Sunday, 22 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 13

Un Homme Pressé – Extrait 13

incompréhensibles. Au fur et à mesure que les pièces sassemblent dans un ensemble de plus en plus variable. A la fin, ce jeu demboitement des pièces semble destiné à se finir sur des conclusions qui lui paraissent plus qualéatoires. Dans lavion, comme dhabitude, dans tous ses voyages, il pense avoir oublié quelque chose. Là, son esprit ne se satisfait pas de cette excuse, il lui semble vraiment avoir oublié quelque chose dessentiel. Durant tout le voyage, il retourne son esprit mais ne voit pas quoi. *** Vingt heures trente. De ces heures, de ces minutes, de ces secondes. Disséminées le long de cette rue au fur des mesures que ces jambes impriment sur le macadam. Il jette un clin dil à la lune. Elle lui sourie. Dans linconnu, cette lumière pleine le réconforte. "Goodnight moon" Shivaree Un clou sur la porte, du verre sur la pelouse, des punaises au sol, et la télé est en route. Je dors les yeux ouverts quand tu nes pas la. Lui, il tourne vers la gauche, rentre la clé dans la serrure, et réintègre son appartement. Appartement qui montre des airs dabandon. Le courrier samoncèle sur le sol à lentrée, le robinet goutte encore, les sombres lumières sont partout éteintes. La vie continue ainsi de séchapper de ce lieu le temps de ses périples maintes fois répétés. Une aspirine, et il shabille dans son habit de sommeil. Un court repos en forme de rebond. Dès le lendemain, il devait reprendre une activité normale. Se lever, prendre le métro, rentrer dans les locaux du bureau, écrire un, puis plusieurs articles. Son chef appréciait son dynamisme du voyage, dynamisme qui se reflète dans ses lignes. Personnellement, pointer au bureau permettait tout de même de répondre aux questions, de reprendre place dans le microcosme de la société. Sa vie, un équilibre entre ces extrêmes. Et penser à dautres choses lui permet aussi de repartir de plus belle. FEUILLE Game on Comprendre les règles pour mieux les enfreindre A Paris, Florent embarque rapidement dans le train du quotidien. Le boulanger au coin de sa rue, son marché boulevard Richard Lenoir, les parisiens intra-muros qui courent vers un objectif que seuls eux connaissent. Et la Bastille au loin qui trône sur son paysage. Tel un point dexclamation, un point qui le ramène face à lui-même, face à son passé, face à son présent. Pour lui, ce monument, une ancre. De nimporte où, il larguait les amarres et, de retour, les retrouve en létat. Un symbole historique, un symbole personnel. De ces perspectives qui soutiennent les vues du réalisateur de chacun de ses mouvements. Ici, il retrouve surtout ce confort superficiel sur lequel il avait fait une croix durant son voyage. Un confort tranquille, silencieux, pas de téléphone fixe, pas de télévision, et une maigre bibliothèque qui exprime ses envies du moment. Lors de ses passages réguliers, son appartement laccueille donc dans un joyeux air de bordel organisé. Toujours sur le départ, ses possessions les plus précieuses tiennent dans un sac Eastpak. Plus, et ça le surcharge. Moins, et quelque chose lui manque. Dans ses voyages, il ne prend ainsi des affaires que pour trois jours. Les laveries aident au reste. Et maintenant, moins quun sac à dos, tout peut tenir dans un joli sac à main, sil le veut. Des clés USB allant dorénavant jusquau Gigabytes, une trousse de toilette réduite au strict minimum, des vêtements quil repasse à lair libre, rien ne le retient. Rien, ou presque. Des années passées au tournant, il garde une petite boîte au trésor, petite, mais qui sagrandissait à chaque moment important de sa vie. Au-delà de ces petites choses, il retrouve son chez lui, pur et dans les droites lignes du feng shui arc-en-ciel. Ne pas se laisser tomber dans le casanier, dans le singulier, dans le non-lié, il le sait, son sourire permanent est à


