Saturday, 28 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 25

Un Homme Pressé – Extrait 25

encore, ces frêles reliefs avec la faim du nouveau-né. Il ne sait plus où ils sétaient rencontrés, il ne cherche plus. Le soir de son premier vernissage, Il la découvre égale à elle-même. Dans lapproximatif plutôt que lexpectatif. De loin, il la voit virevoler et semer les sourires là où son mirage la précédait. Une discussion succincte et elle sen va vers dautres horizons. Une danse particulière. Comment retenez-vous lair? En continuant de respirer? Dans un ballon? Tant mieux, le ballon maintenant gonflé continue de planer. Porté par toutes ses rencontres. Saute-mouton Pourquoi continuent-ils de sauter, ceux la? Depuis ce vernissage, il passe dun mouvement, dun seul à travers les semaines, en sautant au-dessus des jours, jonglant avec les heures sur la piste dun calendrier mal arrangé. Pouvoir dun quotidien inflexible, aucune liberté de mouvement, il le sait, ne soffre à lui sans assurer ses arrières quelques temps. Il se demande enfin sil était bien de garder ce livre pour lui-même, il pourrait chercher des experts. Il pourrait rameuter les troupes. Ca ne lui ressemble pas. Il sent que ce livre lui est maintenant adressé, à lui, personnellement. Une personne motivée peut avancer plus vite quune armée ennuyée. Egoïste, il la toujours été. De là à priver lhumanité de ce livre? Son jugement est vite fait. A défaut de pouvoir décrypter ce livre, il se réjouit de laventure que cet incompris lui aura permis de vivre. Pour changer dair entre les mêmes murs, il en profite pour lire dautres livres, clairs et concrets eux. Là, le tome junky dAugusten Burroughs, et dès la dernière page consommée, a million little pieces de James Frey. Le monde des drogués lappelait, ce monde lui susurre une route à suivre pour sen sortir: Une fois quon est tombé dedans jusquau point de sentir le manque, il nest plus question de pouvoir sen sortir. Pas de sortie. Cela résume bien sa situation. Il a un gros point dinterrogation en forme de livre dans sa tête. Il aurait pu tenter de lignorer, la curiosité lemporte toujours. Pas une journée ne se passe sans quil ne tente sa chance pour trouver la combinaison gagnante et réussir ce défi. Beaucoup jouent à la loterie, il a trouvé la sienne. Il tourne sur lui-même. Il le sait, mais il ne peut que prendre cette perspective de lhomme du bord extérieur de Rodrigo Fresan. Comme une toupie, il continue de tourner en rond et, à prendre ses distances sur lui-même, il peut vivre avec joie le quotidien. La toupie revient dans son champ de vision, toujours elle, toujours cette même toupie. Comme les planètes du système solaire, elle tourne et continuera de tourner jusquà ce quil trouve le moyen dorienter sa route. Cette toupie effectuait ses révolutions sans aucun autre but dans son existence que de tourner et se rappeler à lui. Son agenda indisposé apporte alors un carton dinvitation. Sarah le convie à assister à une conférence sur les langages sacrés dAsie avec pour point de départ une attention sur lInde et les alphabets décorés du sanscrit et du pâli. Durant la présentation, durant les discussions qui suivirent, il sintéresse au sujet. Les origines de ces langues séloignent tellement du microcosme culturel européen. Et puis, dans sa recherche aussi, la vérité est ailleurs, le livre pouvait venir dun autre continent. Tant de suppositions, un sol meuble dhypothèses. Tout recommencer sous ces nouvelles lumières. A la fin de la conférence, il saisit loccasion pour prendre Sarah à part. Le livre blanc revient rapidement dans la discussion. Sarah possède quelque chose pour lui. - Tiens, Helen ma envoyée de ses nouvelles. Je lui avais transféré des photos du livre. Un internaute est revenu vers elle, un américain, puis un japonais, puis un russe. Laméricain se rappelle avoir vu cette page dans son université,


