Thursday, 26 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 21

Un Homme Pressé – Extrait 21

ici? - Je suis venu en visite ce matin, je suis resté à regarder ces représentations du Christ, et puis, jai trouvé la porte fermée. Puis-je sortir? La personne à la porte ne va pas plus loin dans son questionnement, et part plutôt soccuper des quelques touristes qui arrivent. Florent, lui, part lesprit lourd, lesprit de celui qui avait cambriolé une église. Il se rassure en se disant que sil doit attendre que les paperasses administratives lui laissent les clefs, il aurait déjà des cheveux gris. Dautant plus que son dossier dinvestigation parait bien moins que solide. De retour chez Tamina, il sort le trésor de sa sacoche, met des gants plastiques à ses mains et ouvre délicatement la protection de cuir qui se présente à lui. A lintérieur, des feuilles épaisses. Chacune doivent faire peut-être cinq millimètres dépaisseur et sexpriment dans un jaunissement dû à lâge qui avait fait son travail. A part cette couleur blafarde, rien dinscrit. De ci, de là, des tâches ponctuent certaines pages. Bien sûr, ce volume devait être passé par dautres mains avant lui. Bien sûr, mais que du blanc, du blanc, du rien. Et des feuilles qui manquent à lappel de la couverture. Il y voit un autre présage. Son temps à Budapest touche à sa fin. De retour au bercail, il prépare ses bagages et envoie un message à Tamina. Il la retrouverai devant son bureau pour sa dernière soirée dans la belle Budapest. Avant de revenir en France, il décide de soffrir le luxe de partir un peu au nord retrouver un viel ami philosophe. Le départ du train est prévu en fin de matinée le lendemain. Des Perspectives En avant toute Sur la place centrale de la Prague vieille, Florent retrouve celui quil était venu voir, un homme en costume trois pièces. Il explique rapidement à Gonzague limpasse dans laquelle il se trouve. Ce dernier, habitué aux cheminements théologiques, se rappelle un extrait dun livre dun auteur français, auteur des fourmis et acolytes. - Réfléchis sur plusieurs dimensions. Penses au temps, penses à lespace. De la 2D à la 3D à la (3D,t), et je ne sais encore. - et donc, penser à ce que ce livre a vu depuis quil est né? et penser que le temps trouverait une clé à cette énigme? -Voilà, tu cherches plus loin. Je ne peux pas trop taider, je suis du côté tranquille de la force maintenant, mes cours de philosophie ne vont pas beaucoup plus loin que cette libraire au coin de la rue. Florent se retourne pour observer lendroit en question. Ses yeux reviennent ensuite vers son interlocuteur. Pas dans linstant, ils sarrêtent pour fixer lhorloge astronomique qui décore cet endroit depuis plus de six siècles. La légende racontait que le commanditaire de cette superbe uvre avait rendu son architecte aveugle à la fin des travaux, pour quil ne reproduise pas ce travail dexcellence ailleurs. De la beauté de lunique. Unique. Et les voilà rentrés dans le jeu de lHistoire, le commun rentrait difficilement dans lhistoire avec un grand H, lunique, des actes, des uvres, la materialisent plus facilement. Des apprentissages oraux, aux écrits, les exceptions mettent ainsi des perspectives aux régles. Il passe la suite de laprès-midi dans les rues de Prague. Avant de retrouver Gonzague et de terminer dans ses bras pour une première et dernière nuit ici. Volupté des échanges en tout liberté. Liberté que Florent sautorise avec les gens qui partagent cette connexion de confiance avec lui. CISEAUX Les trois fantastiques Trois petits points et puis sen vont. De retour à Paris, face aux klaxons du quotidien, Florent met ses boules Quiès et décide de rejoindre Sarah au plus vite. Rendez-vous en terrasse du café Lamour sur les bords de Seine. Les coups de seize heures sonnent aux cloches, il vient darriver, commande un petit noir et lattend sur une table en terrasse. Un


