Wednesday, 25 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 18

Un Homme Pressé – Extrait 18

chez Tamina. Trois semaines, et ils sétaient rapprochés et vivaient un amour dété, tout simple, avec les fioritures du carpe diem bienheureux. Ils sentendaient à merveille, quand ils se comprenaient complétement, i.e. tout le temps. Lamour à tout moment de la journée, quand Tamina ne travaille pas, quand lui ny pense pas. Il aimait bien cette routine. Allongé, cette belle femme sur lui. Dominé, un peu, surtout par le manque dévènements. Les deux travaillaient ainsi à lacte. Lui, un peu plus inactif. Pas pour lui déplaire. Dautres livres pleins de shémas peuplaient leurs imaginations, leurs mouvements, mais cétait allongé quil se sentait le mieux. Et puis, elle retournait à son travail, il recentrait alors ses yeux sur lordinateur. Sa quête semble maintenant se dérouler dans un cadre diffus, aux tournures de linfini, multiplié par laléatoire. Les icônes sont peut-être une fausse piste. Il se lance dans une autre. Il cherche un livre, dautres feuilles. Et un livre a une couverture. Il décide de se mettre à la recherche de cette couverture. *** De son côté, Sarah avait continué ses recherches. Elle valide les résultats, ignore les hypothèses qui semblaient les moins plausibles, recommence incéssamment le schmilblick en quête de la recette parfaite. Hypothèse la plus plausible, le livre dont le papyrus pouvait parler lui semble venir des environs du premier siècle, avant ou après JC. Elle remet ces résultats dans leurs contextes. Alors, les livres étaient retranscrits par des scribes, tantôt sur des pierres, tantôt sur des surfaces ressemblant à du papier. La Grèce était alors à un stade de développement des plus avancés à travers le monde. Son royaume sétendait loin, très loin. Ce matin, elle est en ligne, lui aussi. Ils séchangent donc leurs dernières impressions. Lui qui cherche maintenant une couverture, elle qui réduit le champ de recherche à plus ou moins deux siècles de lan zéro. Zéro, comme le résultat de leurs recherches. Dans tous ces questionnements sordides, Florent a pourtant la sensation dêtre là où il doit être. La chance devait charger son mulet dune indication. Il se serait presque remis à prier, la première fois depuis la dernière, quand il avait douze ans. Ce livre, sil existe, avait traversé les âges, vingt et un siècles, peut-être vingt deux, plus de deux mille ans de mouvements incessants, des guerres, des feux, des innondations, quen sait-il? Il y pense. Une montagne, une colline prête plus de précautions face au temps. Si comme ils le pensent tous les deux, cette uvre demeurait sous la protection orthodoxe, Budapest présente lesthétisme et lhistoire, pour garder ce trésor en lieu sûr. *** Tamina lembarque loin de ses horizons, et profite de la fin de semaine pour lemmener redécouvrir Buda et sa colline. Là, lors de cette promenade, il rencontre un touriste français, passionné dhistoire. Ce dernier partage avec lui une remarque quil trouve intéressante. - Les écrits traversent les âges, la plus grande richesse dune culture passent par ces lignes transmises. La culture orale se crée dans linstant, dans les légendes, dans les rumeurs faciles à colporter, dans les moments durgence. Les écrits sont plus libres, donc possiblement plus dangereux. On a ainsi trouvé des livres directement intégrés dans larchitecture de monuments connus. Lendroit le plus sûr, car le plus visible. - Oui, la lettre volée dEdgar Allan Poe. - En effet. Pour les livres, les couvertures en cuir se fondent bien mieux dans le bois. Si jétais vous, je rechercherais un endroit sanctifié et reconnu de tous, maintenant et durant les siècles précédents. Au moins les quatre derniers, tellement de choses ont changé. - Oui, tellement de choses ont changé. Cette ville sest métamorphosée. De la cité romaine, aux magyars venus de lOural,


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Tuesday, 24 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 17

