passe ou ça casse. Tout bonnement, une chance sur deux. Ce récit pourrait sarrêter là dans la personnification dun moment de vie que lauteur, tiens oui, moi, a voulu lui donner. Mais ce roman prend lopportunité du stylet sur le papier. Il a une chance sur deux de continuer plutôt que de sarrêter. Que de sarrêter dans un chemin sans issue tortueux, la tête, le poignet au dessus dune page blanche. Une chance sur deux. Pas un risque, pas un danger, pas à


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Un Homme Pressé – Extrait 28

Un Homme Pressé – Extrait 28

Quel processus? Florent ne veut pas gaspiller ces chances, il y a forcément des indications quelque part. Puis il se pose une question, la question, la plus con qui soit: A quoi cela servirait décrire un livre que personne ne peut lire? Durant linquisition, durant la résistance sous la deuxième guerre mondiale, les codes avaient une clé et leur destinataire pouvait les déchiffrer. Alors code? Gabrielle vous envoie ses amitiés, Gabrielle vous envoie ses amitiés Un message, avant dêtre fait pour être déchiffrer, est fait pour quelquun. Là, qui était le destinataire? Qui sont les destinataires? La curiosité, lenvie de savoir, lenvie de tout savoir, voir juste ça, ce que ce livre contient. Ce livre cache-til une autre utilité? Et ces tâches, ces tâches, ces tâches Une idée lui traverse lesprit, il sassoit à son bureau. Lapocalypse nest pas un acte gratuit, il faut donner de soi pour saisir son essence. Elle pouvait se révéler à la personne qui saurait donner de lui. Il pense faire ça. Sur dix millions dopportunités, il peut aussi choisir celle-là. Lignorer, aussi. Oui, mais si cest la bonne. Les remords pouvaient laisser son esprit tranquille, peut-être avec des conséquences malheureuses. Mais les regrets, quest-ce quil restait après des regrets? Un corps livré à lui-même se posant éternellement la même question: et si javais fait ça? Rhésus O positif, donneur universel, il pense possiblement porter la clé en lui-même. Ces tâches révèlent un peu de ce contenu, elles ne pouvaient être le fruit du hasard. Décidé, il prend un couteau dans la cuisine, et se coupe dabord le bout du doigt. Florent laisse ensuite quelques gouttes de sang perler sur les pages du livre. La réaction, sil doit y en avoir une, se fait attendre. Si la vie dun homme se mesure à la variété des épisodes qui la composent, la sienne comptait probablement parmi les plus riches. Haruki Murakami 1Q84 Livre I Mais quel con, bien sûr que ce nest pas le bon moyen. Tant de siècles qui se sont passés, tant de siècles qui ont fait couler tant de sang. Même dans une église, cette pluie pourpre aurait atteint ces recoins. Ce livre avait échappé aux incendies, aux inondations, aux maladies, aux mains piégeuses, alors, pourquoi pas? Il se pose la question en observant plus fixement luvre de son sang fraîchement déposé sur cette première page. Les gouttes de sang ne semblaient pas sêtre comportées comme elles le faisaient normalement sur une feuille de papier classique. Immobile. Il prend le livre, le met à la verticale, plus rien ne bouge. Le sang portait les couleurs du rouge vif encore liquide, et rien ne transpire. Son regard est maintenant obnubilé par ces taches rouges. Elles sétendent sur le papier dans une danse très muette et diablement immobile. Et puis, un semblant de mécanique lui rappelle ses souvenirs de physique. Une autre couleur prend lascendant sur le pourpre. Une fois la couche protectrice imbibée, un caractère, puis un autre, puis un autre, se révèlent. Enfin, un caractère Plutôt des symboles, des dessins qui apparaissent devant ces yeux. Oui, un rébus représentant des images simples. A chacun, un sens unique en ressort. Et il comprend ce sens sans problèmes. Lenvie den savoir plus lui tient les entrailles. Sourire aux lèvres, yeux grands ouverts, il souvre le poignet au-dessus des pages, résolu comme jamais il ne lavait ressenti. Tout prend enfin place devant ses yeux. logue La vie éternelle a dimension humaine. , tu ne dis rien. Mais cest un silence plus dur, plus pesant que la moindre plainte! Léna Virginie Deloffre Sarah le retrouva deux semaines après. Elle avait lhabitude de le savoir parti longtemps, sur un coup de tête, mais là, il ne lavait même pas tenu informé avant ou durant son voyage. Elle avait appelé son travail. Il ne