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Un Homme Pressé – Extrait 20

Un Homme Pressé – Extrait 20

laisses-moi temmener. Deux heures du matin. Encore trop tôt, léglise serait fermé. La chevelure blonde de Tamina repose sur son épaule, et ses mains se posent sur son torse. Des caresses délicates. - Oui. Il débranche son cerveau, retire les barrettes de mémoire RAM, et overclocke ses cartes à sensations. Des regards. Il la suit et sattarde sur une posture, un tremplin rebondi. Il descend des yeux le long de ces jambes parfaites. Puis elle sassoie sur le lit, il caresse ses jambes, profitant de chaque seconde où il laisse ses doigts vagabonder sur ces terres découvertes. Il laisse ensuite ses lèvres guider le chemin. De ces pieds fins, à ces cuisses, à ce nombril qui lance une invitation. Il suit son nez pour retrouver les délicates senteurs bien uniques et pour sattarder bienheureux sur son clitoris. Du goût, de ce toucher lingual, les senteurs sajoutent à la bande-son. Leurs deux processeurs partent en surchauffe. Lui se souvient de la suite dans les grandes lignes, mais ne peut aller plus dans le détail. Il se concentre et se laisse aller en harmonisant son rythme sur celui de sa partenaire. Merci Marie-Madeleine, tu es ma reine. Nous vivons dans le musée de lHomme. Tout est là devant nous ( ) mais ces objets demeurent lointains et inaccessibles derrière leur vitre. Féerie Générale Emmanuelle Pireyre Same player shoots again Essaie encore Tout le monde est peut-être ordinaire, mais normal, non. Haruki Murakami La Fin Des Temps Tamina lui avait offert un stage de décompression pour naufragé de longue durée, Florent se réveille en solitaire. Debout, il rejoint la cuisine, et trouve un mot à côté dun café presque préparé. Le mot disait: Appuies sur le bouton, et tout est bon, bonne journée. Ta mina. Bouton de la cafetière, du grille-pain. La confiture et les couverts lattendent sur la table. Ses yeux ensommeillés souvrent peu à peu à cet univers. - Hum, je pourrais me faire très vite à cette vie là. A côté du journal du matin, Tamina lui avait imprimé une des icônes du Christ sur la croix. Il enfourne rapidement son déjeuner, prend une douche, et rejoint léglise de Belgrade une seconde fois. *** Dans la nef, il soriente vers le vaisseau central, prend à droite et observe une représentation du Christ. Dans un premier temps, il admire le travail dorfèvre sur bois du tailleur. Soit caché dans un recoin, soit en surface, il opte pour la solution la plus facile, et scrute lobjet sous toutes les facettes. Une barrière empéche les visiteurs de sapprocher plus, il se décide dattendre la pause déjeuner, et se cache dans le confessional. Midi trente, il a le champ libre pour une heure tout au plus. Il enjambe la barrière et se met à effleurer de ses mains la sculpture. Cinq minutes, dix minutes, toujours rien. Il regarde alors Marie-Madeleine et implore son aide. Le point de fuite de licône lememenant vers lavant, il sapproche plus près delle. A cet endroit, la croix a une épaisseur de quinze centimères, les branches latérales du T une hauteur de quarante-cinq centimètres. Il assure sa position et laisse sa main découvrir cet arrière. Pourquoi pas. Il met sa main pas loin derrière loreille gauche du Christ, derrière la croix, sent du jeu dans lassemblage, et tire transversalement un possible tiroir. Au bout de quelques tractions, il sent venir quelque chose. Il fallait faire vite, les employés du Christ allait revenir. Cinq minutes de plus et il réussit enfin à désolidariser ce morceau de la croix. De visu, personne ny verrai rien, de perspective, rien nest moins sûr. Maintenant totalement libéré, Florent manie avec soin ce pavé, cette dalle, et lenfourne dans sa sacoche. Se dirigeant vers la sortie, la porte souvre. Une voix magyar linvective avant de continuer dans un anglais approximatif. - Que faites-vous