Un Homme Pressé – Extrait 17

monde à retourner ses réflexions, lorsque Kamina lui dit: - Florent, tu sais, le culte orthodoxe repose, comme celui catholique ou protestant, sur une communauté, sur des communautés. Ce que tu peux voir ici est peut-être le point de départ vers une autre quête en Grèce ou en Serbie. Ou dans dautres pays. - En Grèce? Et que peux-tu me dire de plus sur ces icônes. - Les icônes répondent à des codes très réglementées. Par exemple, regarde, elles ignorent les règles des perspectives modernes, introduites pourtant depuis le seizième siècle. Limage créée prend sa source dun point de fuite bien particulier: le spectateur. Et les lumières, deux sources au moins sur chacune de ces représentations: celles du jour, mais aussi celle de lintérieur, venant des acteurs représentés. - Et leur support? - Elles sont généralement réalisées sur bois. Mais que cherches-tu en fait? Il me semble que je poursuis lair. Ca méchappe. Tu nas pas plus dinformations? - Non, un point sur la Hongrie, je cherche à avoir plus de détails.. - Donc, laiguille et la meule de foin. - Oui, laiguille et la meule de foin. Mais quelle belle meule de foin. Une première journée vierge. Pas tant que cela au vu des derniers progrès, ils sont deux voire plus dans ce navire, dans cette recherche. Le chemin ne pouvait être si facile dans la quête de sens de ce vieux parchemin. Ou peut-être que pour une fois, la réponse nest pas dans la question. Il se demande: Peut-être que la question est mal posée. Il pourrait préciser le cadre de sa recherche, se poser les questions sous un autre angle. La magie dinternet. Il avait tenté dy échapper dans un premier temps, la toile se rappelle à lui. Il lavait évité mais sort finalement Skype de sa léthargie pour appeler Sarah. - Oui, bonjour Sarah, oui, cest Florent -Bonjour, toi. -Dis, je me rappele une discussion que nous avions eu il y a quelques temps. Sur un manuscrit indescriptible. Weynar, Voynar, Weinicht??? -Oui, le manuscrit de Voynich, je men rappelle. -Je suis à Budapest là. Dis, un des propriétaires de ce manuscrit ne vivait-il pas près ici? -Si, attends, je regarde. Elle tapote sur son ordinateur. Oui, voilà, un certain George Baresch, il vivait à Prague au dix-septième siècle. Le manuscrit lui-même a ensuite suivi les jésuites vers Rome, et maintenant il est conservé à luniversité de Yale. -Bien, et personne na encore su le déchiffrer. -Non, il ne me semble pas. Pourquoi, tu as une petite idée. -Quoi dire de plus depuis que lon sest concerté sur ce rébus. Je reste sur notre point de vue final, me semble, une encyclopédie censée conserver le savoir entre savants. Leurs deux voix sétaient alliées alors dans cette simple conclusion: La différence entre sciences et ésotérisme était bien fine, sûrement confuse en ce temps-là. Pourquoi chercher des raisons hors de leur monde, alors que la vie quotidienne apportait bien des solutions, sils savaient y regarder. La conversation se termine et il retourne dans son introspection devant Kamina qui navait pas compris un traître mot de cette discussion. Devant cet embarras, Florent lui sourit, et pense pour lui-même: Mais pourquoi jai été impulsif. Jaurai dû penser plus loin alors que jétais chez moi. Non, je suis parti. Sur un coup de tête. Encore une fois. Mais voilà, Paris a ses charmes, surtout celui de le distraire de ses objectifs. Et deux mois dans la monotonie des tâches qui lappelaient, lennui pointait inéxorablement son nez au coin de la rue. Lennui et lénervement dun quotidien pessimiste lui pesait. Il devait partir, sans penser plus loin. Et le voilà ici. Tamina lui offre ce réconfort minimum que les étrangers avaient pour les français. Pour lui, un environnement différent, de quoi rebondir. Temps mort Pas pour tous Trois semaines que Florent résidait


