Un Homme Pressé – Extrait 6
se tait et boit sa bière. Une des femmes, pointant le livre quil avait dans les mains, linterroge alors que leurs regards se croisent: - Cest bien le guide du routard. Vous êtes Français? Vous êtes perdus? Il sintroduit avec eux et répond par des questions. Sur eux, sur ce qui les avait amenés ici. Les membres de ce groupe sétaient installés ici il y a une dizaine dannées, dautres plus récemment. Tous vivent dorénavant ici à temps plein. Et on lui pose la question quil attendait: - Et vous comptez dormir où ce soir? - Je ne sais pas. Ce matin, je comptais arriver à N'dangane. Je vais rester ici. Vous connaissez des adresses? Ils soccupent de sa préoccupation rapidement, et une fois le marché conclu, le directeur, de lhôtel où il allait loger, dit à lassemblée: - Ecoutez, allons finir la soirée chez moi. A cette époque de lannée, la saison touristique continue de se draper dinvisible. Au bon endroit, au bon moment, le gite lui est offert. Plus quun domaine, un petit paradis. Une fois arrivé, Florent profite toutes mirettes dehors de la vue depuis cette colline dominant le siné saloum encore bien loin. Puis il rejoint le groupe pour continuer la soirée au bar de lhôtel. Le gérant lui remet les clés dun des bungalows, et sorganise pour quune des voitures laide à rejoindre Mbour le lendemain. Eméché, fucked up a little, il les remercie et se retire dans son logement. - Merci. A demain alors. Transhumance de lâme La matinée arrive, chargée de toutes ses promesses. Sur son trente et un de randonneur, il rejoint le bar. On lui sert un petit-déjeuner. Il échange ses contacts avec les hôtes et suit Marcel, son chauffeur. Equipé de son barda, le 4x4 lemmene au carrefour de Mbour, juste après Saly. A la gare routière de cette ville, Il attend la mise en mouvement dune 505 break, couleur marron cette fois. Cest fou comme la banalité prend de plus en plus demprise sur lui. Des moments très communs pour les autochtones sinscrivent dans la splendeur du renouveau chez lui. Cette fois, le véhicule sagrémente de manière variée, une poule lui picore le coup. Pas encore arrivé à destination, le chauffeur lui fait prendre un détour. Il va toujours vers le Sud, le soleil le lui rappelle, et cette fois il sera déchargée à Samba Dia. Plus il avance dans le sud, plus il semble quil découvre des villes de plus en plus petites, de moins en moins peuplées, de plus en plus vivantes. Le chauffeur lui avait dit de ne pas sinquiéter. Il le lache ici mais même si le coin paraîssait perdu. Toutes les voitures dans la direction du sinè saloum passaient par ce croisement. Aucune autre option? Non. Rien, au revoir et bonne chance. Mieux que rien, et la roue redémarre. Bonne chance, oui. Il aime aller à sa rencontre, et plus dune fois, elle sétait écartée de son chemin. Mais pas maintenant, seul un épisode de pluie vient ponctuer son attente. Quest-ce qui lui avait pris de venir au Sénégal en Septembre A Samba Dia, il parcourt rapidement les lieux, se remplit la panse et décide de revenir au carrefour, où il sasseoit sur un banc à labri. Hyperactif, il se renfrogne dans sa coquille et sort juste de son repaire au bon moment pour devenir visible et interpeller les voitures qui passent. Au bout dune heure, ses efforts sont récompensés. Cette fois, cette voiture lemmène aux portes du Siné Saloum, à NDangane. Enfin. Une journée pour rejoindre NDangane de Mbour. Dans un contexte européen, il entendrait déjà les plaintes, tout autant de klaxons qui ne trouveraient pas doreilles à qui parler. Mais là, rien de tout cela. Le quotidien sécoule au naturel sans que rien ne paraisse hors des normes. Sans sourciller plus, il sadapte donc à ces dernières. Cest déjà ça que les rides nauront pas, quil se dit pour garder un entrain. A NDangane, il part de suite en
⬅️ Extrait précédent | Extrait suivant ➡️
🔖 Labels : Un Homme Pressé, Un Homme Pressé – Extrait 6