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Wednesday, 25 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 19

Un Homme Pressé – Extrait 19

aux invasions mongoles, puis à lemprise ottomane et jen passe. - Et surtout élargissez le chant de recherche. Le récent est plus proche de nous. Je vous conseille de vous limiter aux trois, quatre derniers siècles. Sincérement. Après cet entretien, il profite de la présence de Tamina pour se remettre à la photographie. Une après-midi tranquille, et ils reviennent chez elle. Après le repas, il repense à cette discussion, et à dautres. Florent décide daffiner sa recherche sur les églises et cathédrales de la capitale, endroits les plus saints, et moins sujets à la destruction. Enfin Il continue ce cheminement virtuel tard dans la soirée jusquau moment où ses recherches confirment lidentité dune église. Léglise de Belgrade, un bel édifice, un abri sûr pour un tel ouvrage. La cathédrale orthodoxe serbe, comme elle fut aussi nommé, était installée sur lemplacement dun ancien temple en bois. Et actuelllement, le musée, qui sy tient, y exhibe les plus beaux ouvrages serbes de Hongrie. Le lendemain, il revient au pied de cet ouvrage. Lentrée de léglise laccueille avec bon nombre de décorations en bois et en pierre. Par où commencer. Vu quil ne sait pas, il commence par ce qui se donne à la vue du touriste. Il scrute une bonne partie de laile droite avant que, déjà, un employé ne lui signifie la fin des visites. Il repart, un point dinterrogation encore et toujours dans sa tête. Et son cerveau continue de mouliner. Comment différencier de nos seuls yeux le bois du cuir? Comment le distinguer après tant de temps? Le bois a ses maladies, le cuivre les siennes. Recouper les deux, multiplier par linfluence du temps. Saider de la lumière. Si les couleurs visibles ne permettent pas aux yeux humains de les différencier, la réflexion, la réfraction de linvisible doit pouvoir restreindre les recherches. Restreindre les recherches. En une heure, il avait inspecté grossièrement une aile de cette église, à vue dhomme sans savoir où poser son regard. Tellement de relief, en haut, au loin, derrière ces grilles. Comment faire? Le temps laisse celui de poser les problèmes, et celui de trouver les solutions. Il retourne à lappartement. Devant le fruit de leurs recherches, il repense à un ouvrage témoignage de cette époque. Dans la Bible, Marie-Madeleine donnait cette dimension humaine au discours des apôtres et de leur prophète. Avec elle, lesprit et la chair se réconciliait. Elle avait ce petit quelque chose qui faisait quelle restait dans nos esprits. Dailleurs, pourquoi Florent pense-til à elle? Il tourne en ronds et trouve sa réponse. Oui, une aura singulière et reconnue qui a traversé les siècles. Mais Marie-Madeleine est-elle représentée dans cette église de Belgrade? Marie-Madeleine. Du concile de Trente aux evangiles apocryphes, son histoire devenait un écran de fumée devant un corps religieux qui cherchait, semblait-il, à se soustraire aux instincts humains. Son côté sulfureux, ses dimensions bourgeoises. Navait-elle pas plusieurs fois versé du parfum au pied du christ? Marie-Madeleine, image incomprise dune religion trop dogmatique. Elle qui représentait le spontané, qui semblait suivre ses émotions, sans se mentir, sans nous mentir. Direction lécran plat de lordinateur. Il laisse Tamina profiter de son repos, et, lui, sextirpe vers lordinateur. Mot dordre: Représentation de Marie-Madeleine Premier résultat: la représentation du Christ en croix, la scène complète lors de sa crucifixion avec le Christ entouré de Marie, Jean, Marie-Madeleine, des soldats, le mont Golgotha en toile de fond. Au bout de cette première recherche, Tamina sétait levée et lavait rejoint: - Quest-ce que tu cherches? - la route du péché éternel. - Rien que cela. Elle étouffe un baillement. Reviens te coucher. Jai emprunté la route de ce pêché,