⬅️ Extrait précédent | Extrait suivant ➡️

🔖 Labels : Un Homme Pressé, Un Homme Pressé – Extrait 25

Un Homme Pressé – Extrait 24

Un Homme Pressé – Extrait 24

Ce soir, il cherche plus loin et tapote: légendes livre blanc, histoire livre blanc. Les résultats insensibles affichent des sources diverses, tantôt des articles sur un chevalier blanc, tantôt sur un livre blanc des arts dans lhistoire. Tourner en rond, il peut le faire. Avec Internet, il peut tourner en rond puissance un milliard. Même un milliard de secondes ne lui suffirait pas. Devant les perspectives de ce milliard, il change de points de vues dans son mode de recherche. Il ouvre le livre et photographie une des pages du volume, la rentre sur tineye, puis sur google images, puis de retour sur tineye, et continue dappuyer sur search. Ses yeux, désormais continuellement fatigués, contemplent une image, une légende. Lune après lautre, puis par lot de dix, puis sous dautres perspectives, puis avec une photographie sous dautres éclairages. Les résultats deviennent enfin plus probants. En effet, après quelques soirées dinvestigation sans laide de Mr. Watson, il trouve quune de ces feuilles inconnues, des dimensions quil recherche, était à la vue du public dans le musée dune université en Virginie. Comme toute avancée, le quotidien le retarde un peu, fort heureusement. Eloris linvite pour louverture de sa première exposition. Ce soir, il y a au moins un truc dintéressant dans sa pile de courriers inintéressants. *** On nota de ici et là la présence de milliers de gens extraordinaires comme Arthur Rimbaud ou Georges Brassens, capables de vivre en résistant aux chocs, de remettre les compteurs à zéro sans faire tout un foin. Féerie Générale Emmanuelle Pireyre Ils étaient sortis ensemble de longs mois, juste avant que lidée daller au Sénégal, pour elle ne sait toujours pas quelle raison, ne le prenne. Depuis, plus de nouvelles. Un tome un, sans tome deux. Compris, il avait compris la leçon. Un couple heureux a besoin de trois choses, entre autres, pour le rester: Bien baiser, bien parler, et des projets communs. Deux sur trois, à la fin, ça lui a laissé la douce amertume de cette leçon particulière. Artiste, Eloris vit pleinement ses créations. Dans le présent. Pour elle, linspiration ne vient pas dailleurs, elle devait la vivre. Vêtue détoffes soyeuses qui volaient au vent, elle maîtrise son apparence de belle manière. Pour Florent, elle glissait dans la vie et navait de conscience que pour le moment présent. Demain est trop tard, hier était déjà passé. Florent se rappelle avoir adoré participer à cette liberté. Ce qui est donné à l'oeil est enlevé à la main. Michel de Certeau La culture au pluriel Au début. Puis, elle le poussait de plus en plus pour plus de surprises, toujours plus détonnements, une insatiable envie de surprises et de spontané. La routine bien tabulée, tout comme un manuel de téléphone portable, lennuyait. Au fur des mesures, cela devenait de plus en plus compliqué. Et au détour dune pause café, tout de go, Florent lui avait dit quil ne pourrait pas se contenter de lui faire lamour quune seule fois. Cette honneteté avait brisé le charme. Trop tôt. Un poids mort qui transporte dans les bas-fonds de la mer du réalisme. Eloris sentit ce nud raffermir ces attaches quelle ne désirait pas. Dans sa route à lencontre des surprises, rien ne larrêtait, elle avait lalcool heureux, sortait souvent, essayait des composés de toute sorte, juste parce que le nom chimique ou commercial lui plaisait. Et Florent la suivait, car il aurait encore moins compris ce qui se passait sinon. Et face aux questions, il préférait être spectateur des réponses. Résultat, il ne se souvient pas dun moment particulier avec elle. Plutôt une somme non définie de moments confus, un gloubiboulga quasi mine de rien, une insouciance privilégiée. Il était en extase devant ses cheveux, adorait sa poitrine au point dhonorer, encore et