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Un Homme Pressé – Extrait 16

Un Homme Pressé – Extrait 16

la foule de la salle dà côté finit déthyliser un peu plus leurs discussions dans les actes. Quand les amis de Tamina arrivèrent, ils la trouvèrent dans les bras de cet inconnu. Ils sembrassaient, de ces premiers baisers que la passion autorise. Une fois la situation expliquée aux autres convives, Florent avait senti son état débriété le rendre muet. Le tout prenait place sur une cassette vidéo bloquée dans un magnétoscope. Bloquée entre avance rapide, ralenti, PAL, SECAM, les autres sens se distordaient et la confusion totale fut déclarée vainqueur sans quil ne puisse articuler un traître mot. Il se reveilla le lendemain chez elle. Tellement ivre quil navait pas pu continuer la soirée. Il avait oublié de lui montrer la carte de visite de lauberge dans laquelle il résidait, une sorte de tatouage pour alcoolique qui tentait de retrouver son chemin. Il était rentré dans cette colocation, et passa la matinée à gamberger sa migraine. Tamina ne se destinait pas à devenir serveuse. La ville attirait beaucoup de touristes, et elle y voyait alors le moyen de pratiquer les langues étrangères. En période basse, ça lui permettait de garder sa place, et de se faire un peu dargent. Voilà donc cinq ans que cette rencontre parsemait le fond dun tiroir fleuri au fil du temps par des échanges de courriers. *** Tamina le trouve changé, plus sûr de lui, heureux de lui. Il lui explique la raison de sa venue sur Budapest. Intéressée, elle décide de se joindre à lui dans la découverte de son pays. Elle lui propose de lemmener dès le lendemain. En route vers Szentendre. Quest que vous dites? Szentendre, une ville peu connue de la Hongrie. Bien moins connue que Budapest, la capitale. Et pourtant, cette ville se trouve à juste un petit jet de pierre de sa consoeur, cette petite bourgade, un joyau qui vit dans lombre de sa voisine célèbre. Szentendre, une ville si importante quelle fût le sujet dau moins quatre occupations et langages différents en lespace de quelques siècles. Szentendre. Maintenant, une enclave peu connue des pélerins. Auparavant, un lieu de rendez-vous célébré par un flôt continu dartistes, de croyants qui rejoignaient ses rives pour exercer leur art dans des genuflexions symboliques: de nombreuses statues, des décorations uniques des lieux religieux, un art prolifique de ces communautés diverses qui communiaient ensemble. Szentendre, maintenant un endroit qui attire des profils touristiques bien différents. Les temps modernes assurent lavenir de cette ville en la mettant sur le chemin de la jet-set. Jet-setters qui se ressourcent ici de leurs débordements dans la capitale. Sur le chemin, Tamina en profite pour lui présenter les environs. Ceux-ci sy prêtent idéalement. Le Danube, dun côté, sa charmante conductrice de lautre, il ne peut perdre le fil. Vingt deux kilomètres et une architecture baroque, où se mêlent des racines serbes et turques, leur signifie larrivée. Tamina gare la voiture et ils se rendent sur la place centrale, à défaut dun endroit plus précis où se rendre. Elle lui traduit les informations sur cette croix de cette place, croix qui semble attirer son regard. Construite par les serbes dalors quand la peste avait épargné la ville en 1763, cette croix présente de nombreuses icônes. Florent cherche laccroche avec son histoire. Devant des conclusions loin des CQFD, il zappe. Rien ne sert de tourner autour dun pot rempli dinconnu(e)s. Pause café, le temps sy prête, du moins, la pluie les épargne. Retour sur icône. Le prospectus pris par Tamina le ramène à bord. Dans le christianisme, les icônes intégrent un aspect de la catéchèse orthodoxe. Catéchèse qui elle-même fait partie intégrante des essences possibles de la communication de la foi chrétienne. Et donc Le voilà bien avancé. Florent retourne dans son


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Monday, 23 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 15