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Un Homme Pressé – Extrait 18

Un Homme Pressé – Extrait 18

chez Tamina. Trois semaines, et ils sétaient rapprochés et vivaient un amour dété, tout simple, avec les fioritures du carpe diem bienheureux. Ils sentendaient à merveille, quand ils se comprenaient complétement, i.e. tout le temps. Lamour à tout moment de la journée, quand Tamina ne travaille pas, quand lui ny pense pas. Il aimait bien cette routine. Allongé, cette belle femme sur lui. Dominé, un peu, surtout par le manque dévènements. Les deux travaillaient ainsi à lacte. Lui, un peu plus inactif. Pas pour lui déplaire. Dautres livres pleins de shémas peuplaient leurs imaginations, leurs mouvements, mais cétait allongé quil se sentait le mieux. Et puis, elle retournait à son travail, il recentrait alors ses yeux sur lordinateur. Sa quête semble maintenant se dérouler dans un cadre diffus, aux tournures de linfini, multiplié par laléatoire. Les icônes sont peut-être une fausse piste. Il se lance dans une autre. Il cherche un livre, dautres feuilles. Et un livre a une couverture. Il décide de se mettre à la recherche de cette couverture. *** De son côté, Sarah avait continué ses recherches. Elle valide les résultats, ignore les hypothèses qui semblaient les moins plausibles, recommence incéssamment le schmilblick en quête de la recette parfaite. Hypothèse la plus plausible, le livre dont le papyrus pouvait parler lui semble venir des environs du premier siècle, avant ou après JC. Elle remet ces résultats dans leurs contextes. Alors, les livres étaient retranscrits par des scribes, tantôt sur des pierres, tantôt sur des surfaces ressemblant à du papier. La Grèce était alors à un stade de développement des plus avancés à travers le monde. Son royaume sétendait loin, très loin. Ce matin, elle est en ligne, lui aussi. Ils séchangent donc leurs dernières impressions. Lui qui cherche maintenant une couverture, elle qui réduit le champ de recherche à plus ou moins deux siècles de lan zéro. Zéro, comme le résultat de leurs recherches. Dans tous ces questionnements sordides, Florent a pourtant la sensation dêtre là où il doit être. La chance devait charger son mulet dune indication. Il se serait presque remis à prier, la première fois depuis la dernière, quand il avait douze ans. Ce livre, sil existe, avait traversé les âges, vingt et un siècles, peut-être vingt deux, plus de deux mille ans de mouvements incessants, des guerres, des feux, des innondations, quen sait-il? Il y pense. Une montagne, une colline prête plus de précautions face au temps. Si comme ils le pensent tous les deux, cette uvre demeurait sous la protection orthodoxe, Budapest présente lesthétisme et lhistoire, pour garder ce trésor en lieu sûr. *** Tamina lembarque loin de ses horizons, et profite de la fin de semaine pour lemmener redécouvrir Buda et sa colline. Là, lors de cette promenade, il rencontre un touriste français, passionné dhistoire. Ce dernier partage avec lui une remarque quil trouve intéressante. - Les écrits traversent les âges, la plus grande richesse dune culture passent par ces lignes transmises. La culture orale se crée dans linstant, dans les légendes, dans les rumeurs faciles à colporter, dans les moments durgence. Les écrits sont plus libres, donc possiblement plus dangereux. On a ainsi trouvé des livres directement intégrés dans larchitecture de monuments connus. Lendroit le plus sûr, car le plus visible. - Oui, la lettre volée dEdgar Allan Poe. - En effet. Pour les livres, les couvertures en cuir se fondent bien mieux dans le bois. Si jétais vous, je rechercherais un endroit sanctifié et reconnu de tous, maintenant et durant les siècles précédents. Au moins les quatre derniers, tellement de choses ont changé. - Oui, tellement de choses ont changé. Cette ville sest métamorphosée. De la cité romaine, aux magyars venus de lOural,