⬅️ Extrait précédent | Extrait suivant ➡️

🔖 Labels : Un Homme Pressé, Un Homme Pressé – Extrait 13

Un Homme Pressé – Extrait 12

Un Homme Pressé – Extrait 12

dastronomie quil avait choisi sur la table. Pour un moment, son esprit sétait mis en mode Morphée et senvoie en lair dans les univers quil lit devant ses yeux. La voie lactée, tous ces petits efforts qui prennent place dans linfini dun instant. Sous lemprise de la gravitation, puis des cordes à sauter, puis de linfiniment petit qui met en mouvement cet infiniment grand. Ce même tout dont nous, chacun, tous, faisons partie. Ce même univers qui peut partir dun instant à lautre dans une toute autre direction sans que lon sache pourquoi. Et puis, des groupes, des sous-groupes. Oserait-il détailler encore plus profondément sa réflexion? Non, son cerveau est bien ancré dans ce mode veille. Lécran soccupe ainsi à remplir son esprit dune dernière image. Une fleur qui avait éclos il y a peut-être dix milliards dannées, et des étamines qui se répandaient, qui se disséminent et qui se répandraient encore longtemps. Oui, dans cet état second, il prend conscience de ces détails insignifiants. Avant que ces derniers ne trouvent une multitude dexplications plausibles. Et puis, le temps, lespace, deux parties prenantes dun mariage bien réel. Ensemble, avant de percer le tissu de lun, de lautre de ces divorces ponctués en noir. Ces trous noirs, enfants laissés à eux-mêmes devant leur but final, quel quil soit. Dinginding dinginging MMhh, il ouvre un il, puis lautre alors que son hôte sinstalle à côté de lui. Durant sa sieste, le vent sétait levé, à faire parler les jeux mobiles disposés dans ce jardin. Oui, bien de retour sur la planète Terre. Il demande à Elad de lemmener si possible dès le lendemain en Cisjordanie vers Qumran revoir les manuscrits de la mer morte. Ces manuscrits, trouvés alors par un berger en 1947, alors que ce dernier recherchait une brebis égarée de son troupeau. Son hôte linterrompt: - Egaré, tu sembles bien. Tu sais que tous le gouvernement israélien a fait il y a de cela cinq ans une copie électronique de tous ces documents? Tiens, regardes, là. En plus, ils sont physiquement à Jérusalem maintenant. A laide de son ordinateur portable, il lui montre les fichiers en question. Florent reprend: - Ah oui, ça méconomise un voyage, il ny a rien à voir de comparable entre ce que jai vu et ça. - Oui, tu auras peut-être plus dinformations en visitant le kibboutz Sdot Yam si tu vois juste dans ce rapport avec les templiers, ou tout autre sujet de lhistoire que ces lieux ont vu. - Merci, et merci encore de mhéberger alors que je ne tai prévenu quà la dernière minute. - Oh, tu sais, pas grand-chose de nouveau ne se passe de ce côté. Des touristes, et des chambres vides. Tu es le bienvenu, et ca me rappelle la première fois où je tai vu ton sac sur le dos alors quil pleuvait des cordes et que tu admirais les monuments dont nous avons hérité. - Oui, merci, de bons souvenirs. En parlant de ça, nhésitez pas à venir chez moi quand vous voudrez. Une histoire de flots Des phéniciens, aux romains, aux juifs, aux chrétiens, aux templiers, à Saint Louis, aux arabes, tout un mythe, une seule place, Césarée. Dans ce bouillon de culture de lHistoire, Florent parcourt les rues, chemine le long des remparts. A la recherche de ce petit truc qui lui permettrait daller de lavant dans ses recherches. Trois semaines, il passera trois semaines en Israël avant de revenir chez lui. Chez lui, enfin, là-bas, en France. Trois semaines, trois semaines où il sest déconnecté du tout. A fureter dans les arrières-cours, dans les musées, de long en large, à oublier de prendre un adaptateur pour recharger son bagage électrique, et puis à ne plus sen soucier. Take it easy and let it go. Ghinzu. Let it go, oui, laisser aller, et se concentrer sur sa recherche du moment, des éléments qui prennent peu à peu plus dimportance dans un puzzle des plus