Un Homme Pressé – Extrait 15

y avait un alphabet unique derrière cet écrit, des fréquences sonores qui se rapprochaient dune note. Et une musique tenue dans ces feuilles dun âge inconnu. Helen prend le temps de remercier son messager, en lui promettant de le tenir informé des suites. Cette conclusion confirme ses premières intuitions partagées avec Sarah. En musique comme en écrit, cette page fait partie dun tout plus conséquent. Mais où est le reste? Et donc, ce deuxième message, filtré à travers les innombrables réponses quelle avait reçu sur cette boîte aux lettres spécialement créée. Cédric, lui, partait dans une toute autre direction. Aucune référence au corps du texte du papyrus. Il avait branché Google Map en parallèle des flux de population dans lhistoire. Son ordinateur avait mouliné, avant quil ne recentre les recherches sur la Hongrie et lhistoire de -100 av JC à 1800 ap.. Et là, les mouvements des grecs, des transhumances turques, de lancienne Mésopotamie à la Serbie, les flux se traçaient alors distinctement sur la pellicule de son écran. Sa conclusion? Une interrogation, mais deux points semblaient sortir de cette étude, deux positions géographiques grossières: lune à Budapest, lautre près de ce qui semble être Szentendre. Devant ce fichier graphique, Helen voit aussi que les autres indications, plus mineures, révolutionnent autour de ces deux points. Sur la route On y revient Armé de ses carnets de notes bien remplis, Florent arrive à Budapest deux mois après son retour en France. Dès la sortie de laéroport, il prend un taxi pour rejoindre lappartement dune connaissance. Du bonheur davancer dans lâge, il na plus besoin de chercher dhôtels. Dans un deuxième temps, ça et le couch surfing intègrent ainsi ces voyages sauce économique et humaine. Dès sa rencontre avec Tamina, la revoir lui rappelle de suite des souvenirs, communs, heureux. Face à cette jeune femme qui avait grandi loin du socle occidental pur et dur. Elle lavait séduit au détour dune première promenade, et dune citation. Elle lavait formulée alors juste que leur danse venait de commencer. Il succomba à ce diable sans trop de chichis. Cest une maladie quils ont à lOuest ça la solitude, paraît que ça sest propagé chez eux comme une véritable infection, mais chez nous cest une rareté. Léna Virginie Deloffre *** Cinq ans auparavant, il était parti avec deux copains visiter ces magnifiques villes de lest. Ses copains sétaient retrouvés dans une histoire sordide, emmenés dans un bar par des hôtesses qui nen semblaient pas. Lui était resté un peu plus longtemps dans les bains thermaux magnifiques adossés à la colline. Il les avait perdus et avait poursuivi son chemin pour finir dans un restaurant. Tamina, alors serveuse, utilisa de son anglais pour laccueillir. La haute saison était passée et son service prenait fin. Il linvita à sa table, si elle navait pas dautres obligations. Devant ce frenchy balbutiant un anglais à laccent malheureux, elle se prit dintérêt. Il navait pas tenté de parler magyar, mais lui avait adressé un russe approximatif. Elle le comprit à demi-mot. Enfin, de ces mots rares qui osaient sortir de sa gorge. Et le silence de ces moments partagés fit le reste. Florent navait alors aucune intention, juste une envie certaine de profiter de la ville avec une personne locale. Ses amis avaient fait les frais dune autre alternative, plus directe. Encore une fois, la chance sétait portée à son bras. Et voilà, il avait bu une, puis deux, puis trois, puis il ne sait toujours pas combien, de verres de vodkas dans un bar à proximité. Tamina devait retrouver des amis. Florent profita de loccasion. Le bar était plein, elle napercevait pas encore ses amis. Le serveur leur ouvrit le rideau dune arrière-salle. Ils sinstallèrent, et commandèrent des bières. Le son de


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Un Homme Pressé – Extrait 14

