Un "American Psycho" japonais, doux et humain, well speaking with this parallel from the book of Brett Easton Ellis I read a long time ago. Du
« déneigement » littéraire pour paraphraser le jeu du livre.
Haruki Murakami « DANSE, DANSE, DANSE » - Editions
du Seuil - Points
« Postface :
Cet ouvrage, commencé le 17 décembre 1987 et achevé le 24
mars 1988, est mon sixième roman.
Haruki Murakami
Londres, 24 Mars 1988 »
4 mois d’écriture en gros pour un bon tome de 500 pages. Ca
doit être ça de se donner et de s’investir pour écrire un livre. La confiance
dans sa plume et dans les lieux qui entourent cette plume. Un jour. La
stabilité de l’esprit pour partir dans cette longue aventure d’écriture.
Ce livre me parle plus que tout autre de Sieur Murakami.
Danse, Danse, Danse. Une drogue qui s’injecte doucement dans mes yeux et me
font planer dans un monde différent, une pause toujours bienvenue.
Lieux, Temps, Actions, ambiance.
Cela part moins dans le fantasque d’autres livres que j’ai lu de lui, et je me
suis relié à ce jeu d’entrefilets du commun réaliste en me détachant de mon moi pour le rejoindre.
Et puis bon, tout de même, un coup de gueule, pas sur le
livre : Au lieu d’étudier pour le bac les inepties
philosophiques d’un monde distant, et passé, celles de Descartes, ce roman
humaniste pose des bases constructives pour réfléchir intelligemment par un
roman...
Haruki Murakami « DANSE, DANSE, DANSE » - Editions
du Seuil - Points
Juste une liste de morceaux choisis qui ont
trouvé leurs échos dans ma tête, ni plus, ni moins.
Page 14
« Et quand j’écoutais les autres se décrire eux-mêmes,
il me semblait qu’il parlaient d’eux comme s’il s’agissait d’une autre
personne, et que nous vivions tous dans un monde aérien en respirant un air
irréel .
(…)
Mon chien, pris par la pluie, est mort de pneumonie l’année
de mon entrée au collège, et je n’en ai jamais eu d’autre. Mais j’aime toujours
la natation »
Page 19
« Je ne suis pas un type bizarre.
Je le pense vraiment.
Je ne suis peut-être pas du tout dans la moyenne, mais en
tout cas je ne suis pas bizarre. Je suis terriblement normal, à ma façon à moi.
Complètement straight. Mais straight à la façon d’une flèche. Ma
façon d’être est la plus inévitable, la plus naturelle du monde. Pour moi,
c’est une vérité évidente, si bien que ça m’est un peu égal, ce que les autres
peuvent penser de moi. La façon dont les autres me voient, c’est un problème
qui ne me concerne pas. C’est leur problème. »
Page 44
« Le gaspillage est le combustible qui entraîne la
contradiction, la contradiction réactive l’économie, et cette réactivation
entraîne à nouveau le gaspillage »
Page 60
«Puis je () regardai la télé. Tous les programmes
étaient nuls. J’avais l’impression qu’on me montrait des vomissements
artificiels. Comme c’était artificiel, ce n’était pas vraiment sale, mais si on
les regardait fixement ces vomissements prenaient un air réel. »
Page 219
« Strictement rien à faire. Elle se sentait seule et avait
envie d’être dans les bras de quelqu’un, c’est tout. Et cette fois-là, c’était
moi. »
Page 298
« -Je ne suis pas têtu, j’ai un système de pensée bien
à moi, c’est tout.
-Un système ? (…) Ce genre de mots n’a plus guère de
sens. C’est comme de fabriquer un ampli à la main avec un vieux tube
électronique. On a plus vite fait d’aller dans un magasin et d’acheter un ampli
neuf. (…) S’il s’abime, on vient vous le réparer de suite. Si vous en rachetez
un neuf, ils vous reprennent l’ancien. Le système de pensée, ça ne vaut plus
rien à notre époque. »
Page 360
« Voilà ce que j’avais envie de crier. Mais sans doute
personne ne m’aurait-il écouté. Je n’étais qu’un citoyen de deuxième classe qui
n’avait pas droit à la parole dans cette vaste famille. »
Page 407
« J’y ai souvent pensé pendant la guerre. Là-bas, il y
avait de nombreuses façons de mourir. Mais je n’y pense plus beaucoup
maintenant. Je n’ai pas le temps de penser à des choses aussi compliquées. La
paix, c’est bien plus triste que la guerre… »
Page 437
« - Compliquée cette affaire, mon cher Watson, fis-je,
m’adressant au cendrier posé sur la table.
Mais le cendrier ne me répondit pas. Et pour cause : il
était intelligent et savait qu’il fallait mieux rester en dehors de toute cette
histoire. »
Page 457
« -C’est triste, mais il était comme ça, dis-je. Un
brave type qui méritait le respect. Mais de temps en temps on le traitait comme
une poubelle distinguée. De nombreuses personnes y jetaient diverses choses.
C’est facile de se servir de lui comme d’une poubelle, je ne sais pas pourquoi,
mais c’est comme ça. »
Page 458
« Je pense que la plupart des gens ne peuvent même pas
comprendre de quoi je parle, pour commencer. La plupart des gens normaux ne
pensent pas comme moi. Mais moi, je trouve que ma manière de penser est la plus
correcte. (…) Être juste, et sincère si on peut. Moi, personnellement, je
n’aime pas les gens qui en font pas ces genres d’efforts et se contentent de
pleurer en disant qu’ils regrettent quand les gens qu’ils connaissaient sont morts.
(…)
Tout est dans les efforts de ce que l’on fait, c’est
tout. »
Page 487
« Le passé augmente et le futur raccourcit. Les
possibilités diminuent, les regrets augmentent. »
Page 531
« Pendant quelque temps on vit les médias se repaître
de sa mort, tels des asticots sur de la viande pourrie.
(…)
« Il aurait fallu les tuer à coups de barre de
fer », avait dit Gotanda. C’était simple et rapide. Et moi j’avais
dit : « Non, non, il faudrait les étrangler lentement »
Page 552
« On change petit à petit, tu vois, on change sans
cesse et, au fur et à mesure, un grand nombre des choses qui nous entourent
disparaissent. On n’y peut rien. Les choses se figent dans notre conscience.
Mais elles disparaissent du monde réel. »