⬅️ Extrait précédent | Extrait suivant ➡️

🔖 Labels : Un Homme Pressé, Un Homme Pressé – Extrait 12

Saturday, 21 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 11

Un Homme Pressé – Extrait 11

lui avait dit un jour. Depuis, elle change constamment de perspectives. Donc, si le rebond doit venir et agrémenter ses revenus, elle doit trouver au plus vite ce pur-sang caché, avec ses équipes. Dans le cas échéant, elle devait en créer un, mélangeant les assurances CDS aux portfolios de titres. Et des chiffres, de toute part, faire de ces incertitudes des certitudes vraisemblables, sengager et engager ses investisseurs avec elle. Depuis quelques mois, chaque jour répète ce même défi au quotidien. Du point de vue de léquipe, de celui de sa carrière, la confiance et les soutiens viennent de ces résultats. Hier, avant-hier, là, maintenant, tout de suite. Elle ne pense pas si loin le futur, songeant plus aux retours sur investissement des actions du quotidien, de lhebdomadaire, du mensuel, voire de lannuel. Mais sur une décade, qui penserait à cela? Sur le long-terme, nous serons tous morts dixit Keynes. Vivre par ces principes, se préparer aux surprises sans se faire plus de soucis plus que cela. Toujours est-il, loin de Keynes, Helen sent un flux de vie prendre part en elle. Déséquilibrée, elle perçoit ce matin une sensation étrange quelle ne peut expliquer. Femme, elle connaissait son corps très bien. De ces visites annuelles depuis toute jeune chez le gynécologue. Elle avait appris à se connaître, à maîtriser ce corps, et, des fois, le contourner Peut-être cet enfant quils attendent? Trente-cinq ans semblaient être l'ultime année pour tomber enceinte. Thanks, statistics. As always, you are easing my ethics. Pourquoi parle-telle à voix haute dans la cuisine? Pourquoi pas? Et Helen marche maintenant, en long, en large, en travers, en face de ses questions. Elle conclut cette promenade du non-sens. Trouver une réponse. Rapidement. - Ce soir, jachète un test. Et dès quelle se met à songer à ce possible, elle y pense sans discontinuer: les neufs prochains mois, les vingt-cinq après. Tout se bouscule dans sa tête. En plus des perspectives personnelles sur les plans de successions, le travail en cours, létat de la maison, les réparations nécessaires, les emprunts, les risques. Elle décide darrêter ses divagations là. Sa maison peut accommoder sans peine un nouveau-venu. Un logement moderne. Peut-être trop moderne. Entre surfaces vitrées et couleur acier, la décoration nexciterait peut-être pas les sens dun nouveau-né. Pourquoi fait-elle leffort de se projeter si loin? Ils sont deux dans ce navire, le gouvernail bien attaché. Pourquoi donc? Parce que. Parce quelle na pas lhabitude de naviguer dans ces eaux du doute, sans réponses sûres. Des idées, des perspectives différentes, ce sentiment lui plaît en fin de compte. Et puis, pour le mieux, elle ne sassurera pas den savoir plus avant ce soir. Au bureau, elle aurait ce petit quelque chose auquel se raccrocher, loin de lextase trop énergique de ses collègues. Helen embrasse Francis qui vient de se lever. Puis, elle sen va vers ces cieux moins gris. Il lapprendrait, en temps, en heure. La voilà maintenant immergée dans le monde du dehors, elle vérifie quelle a bien son téléphone portable dans sa sacoche. Ses doigts trébuchent sur une carte. Elle la regarde et lui répond. Oui. Trust me and open me up. Le nombre dor Believe it or not. The least we can do is to think about it Dans son camp de base près de Césarée, Florent soccupe à observer les timidités du ciel à travers un télescope. Ce soir, les étoiles sétaient parées de robes nuageuses. Un message clair enfin: Laissez-nous tranquille, il ny a rien à voir. La lune reprend le dialogue. La nuit se fera plus insistante bientôt, mon cher, et là, plus rien à cacher. Il met la lunette loin de lui et sassoie sur une chaise dans le jardin de son hôte. Ici, il profite de lécran noir du ciel pour lire un magazine