⬅️ Extrait précédent | Extrait suivant ➡️

🔖 Labels : Un Homme Pressé, Un Homme Pressé – Extrait 24

Friday, 27 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 23

Un Homme Pressé – Extrait 23

Il sévertue donc à défendre son maigre gagne-pain. *** Cette tâche demande beaucoup plus defforts quil ne le pensait initialement. Et durant les journées qui suivent, il commence par prendre ses vieux dossiers, stockés dans une de ses clés USB datant dil y a plus de dix ans. Il y cherche des sujets quil avait déjà traités hors de son travail. Tiens, pourquoi pas, un fichier sur le consumérisme écrit alors quil éditait un journal sur papier, en libre service pour ses connaissances estudiantines. Dune nouvelle manière, il cuisine alors la sauce des vingt-six lettres de ce document. Il lui faut plus. Et surtout dautres ustensiles que son imagination, il lui faut des faits réels, du présent pour accrocher le lecteur. Il part acheter trois feuilles de choux au tabac en bas de chez lui. Maintenant, il est prêt. Dans ce nouvel état desprit, il effectue cette cuisine avec les condiments du buzz du moment: un peu de théorie du complot, un peu de principes de précautions, le tout saupoudré danecdotes et de témoignages quil glane sur le net. Après avoir avancé sur ces dossiers, il envoie le document réédité bien mis en page à son chef. A la fin de la quatrième journée, il remet son blog à jour. Son cerveau nen peut plus des mots, et cest naturellement que ces nouveaux billets se composent plus dimages que de textes. Il prend tout de même le temps de raconter les sensations touristiques des dernières étapes de son voyage, mettant laccent sur les beautés cachées de Budapest, retraçant lhistoire des icônes orthodoxes depuis deux cents ans. Une pause dune heure tout au plus. Déjà, le capharnaüm alentour le rappelle à lordre. Les factures se laissent aller sur le perron de sa réception. Le sujet-verbe-complément de sa prochaine activité. Le prélèvement automatique lui permet de ne pas se soucier des courriers administratifs. Pourtant, confiant mais pas trop dans ce laisser-aller aux services tiers, il ouvre une des lettres de sa banque. Son regard se pose directement sur le solde final, et il sefforce de regarder les opérations en attente. Il fait un calcul mental rapide. Quelques économies encore, pas grand-chose, pas de quoi voyager à Tombouctou. Mais ces économies lui offrent au moins de quoi fleurir le quotidien encore un mois, ou quelques autres. Je ne me plains pas de travailler. Cest plus facile si on a de quoi soccuper que si on ne fait rien. Haruki Murakami La Fin Des Temps Science sans conscience nest que perte de lâme Huit jours quil était rentré dans ses pénates, huit jours quil avait repris son statut de sédentaire. Dans son logis, tout a repris sa place, ou presque. En ce huitième, cest lors dun dîner avec de vieux amis quil décide de redevenir cet homme sérieux plus longtemps. Pour quelles raisons? Pour quon laccepte sans poser trop de questions. Derrière ces rideaux sociaux, son affaire demeure néanmoins ailleurs. Et chaque soir arrivé, dès quil retire ses chaussures, il passe son temps sur la toile. A la recherche dune solution à ces feuilles épaisses et blanchies-jaunâtres. Un ternet et deux tu lauras. Ses requêtes, le mot clé livre blanc, lenvoient dans des études que mènent les grandes organisations sur différents sujets: les nouveaux systèmes de gestion informatique, un recueil dinformation sur les comportements dans lentreprise, la gestion des plans de succession des dirigeants, celui des énergies renouvelables, lautre blanc noir sur létat de la justice en France. Bref, rien qui ne lintéresse au premier abord. Ce livre ne se laisse toujours pas découvrir. Pas un fil, pas une phrase ne semble vouloir transpirer. Ce corps se refuse toujours à lui, comme une reine du bal sur son trône. Florent valse ainsi, quotidiennement, joyeusement avec les trois fantastiques, les trois points qui marquent sa détermination.


