Un Homme Pressé – Extrait 31
patience Et votre sac là-bas, rien dedans? Mon sac? Vous voyez dautres personnes ici à part vous et moi? Florent se retourne et part récupérer le sac sus-mentionné. Mais cest un parachute Mais cest bien votre sac? Bon moi, mon service est terminé. Désolé, je vais devoir vous enfermer ici ce soir. Sans me laisser le temps de répondre, le gardien se retrouve de lautre côté de la grille et pense pour lui-même, ou à haute voix, il ny avait personne ici. Bon, ça me permettra au moins de faire mon rêve de gamin. Mais pourquoi ny avait-il personne dans ce chef duvre de lexposition universelle? On en parlait partout, on vendait des cartes postales, des portes clés, des jouets pour chien. Mais personne. Jenfile les cuissardes et les bretelles du sac, ferme la lanière de sécurité à travers son torse. Ainsi harnaché, jaccueille le crépuscule avec un sourire aux lèvres. Extatique. Bon, une chance sur deux. Je monte sur la grille Est, faisant ainsi face, profil et dos au tout Paris. Tout Paris qui semblait mignorer. A travers les enchevêtrements de tiges métalliques, je me fraye un passage, sort la tête en dehors de la structure, puis les bras, puis les jambes, biens en appui. Alors que le crépuscule teinte la Seine dorangée, mon regard fixe limmensité du dehors. Je frôle le désastre de la chute à chaque coup de vent. Coup qui me déstabilise avant davoir les couilles de menvoyer en lair. Nimium ne crede sin colori. Couleur du ciel, coloration du temps, détrempage des nerfs, sensations du vent. Tant et tant et tant et fffffffff Tout se passe au ralenti comme je lai souvent rêvé. Stable alors que la vitesse ne me le permet pas, je tire dun coup mon déclencheur. Le zoom avant me tire soudainement en arrière, et je me ballotte au dessus des voitures, au dessus des gens, au dessus des histoires, au dessus de lhistoire. Arrondi. Je prends les commandes et les tire à mes genoux avant dembrayer quelques pas de courses pour laterrissage. Les gens alentour avancent sans me porter attention, des zombies bien éveillés et baignant dans une clarté aveuglante. Un visage se tourne. De suite, je suis à la page. Libéré de mon sac, je la rejoins. Quest-ce que tu fais là? Elle me regarde et me sourit. Son parfum toujours aussi inconnu embrume ses sens dans une ouate délicate et bienvenue. Dans ce silence, elle me prend la main. Ainsi, veni dans la pieuvre parisienne. Silence. Tout nest que silence autour de moi. Le monde ne manque pas à lappel. Appel quil ne fait pas, comme un aveugle qui développe le sens du toucher, je me concentre pour saisir ce qui saffiche sous mes yeux. Tout sourire, tout en larmes, tout en blanc, tout symbolisait le tout. Les visages épars affichent des vérités que je mempresse de déchiffrer. Si je suis dans un roman de Marc Levy, il serait intitulé où es-tu? Si je suis dans un de Carlos Ruiz Zafon, jai enfin la consistance de lair qui décrit la musique sans se laisser attacher. Ah oui, jexiste. Cela ne maide pas à figurer sa position. Toujours est-il, ils cheminent ensemble, en silence, en harmonie semble-til. Arrivé devant Notre Dame, une quidam immortalise ce moment dune photograhie. Cette dernière agrémente leurs boissons chaudes prises dans un café non loin.Puis vient lheure de partir. Lheure, il regarde son poignet, ne voit pas de montre, il regarde autour de lui. Oui, le temps sest éclipsé. Je suis partout. Je suis nulle part. Jexiste. Tout simplement. Il ferme les yeux et sendort pour ce qui lui paraît être une nuit. Ddddddddrrrrrrrrrriiiiiiiiinnnnnnnngggggg Enfer, Agression et tous les écrans allumés. Le réveil résonne dur dans un tintement de cloches qui semble venir de nulle part ailleurs que son oreille interne. Debout. Et déjà, je sens un changement. Mon cerveau. Il narrête pas de mouliner. A
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