⬅️ Extrait précédent | Extrait suivant ➡️

🔖 Labels : Un Homme Pressé, Un Homme Pressé – Extrait 11

Un Homme Pressé – Extrait 10

Un Homme Pressé – Extrait 10

dernières nouvelles de ce qui sest passé et qui ne changera donc plus. La crise touche le secteur financier Pause Publicité Tous les jours, sept cent cinquante millions dafricains nont pas accès à leau potable. Avec ce programme, adopter Il baisse le volume de la télévision. Merde, pas une bonne nouvelle, Helen va être sur les nerfs ce soir. Depuis le temps quils partageaient ensemble, il savait quelle vivait son travail par les extrêmes. Depuis les quartiers généraux proches de Wall Street, la banque dinvestissement pour laquelle elle travaille comptait bien là-dessus. Pression quotidienne de chaque seconde vers les résultats. Cash is king. Noubliez pas, votre bonus vous attend. Il lui semblait quun tel environnement lui correspondait. Depuis longtemps, elle exprime ce naturel avec les données. Sous la forme de chiffres, sous la forme de lettres, sous toutes leurs formes, elle aimait les interpréter et sinsérer dans des étendues gigantesques de non-sens pour en tirer les analyses et des synthèses qui lui permettraient de faire de largent pour elle et ses clients. Francis se rendait bien compte quelle est bien plus mariée avec les chiffres, quavec lui. A leur dédier sa vie, son cerveau, ses mémoires. Ce jeu grandeur nature, et les surprises quotidiennes à chaque tournant des décisions. Charlie Winston - Every Step Dautant plus quà la maison, elle soccupe de la plupart des affaires. Peut-être un jeu poussé trop loin. Francis ne juge plus, vivant et laissant vivre, il y trouve son équilibre. Elle rentre enfin du travail, pose son attaché-case sur la chaise de lentrée, retire son manteau et sassoie près de lui. - Quelle journée de merde, les clients nont pas arrêté de mappeler pour tenter de comprendre ce qui se passait. - Salut, chérie, le diner est prêt, un petit verre avant? - Merci, un whisky avec du citron et des glaçons. Nabuse pas sur les glaçons. Il se lève et verse cette liqueur costumée dans deux verres. Lalcool pur a présentement ce pouvoir de refroidissement sur les cerveaux échaudés. Il senquiert alors de la situation directement à la source. - Alors dis-moi, que se passe-til? - Tu as vu les infos, non? Elles explosent et le marché part en vrille. Personne au bureau navait prévu de prendre en compte de tels cas dans leurs études. - Et le rebond? - Personnellement, jai demandé à transférer les ordres sur lor, les matières premières, et les monnaies refuge. On en aura toujours besoin, non? - Si tu le dis. Les verres se vident et ils sinstallent à table. Elle murmure des ordres alors que lui joue avec ses haricots. Seuls les bruits de la télévision semblaient alors exister. *** Apres le diner, elle regagne le salon. Par défaut professionnel sûrement, elle vérifie une énième fois sa boîte de réception électronique. Tiens, un message, des pièces jointes. Dedans rien, enfin pas grand chose, un semblant de photographie et une carte: Une énigme et une adresse. Ce couple dinformations allume alors une autre partie de sa mémoire. Mais pourquoi après tout ce temps? Pourquoi reçoit-elle ça? Et cette énigme, cette énigme... Pour le moment, elle se demande pourquoi, pourquoi elle a ouvert ce colis ce soir. Elle aurait pu attendre demain, mais non, elle a dû le faire après dîner. Et maintenant, son esprit ne sarrêterait pas de tourner de toute la nuit, une nuit dont elle aurait voulu profiter pour ne pas chercher de conseils. Sa plus grande faiblesse, sa force, elle la connait, cest sa curiosité. Face à elle, elle laissera donc son esprit voyager. Good morning to a new day Quand le matin se décida à lever les voiles, Helen était apprêtée. Les dossiers en mains, prête pour cette journée, prête pour le rebond de ses titres. "Ne pas parier sur le même cheval, ne pas trop se diversifier" - Son grand-père le