⬅️ Extrait précédent | Extrait suivant ➡️

🔖 Labels : Un Homme Pressé, Un Homme Pressé – Extrait 23

Un Homme Pressé – Extrait 22

Un Homme Pressé – Extrait 22

soleil radieux accompagne son attente. Rien ne presse, quand tout semble enfin prendre sa place. Il en profite pour regarder les passants, et croit déceler un tic en chacun deux. Que ce soit un objet fétiche, tel une montre que lon regarde toutes les cinq minutes, les couples qui marchent, leurs regards entremêlés, ou les touristes qui sextasient tous les cinq mètres. Tout respire la vie, tout. Les platanes finissent dencadrer ce tableau vivant. Il laperçoit alors quelle attend au feu rouge. Sarah venait des bords de Seine. Il lobserve ainsi de loin, son image, un effet stroboscopique par les voitures qui circulent entre eux. Un crénelage temporel en guise dintroduction. Dès les amabilités effectuées, il prend la parole et ne la lâche plus. Un long monologue dans lequel il la tient informé des derniers résultats de ses recherches. Elle, elle sattendait plus à une discussion. Elle commence dailleurs à perdre son regard ailleurs. Il retrouve son attention en lui présentant sa dernière découverte: ce livre blanc. Il parle avec le ton dun possédé depuis plus de dix minutes. Il recherche enfin à reprendre son souffle, Sarah en profite pour prendre la parole: - Donc, maintenant, nous recherchons des feuilles.? - Oui, et pas nimporte lesquelles, tu as vu les dimensions de ce livre. - Une question moins matérielle subsiste: Qui était au courant de lexistence de ce livre? Qui la amputé de ces membres? - Malheureusement, nous navons aucunes traces de ce passé. - Si, une musique, des symboles, une aura et maintenant de quoi connaître sa date de naissance du petit cuivré. Allez, je te lemprunte, tu prends un pari: avant ou après JC. - Sacré JC. Après. Bien sûr, il avait aussi pensé à amputer un bout de cuir, un morceau des feuilles, pour pouvoir les analyser. Il ne le juge toujours pas utile. Tout simplement car il ne peut sy résoudre. Couper un livre et léquilibre se définit dans son dèséquilibre. Les seuls tests quil accepte, sont ceux non destructifs. A laide du spectre lumineux. En fin daprès-midi, les cafés une fois consommés, ils se rendent à son laboratoire, qui commence à se vider à cette heure. Sarah lui indique une blouse et prépare la procédure expérimentale des tests. Devant tout ce tralala, Florent voit plus en la face cachée de la lune que dans la mise en place de lexpérience. Finalement, les outils de mesures sont prêts. Sarah lui donne une paire de surlunettes pour regarder lexpérience. Aucunes ondes visibles ou invisibles ne semblent pénétrer ces pages. Elles semblaient se transformer principalement en réflexion, et au-delà de la maigre évanescence de ces ondes, peu de réfraction. Sarah conclut que chaque feuille dispose dune couche protectrice. Couche qui empêche quiconque dy pénétrer. De retour chez lui, il allume son ordinateur. Son attention dérape des recherches sur ce livre à une autre curiosité. Il ouvre alors sa boite mail professionnel. Il ne consulte que très rarement, voire jamais, cette boîte aux lettres lors de ses voyages. Dedans, pas mal dinformations, la photocopieuse qui était tombée en panne, des employés qui quittent lentreprise et envoient leur au-revoir, des invitations sur le tout Paris, et plusieurs courriels de son chef. Il porte son attention sur le premier, donc le dernier courrier que son directeur avait envoyé. Son chef se demande ouvertement pourquoi il continue de le payer. A la date du message, il y a une semaine, ça faisait bientôt un mois quil navait reçu aucun papier de sa part, que son blog, que lentreprise subventionne, nest plus mis à jour. En pièce jointe, Florent trouve lexemplaire dun nouveau contrat. Son directeur lui demande de le lire et de le signer. Un contrat à la page, un pigiste à la page. Si seulement, il y était. A la page Tard dans la soirée, tôt le matin,