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Tuesday, 24 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 17

Un Homme Pressé – Extrait 17

monde à retourner ses réflexions, lorsque Kamina lui dit: - Florent, tu sais, le culte orthodoxe repose, comme celui catholique ou protestant, sur une communauté, sur des communautés. Ce que tu peux voir ici est peut-être le point de départ vers une autre quête en Grèce ou en Serbie. Ou dans dautres pays. - En Grèce? Et que peux-tu me dire de plus sur ces icônes. - Les icônes répondent à des codes très réglementées. Par exemple, regarde, elles ignorent les règles des perspectives modernes, introduites pourtant depuis le seizième siècle. Limage créée prend sa source dun point de fuite bien particulier: le spectateur. Et les lumières, deux sources au moins sur chacune de ces représentations: celles du jour, mais aussi celle de lintérieur, venant des acteurs représentés. - Et leur support? - Elles sont généralement réalisées sur bois. Mais que cherches-tu en fait? Il me semble que je poursuis lair. Ca méchappe. Tu nas pas plus dinformations? - Non, un point sur la Hongrie, je cherche à avoir plus de détails.. - Donc, laiguille et la meule de foin. - Oui, laiguille et la meule de foin. Mais quelle belle meule de foin. Une première journée vierge. Pas tant que cela au vu des derniers progrès, ils sont deux voire plus dans ce navire, dans cette recherche. Le chemin ne pouvait être si facile dans la quête de sens de ce vieux parchemin. Ou peut-être que pour une fois, la réponse nest pas dans la question. Il se demande: Peut-être que la question est mal posée. Il pourrait préciser le cadre de sa recherche, se poser les questions sous un autre angle. La magie dinternet. Il avait tenté dy échapper dans un premier temps, la toile se rappelle à lui. Il lavait évité mais sort finalement Skype de sa léthargie pour appeler Sarah. - Oui, bonjour Sarah, oui, cest Florent -Bonjour, toi. -Dis, je me rappele une discussion que nous avions eu il y a quelques temps. Sur un manuscrit indescriptible. Weynar, Voynar, Weinicht??? -Oui, le manuscrit de Voynich, je men rappelle. -Je suis à Budapest là. Dis, un des propriétaires de ce manuscrit ne vivait-il pas près ici? -Si, attends, je regarde. Elle tapote sur son ordinateur. Oui, voilà, un certain George Baresch, il vivait à Prague au dix-septième siècle. Le manuscrit lui-même a ensuite suivi les jésuites vers Rome, et maintenant il est conservé à luniversité de Yale. -Bien, et personne na encore su le déchiffrer. -Non, il ne me semble pas. Pourquoi, tu as une petite idée. -Quoi dire de plus depuis que lon sest concerté sur ce rébus. Je reste sur notre point de vue final, me semble, une encyclopédie censée conserver le savoir entre savants. Leurs deux voix sétaient alliées alors dans cette simple conclusion: La différence entre sciences et ésotérisme était bien fine, sûrement confuse en ce temps-là. Pourquoi chercher des raisons hors de leur monde, alors que la vie quotidienne apportait bien des solutions, sils savaient y regarder. La conversation se termine et il retourne dans son introspection devant Kamina qui navait pas compris un traître mot de cette discussion. Devant cet embarras, Florent lui sourit, et pense pour lui-même: Mais pourquoi jai été impulsif. Jaurai dû penser plus loin alors que jétais chez moi. Non, je suis parti. Sur un coup de tête. Encore une fois. Mais voilà, Paris a ses charmes, surtout celui de le distraire de ses objectifs. Et deux mois dans la monotonie des tâches qui lappelaient, lennui pointait inéxorablement son nez au coin de la rue. Lennui et lénervement dun quotidien pessimiste lui pesait. Il devait partir, sans penser plus loin. Et le voilà ici. Tamina lui offre ce réconfort minimum que les étrangers avaient pour les français. Pour lui, un environnement différent, de quoi rebondir. Temps mort Pas pour tous Trois semaines que Florent résidait