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Sunday, 1 March 2026

Un Homme Pressé – Extrait 27

Un Homme Pressé – Extrait 27

tombe du bureau. Le lendemain, il rassemble les pages sous la couverture. Il ne fait pas attention à son activité, lorsque subrepticement, sa main caresse la couverture. Couverture qui porte, lui semble-til dès lors, une inscription. Etait-ce là avant, à labri des yeux qui dévisageaient trop le visage de ce livre à la recherche du détail. Etait-ce un autre mécanisme de boutons poussoirs qui faisaient ressortir ce relief de la couverture? Lui, la personne qui devait être la plus avancée dans létude de cet ouvrage, car la seule, lui-même reste dans lincompréhension totale de ces conjugaisons dun temps passé. Il sautorise néanmoins un sourire face à cette découverte. Quand on se tire les poils du nez, on a les yeux qui pleurent. Sous ses doigts, il ferme maintenant les yeux et effleure une seconde fois, avec attention, le relief de la couverture. A laide dune feuille blanche et dun crayon de papier, il découvre linscription dun titre. ÀÅÈÂ Towards the dark side of the moon Du grec ancien qui fait de suite sonner quelques cloches de cet alphabet dans sa tête. Il énonce ce qu il a écrit à voix haute. Dubitatif, il se met à se remémorer ses cours de catéchisme, beaucoup plus jeune, alors quil suivait le thriller de la vie de Jésus Christ. La vie est un long fleuve tranquille du temps de lantique Palestine et de la rivière Jourdain. Lapocalypse, donc. Il cherche plus loin en tapotant deux, trois mots clés sur le service internet à lunette. Dans cette religion, dans sa religion, le livre de lapocalypse est aussi connu sous le nom de La Révélation de Jésus-Christ. Elle fut écrite au premier siècle, par un des apôtres, par Jean, ou un autre Jean, ou un tout autre inconnu. Comme beaucoup de choses appartenant au passé, les livres, les pages quaffiche son navigateur internet, regorgent dinformations plus ou moins véridiques sur ce sujet. Loin de la prophétie maya de la destruction totale de notre monde fin 2012, loin des catastrophes massives véhiculées par les films hollywoodiens, il découvre alors que cette apocalypse prend son sens dans un bain plus tranquille, une révélation, une simple révélation. Le but? Dévoiler, dévoiler un début de réponse. Réponse à une question très générale: quel est le sens de ? Il lui suffirait alors de remplacer les trois fantastiques par ces inconnues existentielles qui ont peuplé les grandes heures de la psychologie moderne. Sa curiosité sen pique dautant plus. Toute essence humaine prendrait alors son sens, total, entier. Et nous connaitrions la route suivie, et enfin la route à suivre, les réponses à toutes ces questions de lexistence humaine du pourquoi du comment, du sommes-nous seulement physique, ou, une bonne fois pour toutes, sommes-nous ici pour réaliser une uvre plus grande que nous tous? Mais, comment révéler ce sens contenu dans ce livre, un sens invisible, un sixième sens incompris? Quand ce média porteur se cache à vous, quand toutes les entreprises pour le découvrir mènent à une impasse. Et quand un tel ouvrage intitulé Apocalypse na pas dauteur reconnu par tous dans cette religion. De lapocalypse à lapocryphe littéraire, le raccourci peut être pris rapidement. Mais, ne serait-ce pas trop facile? Toutes ces pages blanches, tout ce rien. Ce blanc jaune qui attire la lumière. Il y avait ce petit plus. Le volume, même incomplet, désire ses yeux, et, au quotidien, son regard ne sen décroche jamais pour longtemps. Il les avait remarqués depuis sa première observation du livre. Il ne sy était pas arrêté plus longtemps. Disséminées sur ce blanc, quelques tâches stigmatisent louvrage. Ces tâches qui paraissent venir du passage du temps. A quelques endroits, il reconnait un mélange de sang, de suie, et de poussières graisseuses diverses, et des caractères qui se révèlent. Quel produit?


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