⬅️ Extrait précédent | Extrait suivant ➡️

🔖 Labels : Un Homme Pressé, Un Homme Pressé – Extrait 10

Friday, 20 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 9

Un Homme Pressé – Extrait 9

Sénégal, quest-ce quil est allé foutre là-bas? Des mystères dun Sarah et Florent se connaissaient de longue date, longue comme une décennie. Ou presque. Il avait commencé par voyager de ci, de là, pour découvrir le monde, et lui-même. Et puis, une vie ne suffisait pour tout visiter, il sétait remis aux études. Ils se sont rencontrés dans ces amphis. Elle, bien plus jeune que lui, lui, bien moins vieux que maintenant. Leurs chemins sentrecoupent depuis comme des lierres laissés libres de saccrocher sur un mur. Absorbée par ces rétrospectives, elle nentend ce corps sapprocher delle. Elle tressaute quand une bouche lui susurre à loreille: - Déjà la tête dans tes mails? Après cette brève introduction, la bouche se tait pour lui baiser loreille. Puis, elle continue de cheminer sur son cou, alors que les mains caressent son ventre pour ensuite remonter sous ses seins. Elle laisse le téléphone choir sur la table, et tombe avec joie dans cet incipit tantrique. - Bonjour, toi. Sarah répond aux actes par les actes. Sa main droite descend sur les fesses de son ami amant. Elle se donne à lui, profitant de cette langue qui parcourait son corps. Cette langue qui trouve plus bas la serrure dun plaisir partagé plein de promesses. Maintenant face à face, elle retrouve de son inspiration et semble vouloir maitriser la situation. De son point de vue, elle agrippe cette tête et laccompagna dans ces mouvements délicats. Elle le relève et prend la clé en main. Puis, le tantrisme des pénétrations sensuelles mène la danse. Des rythmes bienheureux paraissaient naître ainsi, jusquà leurs extases conjuguées. Cette journée se doit de bien commencer. *** Plus tard, dans un milieu bien plus impersonnel, elle poursuit la lecture du courriel. Donc, un vieux papyrus trouvé dans une amphore au loin, très loin, une photographie, et sur cette dernière, des signes qui pouvaient possiblement montrer une voie à suivre. Elle choisit une première méthode, celle des bals costumés. Un code combinatoire, puis un arrangement individuel de chaque caractère. Chaque signe prend alors lhabit dun code morse, dun chiffre, puis de couleurs. Liaisons distinctes ou imparfaites? Elle semble repérer une séquence. Au début, à la fin de cette page, un code qui semble vouloir continuer. Oui, une page dun volume, peut-être une copie. Elle sinterroge un bon moment avant de revenir sur Terre. Dautres dossiers en cours ne peuvent attendre plus. Chainon de leur avancement, elle se consacre ainsi aux affaires journalières. Oui, mais ce code sincruste dans sa mémoire. Une écriture particulière, un message inconnu, une question, ce virus pénètre son cerveau dautant plus vite que son firewall est totalement ouvert. Au détour dune pause café, elle reprend ses esprits, ouvre dautres lumières sur ce papier. Elle se décide denvoyer un courrier à sa cousine outre-Atlantique. Depuis toutes jeunes, elles aimaient se prendre au jeu daller voir derrière les voiles de linscrit. Lune avait rejoint les rivages prometteurs de la finance, lautre avait dédié sa carrière à la linguistique ancienne. Elle imprime une carte, puis la photographie, et envoie le tout par électronique interposée. Dans le même élan, elle répond à Florent en lui indiquant ce quelle comptait faire. NYSE - Never Yawn and Stand Even "Le temps narrête pas sa course. Pause" Francis Bacon Junior quitta son bureau sur les coups de dix-huit heures. Les rues de Long Island accueillirent son retour par des bruits communs dun soir normal. A peine entré chez lui, les saveurs de la cuisine titillent son nez. A vue de ce seul sens, le cuisinier leur avait préparé un repas haut en couleurs olfactives. Helen devait bientôt rentrer. Il ouvre une bouteille de vin rouge, prend un verre et sinstalle dans le salon regarder les


