Un Homme Pressé – Extrait 3
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Dans les starting blocks
Un an et demi auparavant Huit heures moins dix, Florent fait ses valises: - Tu prends trois caleçons, trois paires de chaussettes, deux tee-shirts, un pull, un bermuda et un pantalon. - Merci, la petite voix, mais toi tu restes ici. Il en a ras la couette du quotidien à nen plus finir du cot-cot régulier. Suite à ce message reçu il y a quelques jours, son avion partait dans la matinée, et lui avec. - Le tout attendra. La petite voix revient: - Mais pourquoi tu y vas? On n est pas bien ici, tous les deux.
- Je dois y aller. Tu connais ma curiosité, je ne tiens plus en place. Ma place est dans le mouvement. Aller lá-bas.
La petite voix: - Oú tout est neuf et sans grillages
- Pas exactement mais les trois petits points posent bien les fondations. Je sais, je sens, que je dois y aller, je dois comprendre ce quils ont trouvé. - Pas la première fois que tu me laisses au débarras Et ça tapportera quoi cette fois? - Pas grand-chose jusqu'à présent. Toujours le prochain coût. Il suffirait juste que je sois à la bonne place au bon moment, qui sait? - Oui, donc Rien, nada, nichevo et tu continues de te bercer dillusions à penser quun plus grand destin tes promis. - Ta gueule. - Cest toi qui parle. - Je sais. Pas la peine de m emmener réfléchir, jai besoin d actions et de te débrancher un moment. PIERRE Petit à petit Knocking on the door, he stands even. Passeport. Il tend son passeport à l officier qui appose rapidement son tampon après avoir trouvé une page vierge. Il rejoint les tapis roulants et retrouve son bagage.
Et il avance. Et devant lui Rien ne le retient, l aéroport est vide, personne pour l accueillir. Il retrouve le distributeur bancaire et retire quelques liasses de papiers. Et il avance. Dehors. Son bras droit se lève. Taxi? Passées les péripéties du voyage, particulièrement les 3000 francs CFA de cette première course, il s épargne les calculs des suites possibles. Il se couvre dans ce calme et réveille sa conscience peu après avoir rejoint le centre de Dakar. Là, il retrouve des airs d antan. Une foule qui part dans tous les sens, les voitures qui cherchent leur chemin au travers des piétons, les bazars tous les cinq mètres. Son sac ne l handicape pas dans ses pérégrinations. Arrimés sur son dos, il le suit, et lui s arrête près d un square profiter d un flux et de son reflux qui s offrent ensemble devant ses yeux. Il s arrête sur une devanture, prend un café Touba. Et repart le long de la rue Joseph Gomis. Là, il demande à un passant sil veut profiter dun taxi vers Guediwahe. Ce dernier en arrête un rapidement, et ils s en vont vers cet ailleurs un peu plus loin. Le paysage des mamelles, celui des corniches, celui du centre-ville, laisse alors place aux charmes de la banlieue est de Dakar.
Arrivé au centre de Guediwahe, près d une mosquée qui avait marqué sa mémoire, Florent remercie le chauffeur et son compagnon de voyage. Ensuite, il vagabonde dans la faune humaine bien vivante de cette flore urbaine. Miam, ça sent bon le dépaysement. Derrière ce coin de rue, quoi? Surprise sans prises, dans l air du vent, dans le rythme de son temps. De son arrivée dans le sas de décompression qu était laéroport Léopold Sédar Senghor, ici, il s imprégne enfin des humeurs locales. Lui, tout blanc, se retourne vers son autre lui et réfléchit. Là, il comprend une nouvelle fois la teneur inconsciente dun léger racisme. Le temps vire à l hivernage, et les touristes se font rares, surtout dans cette partie de Dakar. Même lui voit bien l exception qu il porte en lui. La différence attire. Si on faisait une photo, il en ressortirait bien vite dans le regard du spectateur. Pas pour lui déplaire. Equilibrer les mots.
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