Un Homme Pressé – Extrait 14

ce prix. Et les monuments alentours constituent déjà assez de meubles fixes pour sa demeure. Son téléphone portable sonne. Il regarde lécran, Sarah. Cette fois, cest elle qui prend les rênes de la discussion. - Salut, Flo. Je viens de tenvoyer un fichier cartographié - Bonsoir. Oui, je suis en train de le télécharger. Quest-ce que tu as trouvé? De ses analyses, elle avait trouvé un semblant de carte au trésor. Elle linforme ainsi que papyrus trouvé à Mar-Lodj exhibe une représentation moderne, mais assez grossière, des continents. Un papyrus bien plus récent quil ne lui semblait au premier abord. Des continents, et peut-être des croix. Sarah avait placé la photographie sous un papier calque dune carte quelle avait sous la main. Un papier calque qui retranscrivait une vieille carte représentant le monde dans son entier, tel que ce dernier était vu en 1840. Le rapport des deux fut de prime abord très maladroit. Les croix tombaient dans les océans, les échelles ne saccordaient pas aux perspectives. Elle avait continué ce va et vient du zoom avant-arrière avant de trouver un semblant de référence plus solide. Ce point dancrage correspondait à un endroit en Hongrie. De bonnes heures après, elle avait enfin réussi à disposer une majorité des points sur la terre ferme. Lors de ce coup de téléphone, Florent voit ces résultats par le courrier quelle lui transmet. - Le point le plus sûr pour commencer, un endroit en Hongrie. - Ah Budapest, ce parchemin nous en fait voir du paysage. - Oui, et cest le premier point. Jai réussi à en extraire une bonne vingtaine - Et ces points mènent à quoi? - A toi de me le dire. A quelque chose de plus ancien. Ton papyrus ne date pas de lépoque des pyramides. Il a été créé alors que Galilée avait déjà fait ses révélations au monde. - Donc, dautres personnes ont possiblement déjà travaillé sur cet énigme. - Oui, et ces points semblent décrire plus. Jai agrandi les épreuves, et pour linstant, la seule chose que je peux dire est que ces symboles semblent suivre les codes simples, peut-être des icônes slaves. - Merci bien de ton aide. Je te tiens au courant. Là, je suis bloqué ici pour un voire deux mois. Je repartirai ensuite. - Ok, si tu es dans le coin, on sappelle un de ces quatre. - Pourquoi pas aller boire un coup avec toi et Rafaël demain soir? Elle met le téléphone face à elle, consulte son agenda, puis remet le combiné à loreille: - Je ne suis pas libre demain soir, mais on pourrait se voir Lundi. A fifth of Beethoven Et un, deux, trois, quatre De lautre côté de locéan atlantique, Helen naviguait aussi à travers cet énigme dun autre temps. Un vrai loisir qui lui occupe bien lesprit. Après avoir retranscrit et retourné dans tous les sens les informations qui lui provenaient de Sarah, elle avait choisi de mettre la grande communauté en ligne au défi: Une partie de serious gaming. Sur la toile, celle-ci venait sajouter aux grandes enigmes incomprises de notre monde. Après cette mise en ligne. à midi, quand elle vérifie ses courriers, elle voit quelle en a reçu deux, dont un avec pièce jointe. Le premier, un certain Alexei1978, un autre de Cédric.Tournedos. Comme dhabitude, elle vérifie le statut virus de la pièce jointe du premier message. Son lecteur audio souvre alors pour lire le message. Alexei avait choisi une voie innovante. Après avoir tourné en rond, il avait pris une pause et choisit de faire un peu de piano. Et lui vint une idée. Retranscrire les notes écrites de ce code en notes sonores, puis adapter la séquence sur une octave appropriée. Helen trouve aussi le résultat surprenant. Loin davoir des notes qui ne composent rien, enfin juste du bruit, une véritable mélodie en ressort, et rappelle en son sens une symphonie de Haendel. Une symphonie de Haendel approximative. Sil


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Sunday, 22 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 13