⬅️ Extrait précédent | Extrait suivant ➡️

🔖 Labels : Un Homme Pressé, Un Homme Pressé – Extrait 22

Thursday, 26 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 21

Un Homme Pressé – Extrait 21

ici? - Je suis venu en visite ce matin, je suis resté à regarder ces représentations du Christ, et puis, jai trouvé la porte fermée. Puis-je sortir? La personne à la porte ne va pas plus loin dans son questionnement, et part plutôt soccuper des quelques touristes qui arrivent. Florent, lui, part lesprit lourd, lesprit de celui qui avait cambriolé une église. Il se rassure en se disant que sil doit attendre que les paperasses administratives lui laissent les clefs, il aurait déjà des cheveux gris. Dautant plus que son dossier dinvestigation parait bien moins que solide. De retour chez Tamina, il sort le trésor de sa sacoche, met des gants plastiques à ses mains et ouvre délicatement la protection de cuir qui se présente à lui. A lintérieur, des feuilles épaisses. Chacune doivent faire peut-être cinq millimètres dépaisseur et sexpriment dans un jaunissement dû à lâge qui avait fait son travail. A part cette couleur blafarde, rien dinscrit. De ci, de là, des tâches ponctuent certaines pages. Bien sûr, ce volume devait être passé par dautres mains avant lui. Bien sûr, mais que du blanc, du blanc, du rien. Et des feuilles qui manquent à lappel de la couverture. Il y voit un autre présage. Son temps à Budapest touche à sa fin. De retour au bercail, il prépare ses bagages et envoie un message à Tamina. Il la retrouverai devant son bureau pour sa dernière soirée dans la belle Budapest. Avant de revenir en France, il décide de soffrir le luxe de partir un peu au nord retrouver un viel ami philosophe. Le départ du train est prévu en fin de matinée le lendemain. Des Perspectives En avant toute Sur la place centrale de la Prague vieille, Florent retrouve celui quil était venu voir, un homme en costume trois pièces. Il explique rapidement à Gonzague limpasse dans laquelle il se trouve. Ce dernier, habitué aux cheminements théologiques, se rappelle un extrait dun livre dun auteur français, auteur des fourmis et acolytes. - Réfléchis sur plusieurs dimensions. Penses au temps, penses à lespace. De la 2D à la 3D à la (3D,t), et je ne sais encore. - et donc, penser à ce que ce livre a vu depuis quil est né? et penser que le temps trouverait une clé à cette énigme? -Voilà, tu cherches plus loin. Je ne peux pas trop taider, je suis du côté tranquille de la force maintenant, mes cours de philosophie ne vont pas beaucoup plus loin que cette libraire au coin de la rue. Florent se retourne pour observer lendroit en question. Ses yeux reviennent ensuite vers son interlocuteur. Pas dans linstant, ils sarrêtent pour fixer lhorloge astronomique qui décore cet endroit depuis plus de six siècles. La légende racontait que le commanditaire de cette superbe uvre avait rendu son architecte aveugle à la fin des travaux, pour quil ne reproduise pas ce travail dexcellence ailleurs. De la beauté de lunique. Unique. Et les voilà rentrés dans le jeu de lHistoire, le commun rentrait difficilement dans lhistoire avec un grand H, lunique, des actes, des uvres, la materialisent plus facilement. Des apprentissages oraux, aux écrits, les exceptions mettent ainsi des perspectives aux régles. Il passe la suite de laprès-midi dans les rues de Prague. Avant de retrouver Gonzague et de terminer dans ses bras pour une première et dernière nuit ici. Volupté des échanges en tout liberté. Liberté que Florent sautorise avec les gens qui partagent cette connexion de confiance avec lui. CISEAUX Les trois fantastiques Trois petits points et puis sen vont. De retour à Paris, face aux klaxons du quotidien, Florent met ses boules Quiès et décide de rejoindre Sarah au plus vite. Rendez-vous en terrasse du café Lamour sur les bords de Seine. Les coups de seize heures sonnent aux cloches, il vient darriver, commande un petit noir et lattend sur une table en terrasse. Un