⬅️ Extrait précédent | Extrait suivant ➡️

🔖 Labels : Un Homme Pressé, Un Homme Pressé – Extrait 9

Un Homme Pressé – Extrait 8

Un Homme Pressé – Extrait 8

semblaient partager ces héritages dans une phonétique des deux amours. Deux amours, des étoiles, et le drapeau tricolore se colore de blanc, de la page vierge sans aucune inspiration. Sous le microscope de lHistoire, les hordes armées avait laissé la place aux armes commerciales. Oui, dans dautres circonstances, sous dautres prétextes, fort heureusement. Maintenant, cest bien largent allemand qui les attirent. Une attaque passive. Là où les troupes navaient fait quédenter le cours de lhistoire, léconomie avait enfin réussi sans quune seule goutte de sang ne perle. Echec et Mat dune réussite sans discussion, elle ne sen plaint pas. Elle a profité là dune stabilité qui avait permis aux pires tournants des histoires de lui épargner lattaque des rumeurs, des jugements de valeurs et du non repos dans une France qui faisait marcher légalité à plein, sans cultiver leffort pour y arriver. Elle avait grandi là, dans un des départements du nord-est de la France, en Lorraine. Alors que la bretagne, la corse, le pays basque, étirait la forme de son pays dans un lifting démesuré, ce nord-est la comblait dans son silence. Dans ce mutisme, Sarah, son corps épousait de fort belle manière le tracé adminstratif de ce comté dans des dimensions plus longitudinales que latérales. Elle y voyait aussi une composante personnelle, une nature plus timide et réservée. Calme et tranquille, ce flanc souple soffrait, quand elle le voulait, régulièrement, aux baisers des envahisseurs pas si envahissants. Sarah portait aussi en elle la confiance que la défiance féminine apporte. Elle sest ainsi créée des ennemis, et avait perdu des amis. Un tri naturel. Au final du maintenant, elle continue son chemin coûte que coûte, et ce chemin de se couvrir dopportunités. Elle est belle, par tous ces facteurs que la société peut trouver dans un cas ou son opposé, des références davant à celles de maintenant. Son look nattire pas les regards, peut-être pour un premier, moins difficilement pour un second. Plus ou moins belle, la qualité dun regard est par celui qui le porte. Un peu plus grande que la normale, elle reflète cette dernière aussi dans son intelligence, et dans son âme, ce calme face à limpromptu, cette créativité face au banal, cette curiosité face aux questions. Elle vit à Paris depuis que sa thèse ly avait amenée. Paris, un magnétisme puissant. Maintenant responsable de ses projets, elle, avec son équipe, cherche le sens dinconnues perdues dans les alphabets anciens et les images dun passé improbable qui avait bien eu lie. Cest depuis ce choix de carrière quelle a ce défaut particulier: lhabitude de décortiquer chaque phrase de ses interlocuteurs, à filtrer le signifiant du signifié, du contexte de son sens, puis à prendre un silence de réflexion avant dapporter son point de vue. Respect. *** Aujourdhui, des lueurs éparses provenant de sa fenêtre linvitent à se lever. Sarah sextirpe tendrement des bras de son amoureux, puis sen va préparer son petit-déjeuner. Elle nest pas attendue à son travail avant quelques heures. Elle profite, nonchalante, de ce début de matinée. Calme et tranquillité avant de Au travail, ses recherches linguistiques lui offrent des puits sans fins vers lhistoire qui se signait dun grand H et lui retournait le cerveau au quotidien. Elle avait étudié les communications anciennes, et garde le pied sur terre avec celles modernes. Dailleurs, sous son toucher matinal, son téléphone reprend vie pendant quelle sirote son café. Recherche de réseau potable. Voilà. Connectée et emmêlée dans la grande toile de maintenant. Le téléphone, muet, se met à vouloir lui comminquer quelque chose: Vous avez quatre nouveaux messages Trois sur répondeur, et un texto. Elle ouvre ce dernier. - Tiens, un message de Florent, ça fait longtemps. Au


