Un Homme Pressé – Extrait 30
pas. Adolescent, je me suis retrouvé à la porte dun avion Pilatus, 1200 mètres de hauteur, et ne restait plus quune chose à faire. Sauter, ou rester. Rester en toute sécurité dans cet avion semblait bien moins dangereux, mais bien plus compliqué. Mon regard sest porté sur mes pieds. Pieds qui reposent dans le vide dun air bien plein et qui sen fout. Sauter ou pas. Pas la peine de réfléchir plus longtemps, mon corps est déjà dehors. Une chance sur deux. Pas trois pour cent de risque que mon parachute ne souvre pas, même pas un pourcent. Pour la satiété de lesprit, pour la tranquilité de la décision prise, cinquante pour cent. Et quel pied. Donc la marche de ce récit continue dans un sens qui part à contre. Parce que les sondages ne disent rien de plus que ce que veut dire la question, un livre pas plus que votre inspiration, et puis surtout parce quil y aura toujours des risques pour enfin se sentir vivant. Etre exposé pour avoir le choix au minimum de construire ces défenses immunitaires. Je ne veux pas de ce monde stérile, de ces règles faîtes par dautres pour régir ma vie. Passe ou Casse. Sauter du P au C et revenir au P. Cest facile. Une chance sur deux. Pile, tu es ma face. Face, tu mhorripiles. Peu importe ce que tu as fait, ne renonce pas. Luxe, Calme et Volupté Retour vers le futur du présent consistant Le paysage se dévoile sous lhumidité des yeux qui souvrent. Une tâche blanche, un point de référence, puis un autre, puis une figure, puis deux couleurs, puis trois détails, puis de plus en plus net. I start to fade into a state of white consciousness where I am no longer directly connected to what is being done to me. My arms are no longer my arms, my legs are not my legs, ( ). My body is no longer my body. There is white. Everywhere there is white. There is agony. It is agony that is unfathomable. I try to will myself back to reality and back to the drills and the vacuums and the instruments and the cotton stuffings and the spray and the grit and the Doctors and the Nurses and the rebuilding of my teeth, but I cant come back. James Frey A Million Little Pieces -Ouh là, jai la tête sodomite. Le paysage se dévoile peu à peu à ses yeux. Embrumé, son esprit. Ebloui, sa vue met du temps à rendre net les images qui se forment sur sa rétine et il retrouve son je. - Mince, mes lunettes - Elles sont là, sur ton nez. Ma mémoire me revient peu à peu. Un livre, une sorte de conte de La Fontaine que jai sensiblement vécu, vraiment, ou sans sens dans les songes. Je me lève et je bouscule mon champ de vision. Il va vers cette rembarde qui se présente à moi. Constat: Je suis en haut de la tour Eiffel. Mon regard tombe. Je découvre les hommes en bas, comme des fourmis, occupés à leur charge quotidienne. Et je reprends contrôle de mes sens, de son corps. Un engourdissement qui métonne plus quil ne détonne. Jarrive enfin à mouvoir mon corps par les pieds. Je me dirige vers lascenseur et descends lescalier. Un contrôleur marrête et me demande un billet. Quoi? un billet de banque, un ticket dentrée, un bon de sortie? Je ne sais pas et ne trouve rien. Il reste dubitatif et attend ma réponse. Mais je veux juste descendre! Comment croyez-vous que je suis monté. Le lad lui répond Ce sont les règles. Vous devez avoir votre billet à tout moment sur vous. Et à combien sélève lamende? Il ny a pas damende. Vous devez avoir votre billet sur vous. Et me voilà donc en train de me dévêtir devant le contrôleur. On me dit que je dois avoir un billet, que je nai pas du monter ici telle une araignée. Jen suis maintenant persuadé, je dois avoir ce billet. Le gardien ne me laisse pas dautres alternatives de toute façon pas le choix. En caleçon sur le toit du tout Paris, enfin du deuxième étage de la tour Eiffel, le gardien perd
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