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Un Homme Pressé – Extrait 16

Un Homme Pressé – Extrait 16

la foule de la salle dà côté finit déthyliser un peu plus leurs discussions dans les actes. Quand les amis de Tamina arrivèrent, ils la trouvèrent dans les bras de cet inconnu. Ils sembrassaient, de ces premiers baisers que la passion autorise. Une fois la situation expliquée aux autres convives, Florent avait senti son état débriété le rendre muet. Le tout prenait place sur une cassette vidéo bloquée dans un magnétoscope. Bloquée entre avance rapide, ralenti, PAL, SECAM, les autres sens se distordaient et la confusion totale fut déclarée vainqueur sans quil ne puisse articuler un traître mot. Il se reveilla le lendemain chez elle. Tellement ivre quil navait pas pu continuer la soirée. Il avait oublié de lui montrer la carte de visite de lauberge dans laquelle il résidait, une sorte de tatouage pour alcoolique qui tentait de retrouver son chemin. Il était rentré dans cette colocation, et passa la matinée à gamberger sa migraine. Tamina ne se destinait pas à devenir serveuse. La ville attirait beaucoup de touristes, et elle y voyait alors le moyen de pratiquer les langues étrangères. En période basse, ça lui permettait de garder sa place, et de se faire un peu dargent. Voilà donc cinq ans que cette rencontre parsemait le fond dun tiroir fleuri au fil du temps par des échanges de courriers. *** Tamina le trouve changé, plus sûr de lui, heureux de lui. Il lui explique la raison de sa venue sur Budapest. Intéressée, elle décide de se joindre à lui dans la découverte de son pays. Elle lui propose de lemmener dès le lendemain. En route vers Szentendre. Quest que vous dites? Szentendre, une ville peu connue de la Hongrie. Bien moins connue que Budapest, la capitale. Et pourtant, cette ville se trouve à juste un petit jet de pierre de sa consoeur, cette petite bourgade, un joyau qui vit dans lombre de sa voisine célèbre. Szentendre, une ville si importante quelle fût le sujet dau moins quatre occupations et langages différents en lespace de quelques siècles. Szentendre. Maintenant, une enclave peu connue des pélerins. Auparavant, un lieu de rendez-vous célébré par un flôt continu dartistes, de croyants qui rejoignaient ses rives pour exercer leur art dans des genuflexions symboliques: de nombreuses statues, des décorations uniques des lieux religieux, un art prolifique de ces communautés diverses qui communiaient ensemble. Szentendre, maintenant un endroit qui attire des profils touristiques bien différents. Les temps modernes assurent lavenir de cette ville en la mettant sur le chemin de la jet-set. Jet-setters qui se ressourcent ici de leurs débordements dans la capitale. Sur le chemin, Tamina en profite pour lui présenter les environs. Ceux-ci sy prêtent idéalement. Le Danube, dun côté, sa charmante conductrice de lautre, il ne peut perdre le fil. Vingt deux kilomètres et une architecture baroque, où se mêlent des racines serbes et turques, leur signifie larrivée. Tamina gare la voiture et ils se rendent sur la place centrale, à défaut dun endroit plus précis où se rendre. Elle lui traduit les informations sur cette croix de cette place, croix qui semble attirer son regard. Construite par les serbes dalors quand la peste avait épargné la ville en 1763, cette croix présente de nombreuses icônes. Florent cherche laccroche avec son histoire. Devant des conclusions loin des CQFD, il zappe. Rien ne sert de tourner autour dun pot rempli dinconnu(e)s. Pause café, le temps sy prête, du moins, la pluie les épargne. Retour sur icône. Le prospectus pris par Tamina le ramène à bord. Dans le christianisme, les icônes intégrent un aspect de la catéchèse orthodoxe. Catéchèse qui elle-même fait partie intégrante des essences possibles de la communication de la foi chrétienne. Et donc Le voilà bien avancé. Florent retourne dans son