Un Homme Pressé – Extrait 13

incompréhensibles. Au fur et à mesure que les pièces sassemblent dans un ensemble de plus en plus variable. A la fin, ce jeu demboitement des pièces semble destiné à se finir sur des conclusions qui lui paraissent plus qualéatoires. Dans lavion, comme dhabitude, dans tous ses voyages, il pense avoir oublié quelque chose. Là, son esprit ne se satisfait pas de cette excuse, il lui semble vraiment avoir oublié quelque chose dessentiel. Durant tout le voyage, il retourne son esprit mais ne voit pas quoi. *** Vingt heures trente. De ces heures, de ces minutes, de ces secondes. Disséminées le long de cette rue au fur des mesures que ces jambes impriment sur le macadam. Il jette un clin dil à la lune. Elle lui sourie. Dans linconnu, cette lumière pleine le réconforte. "Goodnight moon" Shivaree Un clou sur la porte, du verre sur la pelouse, des punaises au sol, et la télé est en route. Je dors les yeux ouverts quand tu nes pas la. Lui, il tourne vers la gauche, rentre la clé dans la serrure, et réintègre son appartement. Appartement qui montre des airs dabandon. Le courrier samoncèle sur le sol à lentrée, le robinet goutte encore, les sombres lumières sont partout éteintes. La vie continue ainsi de séchapper de ce lieu le temps de ses périples maintes fois répétés. Une aspirine, et il shabille dans son habit de sommeil. Un court repos en forme de rebond. Dès le lendemain, il devait reprendre une activité normale. Se lever, prendre le métro, rentrer dans les locaux du bureau, écrire un, puis plusieurs articles. Son chef appréciait son dynamisme du voyage, dynamisme qui se reflète dans ses lignes. Personnellement, pointer au bureau permettait tout de même de répondre aux questions, de reprendre place dans le microcosme de la société. Sa vie, un équilibre entre ces extrêmes. Et penser à dautres choses lui permet aussi de repartir de plus belle. FEUILLE Game on Comprendre les règles pour mieux les enfreindre A Paris, Florent embarque rapidement dans le train du quotidien. Le boulanger au coin de sa rue, son marché boulevard Richard Lenoir, les parisiens intra-muros qui courent vers un objectif que seuls eux connaissent. Et la Bastille au loin qui trône sur son paysage. Tel un point dexclamation, un point qui le ramène face à lui-même, face à son passé, face à son présent. Pour lui, ce monument, une ancre. De nimporte où, il larguait les amarres et, de retour, les retrouve en létat. Un symbole historique, un symbole personnel. De ces perspectives qui soutiennent les vues du réalisateur de chacun de ses mouvements. Ici, il retrouve surtout ce confort superficiel sur lequel il avait fait une croix durant son voyage. Un confort tranquille, silencieux, pas de téléphone fixe, pas de télévision, et une maigre bibliothèque qui exprime ses envies du moment. Lors de ses passages réguliers, son appartement laccueille donc dans un joyeux air de bordel organisé. Toujours sur le départ, ses possessions les plus précieuses tiennent dans un sac Eastpak. Plus, et ça le surcharge. Moins, et quelque chose lui manque. Dans ses voyages, il ne prend ainsi des affaires que pour trois jours. Les laveries aident au reste. Et maintenant, moins quun sac à dos, tout peut tenir dans un joli sac à main, sil le veut. Des clés USB allant dorénavant jusquau Gigabytes, une trousse de toilette réduite au strict minimum, des vêtements quil repasse à lair libre, rien ne le retient. Rien, ou presque. Des années passées au tournant, il garde une petite boîte au trésor, petite, mais qui sagrandissait à chaque moment important de sa vie. Au-delà de ces petites choses, il retrouve son chez lui, pur et dans les droites lignes du feng shui arc-en-ciel. Ne pas se laisser tomber dans le casanier, dans le singulier, dans le non-lié, il le sait, son sourire permanent est à


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Un Homme Pressé – Extrait 12

