Wednesday, 18 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 5

Un Homme Pressé – Extrait 5

rythmes que sa partenaire imprime de ses hanches. Le corps parle, lesprit sendort. Non, il sévade. Les vices cachés dune voiture décalquée. Blanche-neige sintroduit dans son cerveau, les sept nains apparaissent pioches à la main. Il bande, il sévade enfin de son cerveau. Combien de temps, combien de temps? Tant et si peu quil en oublie les respects du gentleman pour retrouver ceux de lalpha-mâle. Une route en dur, un arbre marqué du sigle de lunion africaine, il revient à son hôtel. Transhumance des corps Se rendre au Siné Saloum, plus facile à dire quà écrire, peut-être. Rejoindre cette route parmi les nomades nest pas chose aisée. Surtout pour lui, qui, pourtant de retour sur ce sol, a du mal à oublier le la de ses références européennes. Il est parti tôt vers la gare routière Pompier. Là-bas, sa tchatche francophone laide un peu, ses bases de wolof beaucoup moins. Finalement, il réussit à prendre place sur un des sièges arrière dune Peugeot 505 couleur bleu foncé. Faute de mieux, il se fait une place pour être sur de ne pas être oublié, et il attend, attend, attend. Un riff retentit. Des pistolets et des roses peuplent la nef de son cerveau par écouteurs interposés. Et il attend. Attendre, parce quil manque trois personnes pour remplir la voiture. Pas forcément comme ailleurs, les taxis ne travaillent pas à capacité réduite. La voiture a, ici, ce symbole de sociabilité au-delà du pouvoir de partage, au-delà de ces paysages, de ces vies, que dautres ignorent. Elle regroupe, elle assemble, elle compose un voyage à part entier. Patient, Florent imagine donc Tic courir vers Tac sur la bande son dune batterie, et il regarde les aiguilles de sa montre. Il verrait bien ces deux écureuils finalement se rencontrer une bonne fois pour toutes plutôt quà un croisement sordide chaque heure. La dimension dune éternité où les heures passent, où Tac continue dignorer Tic à intervalle régulier et donc Florent continue de les ignorer. Par ennui, non, il décide de se tourner vers les autres passagers qui ont pris place. Enfin, la voiture démarre. Elle emprunte les rampes de sortie de la capitale. Sous les roues du carrosse, Florent apprécie les dons de transformistes du bitume. Les embouteillages permanents refoulent un mélange pétillant quest la circulation routière. Les voies deviennent piétonnes tant les vendeurs ambulants les parcourent. Il ny a pas de mauvais endroits pour vendre. Tant mieux, il a oublié dacheter une carte SIM pour son téléphone portable, en profite aussi pour acheter de leau. Le temps, lui, continue de sécouler. Si bien quil se met à divaguer dans dautres questions existentielles. Celle du moment: sur le nombre descargots qui les dépasseraient à cette allure. Dailleurs, y-avait-til des escargots sous cette chaleur? Ici aussi, non? Finalement, le taxi ne peut se résoudre à continuer. Florent est le dernier passager et NDangane très, trop, loin. Le chauffeur lui indique quil se rendra à Popenguine. Assez loin, mais pas trop prêt pour avoir des remords. Et Florent descend du taxi, alors que le crépuscule fait de même sur la journée. Il est arrivé. Où? Il ne sait pas encore. Donc, il se promène au gré de son envie. Tiens, sur la plage. Dans un des nombreux coins paumés que le monde ne sait regarder plus dune fois, il se met en recherche de vie. Dans la pénombre, il ne distingue rien et ne sent pas laise dagresser les visages des gens de sa voix dans lobscur. Mouvement solitaire à la recherche du solidaire. Que faire quand il fait nuitet quil pleut? Aller là où il y a de la lumière. Il vadrouille sur le bord de plage et porte son regard vers les bars ouverts. Dans la ville au Jésus noir, il trouve ainsi ce bar rempli dactivité, il semblerait. A lintérieur, il sattable et entend quon parle français non loin. Florent


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