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Monday, 23 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 15

Un Homme Pressé – Extrait 15

y avait un alphabet unique derrière cet écrit, des fréquences sonores qui se rapprochaient dune note. Et une musique tenue dans ces feuilles dun âge inconnu. Helen prend le temps de remercier son messager, en lui promettant de le tenir informé des suites. Cette conclusion confirme ses premières intuitions partagées avec Sarah. En musique comme en écrit, cette page fait partie dun tout plus conséquent. Mais où est le reste? Et donc, ce deuxième message, filtré à travers les innombrables réponses quelle avait reçu sur cette boîte aux lettres spécialement créée. Cédric, lui, partait dans une toute autre direction. Aucune référence au corps du texte du papyrus. Il avait branché Google Map en parallèle des flux de population dans lhistoire. Son ordinateur avait mouliné, avant quil ne recentre les recherches sur la Hongrie et lhistoire de -100 av JC à 1800 ap.. Et là, les mouvements des grecs, des transhumances turques, de lancienne Mésopotamie à la Serbie, les flux se traçaient alors distinctement sur la pellicule de son écran. Sa conclusion? Une interrogation, mais deux points semblaient sortir de cette étude, deux positions géographiques grossières: lune à Budapest, lautre près de ce qui semble être Szentendre. Devant ce fichier graphique, Helen voit aussi que les autres indications, plus mineures, révolutionnent autour de ces deux points. Sur la route On y revient Armé de ses carnets de notes bien remplis, Florent arrive à Budapest deux mois après son retour en France. Dès la sortie de laéroport, il prend un taxi pour rejoindre lappartement dune connaissance. Du bonheur davancer dans lâge, il na plus besoin de chercher dhôtels. Dans un deuxième temps, ça et le couch surfing intègrent ainsi ces voyages sauce économique et humaine. Dès sa rencontre avec Tamina, la revoir lui rappelle de suite des souvenirs, communs, heureux. Face à cette jeune femme qui avait grandi loin du socle occidental pur et dur. Elle lavait séduit au détour dune première promenade, et dune citation. Elle lavait formulée alors juste que leur danse venait de commencer. Il succomba à ce diable sans trop de chichis. Cest une maladie quils ont à lOuest ça la solitude, paraît que ça sest propagé chez eux comme une véritable infection, mais chez nous cest une rareté. Léna Virginie Deloffre *** Cinq ans auparavant, il était parti avec deux copains visiter ces magnifiques villes de lest. Ses copains sétaient retrouvés dans une histoire sordide, emmenés dans un bar par des hôtesses qui nen semblaient pas. Lui était resté un peu plus longtemps dans les bains thermaux magnifiques adossés à la colline. Il les avait perdus et avait poursuivi son chemin pour finir dans un restaurant. Tamina, alors serveuse, utilisa de son anglais pour laccueillir. La haute saison était passée et son service prenait fin. Il linvita à sa table, si elle navait pas dautres obligations. Devant ce frenchy balbutiant un anglais à laccent malheureux, elle se prit dintérêt. Il navait pas tenté de parler magyar, mais lui avait adressé un russe approximatif. Elle le comprit à demi-mot. Enfin, de ces mots rares qui osaient sortir de sa gorge. Et le silence de ces moments partagés fit le reste. Florent navait alors aucune intention, juste une envie certaine de profiter de la ville avec une personne locale. Ses amis avaient fait les frais dune autre alternative, plus directe. Encore une fois, la chance sétait portée à son bras. Et voilà, il avait bu une, puis deux, puis trois, puis il ne sait toujours pas combien, de verres de vodkas dans un bar à proximité. Tamina devait retrouver des amis. Florent profita de loccasion. Le bar était plein, elle napercevait pas encore ses amis. Le serveur leur ouvrit le rideau dune arrière-salle. Ils sinstallèrent, et commandèrent des bières. Le son de


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