⬅️ Extrait précédent | Extrait suivant ➡️

🔖 Labels : Un Homme Pressé, Un Homme Pressé – Extrait 21

Un Homme Pressé – Extrait 20

Un Homme Pressé – Extrait 20

laisses-moi temmener. Deux heures du matin. Encore trop tôt, léglise serait fermé. La chevelure blonde de Tamina repose sur son épaule, et ses mains se posent sur son torse. Des caresses délicates. - Oui. Il débranche son cerveau, retire les barrettes de mémoire RAM, et overclocke ses cartes à sensations. Des regards. Il la suit et sattarde sur une posture, un tremplin rebondi. Il descend des yeux le long de ces jambes parfaites. Puis elle sassoie sur le lit, il caresse ses jambes, profitant de chaque seconde où il laisse ses doigts vagabonder sur ces terres découvertes. Il laisse ensuite ses lèvres guider le chemin. De ces pieds fins, à ces cuisses, à ce nombril qui lance une invitation. Il suit son nez pour retrouver les délicates senteurs bien uniques et pour sattarder bienheureux sur son clitoris. Du goût, de ce toucher lingual, les senteurs sajoutent à la bande-son. Leurs deux processeurs partent en surchauffe. Lui se souvient de la suite dans les grandes lignes, mais ne peut aller plus dans le détail. Il se concentre et se laisse aller en harmonisant son rythme sur celui de sa partenaire. Merci Marie-Madeleine, tu es ma reine. Nous vivons dans le musée de lHomme. Tout est là devant nous ( ) mais ces objets demeurent lointains et inaccessibles derrière leur vitre. Féerie Générale Emmanuelle Pireyre Same player shoots again Essaie encore Tout le monde est peut-être ordinaire, mais normal, non. Haruki Murakami La Fin Des Temps Tamina lui avait offert un stage de décompression pour naufragé de longue durée, Florent se réveille en solitaire. Debout, il rejoint la cuisine, et trouve un mot à côté dun café presque préparé. Le mot disait: Appuies sur le bouton, et tout est bon, bonne journée. Ta mina. Bouton de la cafetière, du grille-pain. La confiture et les couverts lattendent sur la table. Ses yeux ensommeillés souvrent peu à peu à cet univers. - Hum, je pourrais me faire très vite à cette vie là. A côté du journal du matin, Tamina lui avait imprimé une des icônes du Christ sur la croix. Il enfourne rapidement son déjeuner, prend une douche, et rejoint léglise de Belgrade une seconde fois. *** Dans la nef, il soriente vers le vaisseau central, prend à droite et observe une représentation du Christ. Dans un premier temps, il admire le travail dorfèvre sur bois du tailleur. Soit caché dans un recoin, soit en surface, il opte pour la solution la plus facile, et scrute lobjet sous toutes les facettes. Une barrière empéche les visiteurs de sapprocher plus, il se décide dattendre la pause déjeuner, et se cache dans le confessional. Midi trente, il a le champ libre pour une heure tout au plus. Il enjambe la barrière et se met à effleurer de ses mains la sculpture. Cinq minutes, dix minutes, toujours rien. Il regarde alors Marie-Madeleine et implore son aide. Le point de fuite de licône lememenant vers lavant, il sapproche plus près delle. A cet endroit, la croix a une épaisseur de quinze centimères, les branches latérales du T une hauteur de quarante-cinq centimètres. Il assure sa position et laisse sa main découvrir cet arrière. Pourquoi pas. Il met sa main pas loin derrière loreille gauche du Christ, derrière la croix, sent du jeu dans lassemblage, et tire transversalement un possible tiroir. Au bout de quelques tractions, il sent venir quelque chose. Il fallait faire vite, les employés du Christ allait revenir. Cinq minutes de plus et il réussit enfin à désolidariser ce morceau de la croix. De visu, personne ny verrai rien, de perspective, rien nest moins sûr. Maintenant totalement libéré, Florent manie avec soin ce pavé, cette dalle, et lenfourne dans sa sacoche. Se dirigeant vers la sortie, la porte souvre. Une voix magyar linvective avant de continuer dans un anglais approximatif. - Que faites-vous