Un Homme Pressé – Extrait 12

dastronomie quil avait choisi sur la table. Pour un moment, son esprit sétait mis en mode Morphée et senvoie en lair dans les univers quil lit devant ses yeux. La voie lactée, tous ces petits efforts qui prennent place dans linfini dun instant. Sous lemprise de la gravitation, puis des cordes à sauter, puis de linfiniment petit qui met en mouvement cet infiniment grand. Ce même tout dont nous, chacun, tous, faisons partie. Ce même univers qui peut partir dun instant à lautre dans une toute autre direction sans que lon sache pourquoi. Et puis, des groupes, des sous-groupes. Oserait-il détailler encore plus profondément sa réflexion? Non, son cerveau est bien ancré dans ce mode veille. Lécran soccupe ainsi à remplir son esprit dune dernière image. Une fleur qui avait éclos il y a peut-être dix milliards dannées, et des étamines qui se répandaient, qui se disséminent et qui se répandraient encore longtemps. Oui, dans cet état second, il prend conscience de ces détails insignifiants. Avant que ces derniers ne trouvent une multitude dexplications plausibles. Et puis, le temps, lespace, deux parties prenantes dun mariage bien réel. Ensemble, avant de percer le tissu de lun, de lautre de ces divorces ponctués en noir. Ces trous noirs, enfants laissés à eux-mêmes devant leur but final, quel quil soit. Dinginding dinginging MMhh, il ouvre un il, puis lautre alors que son hôte sinstalle à côté de lui. Durant sa sieste, le vent sétait levé, à faire parler les jeux mobiles disposés dans ce jardin. Oui, bien de retour sur la planète Terre. Il demande à Elad de lemmener si possible dès le lendemain en Cisjordanie vers Qumran revoir les manuscrits de la mer morte. Ces manuscrits, trouvés alors par un berger en 1947, alors que ce dernier recherchait une brebis égarée de son troupeau. Son hôte linterrompt: - Egaré, tu sembles bien. Tu sais que tous le gouvernement israélien a fait il y a de cela cinq ans une copie électronique de tous ces documents? Tiens, regardes, là. En plus, ils sont physiquement à Jérusalem maintenant. A laide de son ordinateur portable, il lui montre les fichiers en question. Florent reprend: - Ah oui, ça méconomise un voyage, il ny a rien à voir de comparable entre ce que jai vu et ça. - Oui, tu auras peut-être plus dinformations en visitant le kibboutz Sdot Yam si tu vois juste dans ce rapport avec les templiers, ou tout autre sujet de lhistoire que ces lieux ont vu. - Merci, et merci encore de mhéberger alors que je ne tai prévenu quà la dernière minute. - Oh, tu sais, pas grand-chose de nouveau ne se passe de ce côté. Des touristes, et des chambres vides. Tu es le bienvenu, et ca me rappelle la première fois où je tai vu ton sac sur le dos alors quil pleuvait des cordes et que tu admirais les monuments dont nous avons hérité. - Oui, merci, de bons souvenirs. En parlant de ça, nhésitez pas à venir chez moi quand vous voudrez. Une histoire de flots Des phéniciens, aux romains, aux juifs, aux chrétiens, aux templiers, à Saint Louis, aux arabes, tout un mythe, une seule place, Césarée. Dans ce bouillon de culture de lHistoire, Florent parcourt les rues, chemine le long des remparts. A la recherche de ce petit truc qui lui permettrait daller de lavant dans ses recherches. Trois semaines, il passera trois semaines en Israël avant de revenir chez lui. Chez lui, enfin, là-bas, en France. Trois semaines, trois semaines où il sest déconnecté du tout. A fureter dans les arrières-cours, dans les musées, de long en large, à oublier de prendre un adaptateur pour recharger son bagage électrique, et puis à ne plus sen soucier. Take it easy and let it go. Ghinzu. Let it go, oui, laisser aller, et se concentrer sur sa recherche du moment, des éléments qui prennent peu à peu plus dimportance dans un puzzle des plus


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