⬅️ Extrait précédent | Extrait suivant ➡️

🔖 Labels : Un Homme Pressé, Un Homme Pressé – Extrait 8

Thursday, 19 February 2026

Un Homme Pressé – Extrait 7

Un Homme Pressé – Extrait 7

quête dun toit pour le soir. Il trouve rapidement un appartement à louer pour la nuit, à un bon prix. Vu la saison, il se permet même de faire jouer la compétition. Les francs CFA lui parlent en nombre tellement énorme, quil sent sa pointe davarice ressortir. Finalement, il trouve endroit à son portefeuile. Une fois ses affaires posées dans un coin, il na pas faim et décide de sinstaller sous la moustiquaire pour profiter dune nuit de sommeil. Le lendemain, son estomac se rappelle à lui et il trouve rapidement lobjet de ses désirs: un café, des tartines et encore mieux, quelquun pour lemmener sur lîle. Florent prend place dans la barque. La pluie du jour précédent laisse place à un soleil de plomb, le temps de rejoindre Mar Lodj. Contact Son corps exhibe ses couleurs vanille-fraise après ces quelques jours où le soleil tronait sur le ciel par intermittences. Florent marche alors jusquau centre du village. Il prend place devant un arbre célébré pour son âme animiste. Et Il attend. Un groupe de six autres personnes le rejoint quelques temps après, se demandant sûrement ce que fait ce toubab ici. Ils ne sapprochent pas, ils lobservent. Devant cette situation, il prend les devants, et, sans savoir à à qui adresser son message, il le répéte en écho à ses questionnements. - Etienne? Une personne savançe vers lui. Sûrement Etienne. De suite, Etienne lui présente une amphore que, lui et ses compagnons, ont trouvée non loin dici. Sans introduction, Florent sinscrit dans sa suite. Il regarde à lintérieur et ne voit rien, un rien teinté de noir. Circonspect, il plonge sa main dans lamphore. Ses doigts se posent alors sur ce qui lui semble être une étoffe fine et rigide. Délicatement, il sort un papyrus. Immédiatement, il le protège des futurs assauts du temps sous du plastique artificiel et jette ensuite un il sur le contenu. Dubitatif, ses yeux essaient de donner du sens aux formes qui sinvitent sous ses yeux. Il pense pour lui-même: - Hum, Sarah pourrait maider là-dessus. Etienne et les autres nont toujours pas dit un mot. Dans le respect de ce silence, Florent les remercie dun mouvement de tête, puis prend son appareil photo pour faire un scan rapide et lenvoyer à Paris. Torticolis de lespace-temps, déjà, cette simple action lui rappelle son retour proche, trop proche, et surtout, le voyage et comment aller jusquà laéroport. Demain, demain. A chaque jour suffit sa peine. Là, il prend part aux joies de ce camp de base. Etienne et ses compagnons linvitent à se découvrir plus loin, à laisser son futur derrière lui un instant. Mais, le soir venu, lamphore revient dans ses pensées, et il pense à ce papyrus teinté dun symbole templier, ou peut-être une signature tout en bas. Tant de suppositions possibles, comment affirmer ces perspectives? Il se résout à attendre plutôt quà laisser son esprit divaguer. Oui, ce dernier ne se laisse pas mater si facilement. Cette pensée est bien ancrée, et Florent doit penser à ce qui suivra. Comme si ce document avait été archivé il y a bien longtemps, comme si ce papier en appelle dautres. Comme si Comme si Il décide de changer son vol de retour et de se rendre à Césarée. Pour faire taire les voix qui prennent échos sur ses questions, il allume son téléphone et branche ses écouteurs. Lets get it started. Black Eyes Peas. Alors quune moitié du monde se couche, lautre se lève. Et Maintenant Quoi de neuf, docteur? Française jusquau bout des seins, de cela, il ny avait aucun doute possible. Même si pour elle, cela tient plus de laccident, de ceux que lhistoire avait dans ses réserves, que de sa volonté propre dappartenir à ce pays qui se voilait didentité. Durant les deux derniers siècles, son lieu de naissance était passés sous pavillons français, sous ceux allemand. Dailleurs, les villes ici


⬅️ Extrait précédent | Extrait suivant ➡️

🔖 Labels : Un Homme Pressé, Un Homme Pressé – Extrait 7