⬅️ Extrait précédent | Extrait suivant ➡️

🔖 Labels : Un Homme Pressé, Un Homme Pressé – Extrait 20

Wednesday, 25 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 19

Un Homme Pressé – Extrait 19

aux invasions mongoles, puis à lemprise ottomane et jen passe. - Et surtout élargissez le chant de recherche. Le récent est plus proche de nous. Je vous conseille de vous limiter aux trois, quatre derniers siècles. Sincérement. Après cet entretien, il profite de la présence de Tamina pour se remettre à la photographie. Une après-midi tranquille, et ils reviennent chez elle. Après le repas, il repense à cette discussion, et à dautres. Florent décide daffiner sa recherche sur les églises et cathédrales de la capitale, endroits les plus saints, et moins sujets à la destruction. Enfin Il continue ce cheminement virtuel tard dans la soirée jusquau moment où ses recherches confirment lidentité dune église. Léglise de Belgrade, un bel édifice, un abri sûr pour un tel ouvrage. La cathédrale orthodoxe serbe, comme elle fut aussi nommé, était installée sur lemplacement dun ancien temple en bois. Et actuelllement, le musée, qui sy tient, y exhibe les plus beaux ouvrages serbes de Hongrie. Le lendemain, il revient au pied de cet ouvrage. Lentrée de léglise laccueille avec bon nombre de décorations en bois et en pierre. Par où commencer. Vu quil ne sait pas, il commence par ce qui se donne à la vue du touriste. Il scrute une bonne partie de laile droite avant que, déjà, un employé ne lui signifie la fin des visites. Il repart, un point dinterrogation encore et toujours dans sa tête. Et son cerveau continue de mouliner. Comment différencier de nos seuls yeux le bois du cuir? Comment le distinguer après tant de temps? Le bois a ses maladies, le cuivre les siennes. Recouper les deux, multiplier par linfluence du temps. Saider de la lumière. Si les couleurs visibles ne permettent pas aux yeux humains de les différencier, la réflexion, la réfraction de linvisible doit pouvoir restreindre les recherches. Restreindre les recherches. En une heure, il avait inspecté grossièrement une aile de cette église, à vue dhomme sans savoir où poser son regard. Tellement de relief, en haut, au loin, derrière ces grilles. Comment faire? Le temps laisse celui de poser les problèmes, et celui de trouver les solutions. Il retourne à lappartement. Devant le fruit de leurs recherches, il repense à un ouvrage témoignage de cette époque. Dans la Bible, Marie-Madeleine donnait cette dimension humaine au discours des apôtres et de leur prophète. Avec elle, lesprit et la chair se réconciliait. Elle avait ce petit quelque chose qui faisait quelle restait dans nos esprits. Dailleurs, pourquoi Florent pense-til à elle? Il tourne en ronds et trouve sa réponse. Oui, une aura singulière et reconnue qui a traversé les siècles. Mais Marie-Madeleine est-elle représentée dans cette église de Belgrade? Marie-Madeleine. Du concile de Trente aux evangiles apocryphes, son histoire devenait un écran de fumée devant un corps religieux qui cherchait, semblait-il, à se soustraire aux instincts humains. Son côté sulfureux, ses dimensions bourgeoises. Navait-elle pas plusieurs fois versé du parfum au pied du christ? Marie-Madeleine, image incomprise dune religion trop dogmatique. Elle qui représentait le spontané, qui semblait suivre ses émotions, sans se mentir, sans nous mentir. Direction lécran plat de lordinateur. Il laisse Tamina profiter de son repos, et, lui, sextirpe vers lordinateur. Mot dordre: Représentation de Marie-Madeleine Premier résultat: la représentation du Christ en croix, la scène complète lors de sa crucifixion avec le Christ entouré de Marie, Jean, Marie-Madeleine, des soldats, le mont Golgotha en toile de fond. Au bout de cette première recherche, Tamina sétait levée et lavait rejoint: - Quest-ce que tu cherches? - la route du péché éternel. - Rien que cela. Elle étouffe un baillement. Reviens te coucher. Jai emprunté la route de ce pêché,


⬅️ Extrait précédent | Extrait suivant ➡️

🔖 Labels : Un Homme Pressé, Un Homme Pressé – Extrait 19